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Sorec en jockey

Entreprises février 2014

Sorec en jockey

Elle fait du développement de la filière chevaline son cheval de bataille. Une mission pas facile pour un secteur assez capitalistique.

La Société Royale d’Encouragement du Cheval (Sorec) renforce son rôle de communicateur et de sensibilisateur vis-à-vis des éleveurs de chevaux et des socioprofessionnels. Sa stratégie qui se décline aujourd’hui avec l’organisation de la troisième édition des journées portes ouvertes aux Haras Nationaux, a pour but de véhiculer les bonnes pratiques en matière d’élevage de chevaux, et la valorisation de la race chevaline marocaine: le Barbe. Cette édition est caractérisée par l’attribution de trophées de l’élevage, dans la perspective d’encourager le secteur, encore très coûteux. «Alors que l’agriculture a été prise en main par le Maroc vert. La filière équine avait besoin d’une stratégie de modernisation qui a été prise en charge par la Sorec», note Omar Skalli, le directeur général de la société.

Les éleveurs obtiennent des primes de naissance allant de 10.000 à 25.000 dirhams pour chaque nouveau-née

Un secteur coûteux
A l’image de l’agriculture, l’activité équine a un potentiel financier non négligeable. Elle est aussi un levier économique et social important. Le secteur est en outre générateur d’emplois. Avec une estimation de 11.500 postes potentiels, la filière peut devenir un important pourvoyeur d’emplois directs et indirects. Elle reste néanmoins très coûteuse pour les professionnels. Entre les activités de course, de saut d’obstacle, de «Tbourida» et des jeux, le secteur reste inéquitable en matière de retour sur investissement pour les éleveurs et vise donc à instaurer les mécanismes de pérennisation du financement de toute la filière. Cet objectif devra passer par plusieurs étapes. La Sorec, qui n’a été réellement activée qu’en 2007, au moment où on lui a attribué la mission de l’encadrement de l’élevage et de l’amélioration des races chevalines nationales, a commencé par prendre en charge le développement des courses hippiques, ainsi que les jeux hippiques au Maroc. Deux activités dont le potentiel de développement est prometteur. En effet, 1.800 courses sont organisées annuellement dans six hippodromes sur le territoire national, ces derniers étant gérés par des associations indépendantes. Les courses drainent des sommes insuffisantes, mais qui pourraient être améliorées avec l’encouragement de l’élevage de race et l’internationalisation de ces événements. Les dotations pour les courses sont actuellement dans une fourchette de 30.000 à 60.000 dirhams, selon les catégories, départagées entre les cinq premiers gagnants. Mais, avec des courses de plus grande envergure, les primes peuvent aller à plus grande échelle. D’où l’importance d’attaquer l’amont de la filière qui est l’élevage. C’est dans cette perspective que la Sorec travaille depuis trois ans à mettre en place un «stand book» pour les deux races locales qui sont le Barbe et le Barbe-arabe, une sorte de registre de tous les chevaux de race nés au Maroc. «Cette stratégie encourage les éleveurs à s’intéresser à l’élevage de chevaux de race pure. Ceux-ci obtiennent  des primes de naissance allant de 10.000 à 25.000 dirhams pour chaque nouveau-né, selon les races», explique Skalli. Auparavant, les primes ne dépassaient pas les 10.000 dirhams. La stratégie de la filière équine, confiée à la Sorec à l’horizon 2022, permet à la société de mettre en avant les meilleures pratiques d’élevage et sensibiliser les éleveurs aux avantages qu’ils peuvent tirer de cette activité.