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Un virage obligatoire !

Dossier mars 2021

Un virage obligatoire !

A l’aune de cette 4e révolution industrielle, les acteurs des différents secteurs concernés sont conscients des enjeux économiques qui pointent à l’horizon. Etant encore en gestation, la mise sur pied d’un véritable écosystème 4.0 n’est pas une option pour l’économie marocaine.

«Lorsque vous regardez des secteurs tels que l’automobile, son évolution ne saurait se faire désormais sans la capacité d’avoir une industrie totalement connectée, et qui est en mesure de produire des véhicules qui sont aujourd’hui connectés et dont nous avons fortement besoin. Alors toute cette industrie -et pas qu’elle, les autres derrière- est en train de se transformer en profondeur», soutient le ministre de l’Industrie lors de son intervention à l’occasion de la conférence sur l’industrie 4.0. Et d’ajouter: «Les chaînes de valeur de production au niveau mondial sont en train de changer, nous avons besoin de nous positionner dans ce cadre-là. Et pour ce faire, nous sommes contraints d’accélérer davantage notre intégration de l’industrie 4.0. Le ministère s’y engage, l’Agence du digital est mobilisée à ce niveau-là».
Ainsi, à la lumière des enjeux stratégiques, les industries telles que l’automobile et l’aéronautique sont obligées d’aller vers ce nouveau modèle. «Au niveau du secteur de l’aéronautique, nos donneurs d’ordre nous incitent à aller vers le digital, vers la production décarbonée. Et dans notre plan de relance, de l’aéronautique, on y travaille», souligne Karim Cheikh, président du Gimas (Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales). Cependant, il faut bien admettre qu’au niveau du Maroc, il n’y a pas encore de feuille de route claire, ni des mesures incitatives concernant l’industrie 4.0. Ce qui amène le président de l’Apebi, Amine Zarouk, à déclarer: «On doit être préparés pour ne pas être de simples consommateurs mais également de vrais producteurs de technologie». En attendant la maturité de son écosystème 4.0, le Maroc demeure pour l’instant au palier de la consommation de technologie.
En attendant le made in Morocco…
Aujourd’hui, il est clair que le Maroc n’est pas encore prêt à produire des technologies dans le domaine de l’industrie 4.0. A ce jour, il demeure dans la posture d’utilisateur. Par exemple, l’émergence de la Covid a boosté l’utilisation de l’impression 3D (production de masques). Au sein de son Tech Center, l’UIR (Université internationale de Rabat) avait lancé dans ses ateliers de prototypage rapide (fabrication additive 3D, découpe laser…) la confection de masques de protection au profit du personnel soignant des hôpitaux de la région de Rabat. Par ailleurs, la crise sanitaire a également engendré l’apparition des robots volants communément appelés drones. Ils servaient de canal de diffusion de messages d’alerte et de moyen de détection de mouvements suspects dans les rues (débusquer des rassemblements illégaux). Il faut notifier que le Maroc demeure l’un des pays précurseurs (utilisation de drones) dans ce domaine. «Nous sommes très engagés à faire de l’Afrique et du Maroc un hub de l’industrie des drones civils par la création d’un centre de R&D spécialisé dans la conception et le développement de nouvelles applications software et hardware», nous confie Yassine Qammous, directeur général de Droneway. Et de poursuivre: «La technologie des drones civils s’adresse à plusieurs domaines tels que l’agriculture, la topographie ou le suivi des chantiers. Ils trouvent aussi leur utilité dans l’Inspection industrielle (station d’énergie solaire et éolienne, réseau ferroviaire,…)». D’autre part il faut également souligner le cas de la 5G qui est un élément clé de la composante 4.0. Selon Chakib Achour, directeur de la stratégie commerciale marketing de Huawei, «le Maroc pourrait être le premier à lancer cette technologie sur le continent». Et de conclure: «La 5G est la base de l’industrie 4.0».