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2021, l’année de tous les risques

Enquête décembre 2020

2021, l’année de tous les risques

2021 semble être l’année de tous les risques. Qu’ils soient en termes budgétaires, monétaires, d’endettement, politiques, sécuritaires voire sanitaires à la veille de la campagne de vaccination nationale. En 2020 la crise du coronavirus a mis à nu un ensemble de déficits structurels dont souffre le Maroc. Elle a aussi montré la faiblesse de la coordination entre les différentes administrations, ce qui a mis en avant deux administrations centrales comme principaux leaders de la gestion de la crise. D’une part, le pôle sécuritaire et son maillage administratif territorial, allant du personnage du mokadem, aux walis et gouverneurs, en passant par la DGSN, les Forces auxiliaires, etc. Et pour la première fois depuis les années 80, l’appel en renfort des Forces armées royales dans les villes et d’une manière visible et massive, que ce soit à travers une présence sécuritaire, avec des véhicules semi-blindés dans nos rues, ou à travers les hôpitaux de campagne et la mobilisation de l’armée pour la campagne de vaccination.
La centralité du dispositif sécuritaire pour la sensibilisation aux mesures barrières, l’organisation de la distribution des aides Covid, en plus du rôle traditionnel du maintien de l’ordre et du monopole de la violence légitime est typique de la gouvernance nationale, où le maillage administrativo-sécuritaire, pilier de la conception ancestrale du Makhzen, reste prévalent. Le rôle des instances élues ou de médiation a en effet été complétement occulté. La Chambre des représentants, par exemple, a été reléguée à un rôle de chambre d’enregistrement a posteriori de dispositifs importants comme par exemple celui de la loi d’urgence sanitaire qui a été instaurée de fait par simple «communiqué de presse conjoint» avant d’être validée en bonne et due forme par une loi votée de manière précipitée. Et les décisions les plus récurrentes des Conseils de gouvernement successifs restent les nominations dans les postes au sein des administrations.
L’autre dispositif central, aussi en lien avec la centralité de l’Etat makhzanien historique, est le ministère des Finances en coordination avec la Banque centrale. Le binôme a pu mettre en branle les mesures d’accompagnement économique et social dans une sorte d’instance consultative voire délibérative extraconstitutionnelle, choisie ad hoc, appelée Comité de veille économique. Encore une fois, le personnage du chef du gouvernement, apparu dans la Constitution de 2011, et doté par elle de larges prérogatives, a complétement été occulté. Les cadres du ministère des Finances avec ceux de la Banque centrale et de la CNSS, en étroit lien avec le ministère de l’Intérieur et le GPBM, ont ainsi pu réaliser une première opération du genre au Maroc, à savoir distribuer une aide directe à travers le système bancaire à plus de 5,4 millions de Marocains pour une enveloppe prévue de 10 milliards de dirhams. Le tandem BAM-ministère des Finances en plus de la CCG et le GPBM ont aussi pu mettre en place un système de crédit relais aux entreprises en difficultés avec les offres Damane qui ont touché pour la composante Oxygène plus de 47.000 entreprises pour un montant de 17,4 milliards de dirhams, et pour la composante Relance 20.000 entreprises pour un montant de 26 milliards de dirhams. Le ministère des Finances a aussi réussi à mobiliser des financements internationaux importants que ce soit en bilatéral, multilatéral ou en endettement étranger avec des levées de fonds records de plus de 4 milliards de dollars en 3 mois.
La capacité d’adaptation et d’initiative de ces deux piliers que l’on a aussi relevée au niveau de certaines entreprises publiques ou privées démontre certes l’agilité et le potentiel national, mais révèle aussi l’ensemble des carcans dans lesquels le Maroc reste entravé. 2020 est ainsi riche en enseignements, mais elle renseigne aussi sur les chantiers et défis importants qui restent à relever pour 2021. Economie Entreprises en a choisi quelques-uns.
