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A quand le déploiement au Maroc ?

Dossier juin 2021

A quand le déploiement au Maroc ?

Si la législation n’est pas encore à la page au Maroc, les équipements pour le déploiement de la 5G sont fins prêts. Nora Wahby, responsable d’Ericsson Afrique de l’Ouest et Maroc, nous livre son diagnostic.

En tant qu’équipementier d’infrastructure télécoms, quels sont les contrats décrochés qui font appel à ces équipements ?

Notre mission consiste à développer et à créer de nouveaux services, de nouvelles bases clientèle et les écosystèmes y afférents afin d’augmenter l’adoption du système numérique. Les deux dernières années ont été marquées par le développement du relationnel et le contrat a été déclenché dans plusieurs pays dont le Maroc. Un fort engagement a été déployé pour accompagner les fournisseurs dans leurs efforts continus afin de consolider leurs réseaux mobiles et répondre aux demandes des différents marchés.

Comment le déploiement de la 5G va-t-il s’effectuer au Maroc et quels en sont les délais ?

Nous avons accompagné l’introduction de la technologie mobile sur les différents réseaux avec nos partenaires marocains. Nous avons été les premiers à soutenir l’introduction de la 3G et de la 4G. Un travail d’arrache-pied est fourni pour que nous soyons les précurseurs sur le marché, comme à l’accoutumée avec les anciennes générations. La préparation est mise en place pour introduire cette évolution non seulement en termes d’infrastructures, mais également de compétences qualifiées en charge de mener à bien la mission aussi bien au sein de nos équipes que celles de nos partenaires. En ce qui concerne la 5G, nous continuons sur la même lancée. Tous les équipements et les techniques appropriés sont développés à l’instar des technologies précédentes. Nous pouvons ainsi confirmer avec fierté que nos solutions sont prêtes à l’emploi pour la technologie 5G. Dans le même sillage, je partage avec vous l’instauration de «Ericsson spectrum sharing», une fonctionnalité unique qui permet aux fournisseurs d’introduire la 5G en se basant sur le réseau 4G existant ainsi que de gérer le trafic entre les deux technologies d’une manière transparente. L’introduction de la 5G devrait s’effectuer de façon graduelle et suit les demandes du marché afin que le fournisseur de service puisse bénéficier de ses investissements. Pour le Maroc, les réseaux sont prêts. Des discussions sont menées avec l’ANRT (Agence nationale de régulation des télécommunications) pour se mettre d’accord sur la manière d’accélérer le processus. Les jalons sont d’ores et déjà posés. Quant au timing, cela va dépendre de la licence.

Le Maroc reste tout de même à la traîne cette fois-ci…

Je pense qu’il faut disposer d’un plan. La stratégie digitale du pays est sur la place et le travail est mené sur cette base. Pour le moment, on est en train de soutenir un bon réseau 4G et l’introduction du haut débit. Je ne dirais pas que le Maroc est en retard. Une bonne préparation au préalable est déterminante pour proposer une meilleure qualité de service.

Quelle pourrait être la nature des éventuels services proposés dans un premier temps ?

On mène constamment des recherches via notre «Consumer Lab». Ces dernières ont montré que la connectivité joue un rôle fondamental dans la capacité des utilisateurs à mener l’activité professionnelle et même les loisirs. En tant que consommateur, la connectivité à haut débit va constituer l’offre la plus importante. Pour les professionnels, notre engagement au Maroc se base également sur la préparation de l’écosystème complet et sur la manière dont les cas d’usage vont être gérés pour faire bénéficier les différentes industries, notamment le transport, l’éducation ou encore la santé. Donc, j’insiste sur la création de l’écosystème approprié où l’innovation devient le noyau de toute création.

On a compris que la 5G est plus green que ses précédentes, sauf que des rapports internationaux ont montré que l’empreinte carbone sera plus importante d’ici 2030. A votre avis, comment limiter l’impact sur l’environnement ?

Il est compréhensible que la courbe de consommation énergétique croissante des réseaux mobiles puisse être un sujet de préoccupation. Il existe des moyens pour inverser les courbes ou plutôt les orienter vers une direction positive. A notre niveau, nous avons lancé une série d’initiatives pionnières pour optimiser l’efficacité énergétique des réseaux mobiles en créant des solutions qui réduisent l’impact sur l’environnement. A titre d’exemple, nous avons lancé en Espagne un test pilote avec Telefonica. Ce test s’est concentré sur les fonctions d’efficacité énergétique de l’accès radio dans plusieurs secteurs. Au Brésil, nous avons également mené un projet pilote sur l’économie d’énergie basé sur les logiciels Ericsson. Résultat des courses, à travers le système «Ericsson Radio System», la 5G consomme 10% d’énergie en moins que la 4G.

La compatibilité des terminaux pourrait éventuellement limiter l’émission de CO2 à travers la diminution de la production et de la consommation, sachant que le matériel désuet n’est pas recyclable…

J’attire l’attention sur le matériel désuet. En fait, les équipements sont bel et bien recyclés. A notre niveau, nous avons entrepris des initiatives que nous appelons «Product take back» qui sont focalisées sur le recyclage de ces équipements. Ainsi, les matériaux en fin de vie sont traités et recyclés de façon écologique. Ces programmes s’inscrivent dans le cadre des efforts d’Ericsson en matière de responsabilité sociale et environnementale.

Faut-il se doter de nouveaux terminaux pour capter la 5G?

Il y a déjà quelque temps que les constructeurs de terminaux ont lancé sur le marché des terminaux qui supportent la 5G. La nouvelle génération de smartphones est adaptée à la nouvelle technologie. Et d’ailleurs, l’évolution continuera dans le cycle du passage d’une technologie à une autre comme c’était le cas pour la 4G. Car il s’agit d’une technologie qui requiert des fréquences différentes. Ainsi, le changement est nécessaire.

Quid de l’utilisation des énergies renouvelables dans les infrastructures ?

C’est une priorité pour nous. Il existe plusieurs moyens qui permettent aux fournisseurs de services de déployer la 5G tout en tenant compte de la sécurité et de la rentabilité. Par exemple, l’alimentation hybride solaire et électrique reste une des solutions les plus attrayantes. Elle offre une alimentation à faible coût total de possession (TCO) avec une réduction importante dans les frais d’exploitation qui peuvent atteindre jusqu’à 75%.

A combien peut s’élever l’investissement pour déployer la 5G?

Tout dépend de la qualité de service que l’opérateur souhaite offrir, le nombre de villes qu’il veut couvrir. Il est difficile de parler de coût. Il convient de dire que l’introduction de la 5G devrait s’opérer de façon graduelle, comme j’ai évoqué auparavant. Si l’on dispose d’une bonne qualité de réseau 4G avec un système fiable d’activation de software, l’introduction de la 5G est à ce moment-là plus efficace et moins complexe techniquement.

Les prouesses acclamées révolutionnent la technologie. Dans quelle mesure le Maroc est-il à même de réaliser des progrès en télémédecine par exemple?

Les perspectives de la 5G vont accélérer l’agenda marocain dans tous les domaines. Et le Maroc est devenu l’un des marchés des télécommunications les plus avancés au niveau de l’Afrique. Concernant l’intelligence artificielle et l’automatisation, le pays réalisera de la valeur à travers le cycle de vie des opérations du réseau. La puissance d’une plus grande connectivité peut favoriser un secteur tel que la télémédecine, notamment dans les zones reculées. Ce sont des technologies qui finiront par faire leur apparition au Maroc. De plus, la Covid-19 a montré que la digitalisation peut vite s’opérer.