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 La BERD pointe l’importance de la digitalisation des TPME

Actualité #212 janvier 2021

 La BERD pointe l’importance de la digitalisation des TPME

Dans la série de web-conférences de l’initiative Back to Business de la BERD (tenue en septembre 2020), portant sur l’importance de la transformation digitale des TPME, les experts de la Banque, de l’Association Des Utilisateurs Des Systèmes D’Information Au Maroc (AUSIM), de l’Agence de Développement du Digital (ADD) ont débattu de la situation du marché national en ce sens.

La digitalisation de l’économie est une réalité indéniable à l’heure actuelle. Celle-ci ne concerne pas seulement les grandes entreprises, mais s’étend bien aux structures moins imposantes. En effet, la transformation digitale est un enjeu de taille pour la survie des TPME, malgré les défis qu’elles doivent relever. En effet, beaucoup d’entreprises de petite ou moyenne taille ne disposent toujours pas d’un site internet, ou sont peu connectées. Ce manque d’engagement dans le digital découle de plusieurs freins, notamment techniques et financiers, ce qui pénalise grandement leur développement, alors qu’elles devraient tirer plein profit des avantages que propose le digital.

Ainsi, de nombreuses structures se montrent sceptiques pour ce qui est de la transformation digitale de leur activité, dans la mesure où certaines avancent un manque de connaissances techniques en ce sens, une absence de personnel qualifié, des ressources financières insuffisantes, ainsi que des délais de mises en œuvre trop long pour mener une activité à un rythme normal.


Nécessité ou ambition ?

Il faut bien comprendre que le virage du digital n’est pas une finalité en soi, puisqu’il ne s’agit pas simplement de mettre en place des outils innovants et dire qu’un changement se fera miraculeusement par la suite. En effet, la transformation digitale est avant tout un changement au niveau du mindset des structures qui souhaitent évoluer et aller de l’avant à l’ère du numérique. Cela implique donc un changement radical pour ce qui est de la méthode de travail, de la gestion des ressources disponibles, mais aussi pour ce qui est des relations des entreprises avec leur environnement.

D’après Taieb Debbagh, expert en transformation digitale, l’un des problèmes que vivent les TPME réside dans le fait des disparités digitales qui existent. En effet, les marocains sont bien plus que connectés (selon les données de l’ANRT), et se retrouvent comme qui dirait face à une situation bien différente une fois qu’ils intègrent une structure donnée, qui ne disposent pas d’un plan digital.

De plus, il persiste toujours un manque au niveau de l’offre, dans la mesure où les solutions disponibles sont toujours à la traîne, en plus d’autres obstacles qui freinent la transformation digitale des TPME.

L’une des solutions proposées en ce sens par Zakaria El Moujahid de l’ADD, réside dans le développement et la consolidation de synergies  et d’alliances entre les différents acteurs économiques concernés, afin de maximiser les chances de réussite de la transformation digitale des entreprises. En effet, le tissu économique marocain est composé à hauteur de 64 % de TPE, 29 % de PME, alors que les GE y sont de 7 %. Selon Mohamed Saad de l’AUSIM, cela veut concrètement dire que la catégorie des TPME devrait profiter d’un boost important pour ce qui est de sa transformation digitale, mais devrait en même temps établir des plans bien pensés pour ce faire, du fait que chaque entité dispose d’une vision qui lui est propre.

Un changement par étapes

À ce stade, l’on aura bien compris qu’il n’y a pas de formule magique pour ce qui est de la transformation digitale des TPME. Toutefois, l’on peut identifier 4 étapes nécessaires à cet effet, notamment la création d’une feuille de route pour établir ce que l’on veut atteindre à terme, ce après quoi l’on doit identifier et planifier ses priorités. En effet, la transformation digitale est un chantier qui se concrétise sur les courts, moyens et longs termes, une fois que l’on a une vision claire des objectifs à atteindre.

Par ailleurs, l’autre point important réside dans la mise en place d’une nouvelle culture de l’entreprise, centrée autour du digital, et qui implique pour sa part une définition des rôles de chacun dans la structure. Une fois ces points en place, l’on peut alors parler de création de valeur ajoutée, en plus de corriger les failles existantes, à travers une innovation continue.

La BERD confiante dans le potentiel du Maroc

S’il est vrai que la maturité numérique des TPME est loin d’avoir atteint sa vitesse de croisière, cela n’empêche pas que l’ambition est là. Les TPME marocaines veulent bien changer et se hisser aux standards internationaux, ce qui leur permettra bien évidemment d’être compétitives au niveau local tout aussi bien qu’à l’international.

Dans ce sens, Marie Alexandra Veilleux-Laborie, directrice en charge du Maroc à la BERD, a indiqué que les TPME marocaines disposent bien d’un potentiel de croissance, même si elles restent en retard pour ce qui est de la transformation digitale. C’est d’ailleurs dans ce sens que la BERD aspire à travers ses plans d’accompagnement (financiers et techniques), à permettre aux entreprises marocaines de se réinventer grâce au digital.

Ainsi, la BERD a procédé à ce jour à apporter une aide de 85 millions d’euros au profit des TPME marocaines, via des projets initiés avec des partenaires bancaires ou directement auprès de certaines entreprises. De plus, dans le cadre de ses engagements pour soutenir les entreprises, suite à la crise du Coronavirus, la BERD a mobilisé un montant de 770 millions d’euros, et poursuit son engagement dans le cadre d’un programme doté d’une enveloppe de 22 milliards d’euros (couvrant la période 2020-2021).

Par ailleurs, Philip Mikos, chef de Coopération à la délégation de l’Union Européenne (UE) au Maroc, a indiqué qu’il est fortement intéressant pour les TPME marocaines de saisir l’opportunité de la transformation digitale et d’y adhérer pleinement. Dans ce sens, un partenariat pour le développement de la digitalisation dans différents secteurs d’activité (commerce, services, startups) est en cours de négociation entre l’UE et le Maroc, et devrait, à terme, apporter un réel boost pour les TPME nationales.