2021, le spectre de l’abstention
Les rencontres marathoniennes entre le ministère de l’Intérieur et les partis politiques, les changements de la loi électorale, le taux de participation, le calendrier électoral, les alliances partisanes… des sujets riches et variés ayant pour thème les élections cruciales de 2021. Troisièmes élections post- Constitution de 2011, elles risquent sans aucun doute d’apporter leur lot de tensions, blocages et autres joutes politiques. Si certains points en suspens ont d’ores et déjà été aplanis entre le ministère de l’Intérieur et les partis politiques comme la date des élections, leur tenue en une seule journée au niveau local, national, régional, et celles des grands électeurs; la suppression de la liste nationale des jeunes et son intégration avec la liste nationale des femmes qui deviendrait régionale, etc., le principal point d’achoppement reste sans aucun doute celui du coefficient électoral. Un point clé qui modifierait toute l’ingénierie électorale nationale en intégrant dans le calcul des vainqueurs non seulement les votes blancs mais aussi ceux des personnes n’ayant pas voté. Un point problématique pour le politologue Ahmed Bouz, qui considère cette proposition comme une première mondiale et un recul dans le processus démocratique national. L’autre enjeu de ces élections est lié au taux de participation qui est le corollaire, selon le professeur, d’une perte de confiance dans les institutions, elle-même liée à la faiblesse d’une offre politique séduisante à même de renforcer la mobilisation électorale. Selon notre chercheur, le spectre de 2007 avec un taux de participation réel de moins de 25% est toujours d’actualité surtout au vu de «la déception de l’électorat vis-à-vis de la coalition au pouvoir et l’absence d’alternatives politiques réelles». D’autant plus qu’avec la Covid et les incertitudes qui y sont liées, la capacité des partis à proposer des programmes politiques solides s’amenuise. Une situation qui fragiliserait encore plus la légitimité de la coalition gouvernementale et donc la confiance dans les institutions.
Sahara, les dés sont lancés
L’année 2020 a fait bouger plusieurs conflits régionaux latents, ou à faible intensité, comme se plaisent à les qualifier les spécialistes de géopolitique, accélérant la sortie des statu quo: Haut Karabakh, Tigré en Ethiopie, ou encore en ce qui concerne le Maroc, la question du Sahara. Ça a commencé par le coup d’éclat des Forces armées royales lors de la sécurisation du passage de Guergarat et les efforts entrepris par le Maroc pour le peuplement dans ce point de passage stratégique. Toutefois, le retrait du front Polisario du cessez-le feu de 1991 entraîne de facto le Maroc dans une situation de guerre. Si pour le moment la situation du Lame Duke Administration aux USA, en attendant la pleine prise de pouvoir des démocrates à la Maison Blanche le 20 janvier, est en faveur du Maroc, il n’en demeure pas moins que la situation reste très sensible. En effet, le revirement du président Trump sur la question du Sahara est à ce niveau intéressant à décrypter. Comme le relèvent certains observateurs, le président américain a signé une «Presidential Proclamation» et non un «Executive Order». La différence entre les deux est que la première n’a pas de force légale, elle est plus symbolique sauf accord du Congress. Le second est exécutoire.
Cette nuance juridique indique que le travail est encore dur pour d’une part pousser la prochaine administration à l’entériner et d’autre part pour qu’il ait des conséquences sur le terrain même dans le cas où ce ne soit pas une priorité de l’administration Biden/Harris, notamment la création d’un consulat à Dakhla, ou encore en termes de position diplomatique au sein du Conseil de sécurité. Par ailleurs, l’affaire du Sahara est toujours entre les mains du Conseil des Nations Unies. Lier le destin du Sahara au coup d’éclat d’un président américain déchu pourrait même être assez hasardeux et porteur de risque vis-à-vis des autres partenaires du Maroc qui s’accrochent à la légalité internationale et au multilatéralisme onusien comme exprimé maintes fois par la France, l’Espagne, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne… et même le Maroc. Par ailleurs, la contrepartie concédée par Rabat, à savoir l’impopulaire rétablissement des relations diplomatiques avec Tel-Aviv, et le renforcement de ses relations économiques avec l’Etat hébreux, est amère pour ne pas dire dangereuse. Un cadeau accordé à Netanyahou, grand adepte de la colonisation et qui lutte pour se faire réélire et échapper à la justice de son pays, comptant en cela sur le très fort électorat sépharade.
Le Maroc lutte depuis près de 70 ans pour l’accomplissement de son intégrité territoriale. Une cause nationale fédératrice, tout comme le soutien à la Palestine. Lier cette cause juste et légitime à un accord issu d’un contexte déterminé par une fenêtre historique, de quelques semaines, est dans ce sens risqué. D’autant plus que, hasard du calendrier, ces accélérations viennent à la même période de vacance de pouvoir à Alger, un des principaux protagonistes de la question du Sahara et proche allié de Moscou et de Pékin. Ces changements importants adviennent aussi au moment où au niveau régional de nouvelles alliances se forment comme le rapprochement turco-algérien, le réchauffement des relations du Maroc avec les Emirats, le règlement des conflits en cours dans le CCG, rapprochement des Emirats avec la Mauritanie, etc. Une situation plus compliquée que jamais et qui commence à peine.
La soif menace
La perspective d’une troisième année consécutive de sécheresse n’est pas du tout réjouissante pour le Maroc. Bien que les pluies tardives de novembre et décembre aient quelque peu rechargé les barrages, il n’en demeure pas moins que le spectre de la sècheresse est plus que probable. Cela d’autant plus que ce taux de remplissage est inférieur de 10 points de pourcentage par rapport à 2019, elle aussi marquée par une dure sécheresse. La situation est particulièrement inquiétante dans le bassin du Souss-Massa, principal contributeur à la production agricole nationale avec un taux de remplissage des barrages à moins de 15% à la mi-décembre. Cette région qui connaît des coupures d’eau même au niveau de sa principale ville, Agadir, et qui a vu son périmètre irrigué très contraint depuis octobre avec l’interdiction d’irriguer les cultures arboricoles dans certaines régions, est particulièrement vulnérable à son modèle de développement. Comme montré par EE dans son dernier dossier sur la régionalisation, les inflexions nécessaires à mettre en place en termes de durabilité des choix économiques sont loin de susciter l’unanimité, malgré la conscience collective de leur nécessité. D’ailleurs les choix en termes de gestion de l’eau sont plus de l’ordre de l’ingénierie et de la technologie, à travers des projets coûteux d’atténuation des effets de la sécheresse, et non une intégration de l’aridité du climat marocain à ses choix de développement. En conséquence, la question des ressources hydriques et de leur affectation va demeurer en haut des sujets de risque que ce soit pour son impact économique, social, voire sécuritaire.
Le ciblage des pauvres en route
La généralisation de la couverture sociale a été présentée par Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances, comme une des principales réformes de l’année 2021. Dotée d’un budget de 8,5 milliards de dirhams dans le cadre de la loi de Finances, cette réforme devra comporter quatre volets cette année. La généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO); la mise en place des allocations familiales pour l’ensemble des familles étalée sur 5 ans; la généralisation de la retraite en faveur de la population active qui ne dispose pas de couverture sociale et l’indemnité pour perte d’emploi. La généralisation de l’AMO avec tout son arsenal juridique est la priorité des priorités. Ce chantier qui a près de 25 ans et qui devrait se dénouer cette année avec la création d’un système unique sous l’égide de la CNSS intégrant aussi le Ramed et son déficit vis-à-vis du système sanitaire. Coût du chantier: 14 milliards de dirhams sur deux ans partagé au tiers par les contributeurs et aux deux tiers par l’Etat. En contrepartie, une réforme du système de compensation va être encore une fois mise en place pour une entrée en vigueur probable en 2022. Le budget de la compensation a en effet été maintenu voire légèrement augmenté par le gouvernement pour couvrir le blé, le gaz et le sucre. Cette réforme s’accompagnera aussi du lancement du Registre national de la population (RSU). Un chantier très avancé, notamment suite au retour d’expérience de la distribution des aides directes de la Covid. Une première expérience pilote devrait ainsi être lancée pour la région Rabat-Salé-Kenitra, avant d’être généralisée au reste des régions en 2022 selon le calendrier fixé par le ministère de l’Intérieur.
Equilibres macroéconomiques brinquebalants
L’un des principaux défis de l’année 2021 est sans doute la crise sévère par laquelle passe le budget public. Impactées par la baisse des recettes et l’augmentation des dépenses directement liées à la crise de Covid, les finances publiques crient famine avec un déficit budgétaire qui pourrait frôler les 10%. A près de 60 milliards à fin 2020, celui-ci est pris en charge essentiellement par la dette. Le très fort endettement du Maroc ces derniers mois est à ce titre assez révélateur. Plus de 13 milliards de dollars ont été mobilisés entre prêts multilatéraux, bilatéraux ou sorties à l’international. Au niveau multilatéral le Maroc a pu mobiliser des prêts d’urgence auprès de la Banque mondiale et de la BAD. Il a aussi tiré sur la LPL auprès du FMI au tout début de la crise pour 3 milliards de dollars. Au niveau bilatéral, le Maroc a pu bénéficier de financement de la France à travers l’AFD, de l’Allemagne à travers la KfW, en plus de prêts japonais. Les sorties à l’international ont été nombreuses pour près de 4 milliards de dollars en 3 mois. Les réserves de change atteignent près de 310 milliards de dirhams à fin 2020. Une montée en puissance qui selon le ministère des Finances viendrait pour couvrir une partie du déficit en devise de l’année prochaine surtout que les conditions de la dette extérieure pourraient ne pas être aussi favorables que celles de la fin de l‘année 2020. Surtout aussi que les architectes de la Direction du Trésor craignent une dégradation de la note souveraine du Maroc selon les indiscrétions recueillies par EE. L’engouement pour l’endettement extérieur, tout comme l’endettement intérieur à travers la confirmation d’un grand prêt national, interroge sur la soutenabilité de cette dette. D’autant plus que les perspectives 2021 ne sont pas particulièrement réjouissantes que ce soit en termes de croissance ou déficit. Une situation délicate d’autant plus que le taux de chômage a atteint des sommets à près de 13%, avec une prédominance des jeunes de moins de 25 ans qui frôlent les 50% selon les chiffres du HCP.
Vers un nouveau modèle d’investissement
L’annonce des résultats de la Commission spéciale sur le modèle de développement doit donner la voie à suivre pour les 15 prochaines années. Promises pour fin janvier, pour y intégrer les inputs collectés durant la période de la pandémie, ces conclusions coïncideront avec le lancement du Fonds Mohammed VI pour l’investissement stratégique, principal fer de lance financier de la politique de relance. Un fonds auquel le Maroc veut faire participer ses divers partenaires économiques et financiers et qui devrait concerner selon sa loi fondatrice aussi bien l’appui aux activités de production, à l’accompagnement et au financement des grands projets d’investissement public-privé, dans divers domaines. Attendu sur la restructuration des hauts des bilans des entreprises industrielles pour rebooster la compétitivité des entreprises à capital marocain et préparer la politique de substitutions aux importations. Le fonds est tout aussi attendu sur les nouveaux chantiers d’infrastructures et les nouveaux montages financiers des partenariats public-privé. Très scruté, le nom de la personnalité qui sera nommée à la tête de la nouvelle SA devant gérer le fonds déterminera aussi le type de synergie et de coopérations à développer avec le Fonds Hassan II et la Caisse de dépôt et de gestion qui voient leurs missions de plus en plus orientées vers les régions. Une piste d’autant plus intéressante que l’une des orientations du nouveau modèle de développement va vers une plus grande place donnée aux régions que ce soit pour le soutien aux investisseurs que pour la prise en charge des grands chantiers des infrastructures. Devant la crise budgétaire qui se dessine, et malgré le maintien d’un grand budget d’investissement dans la loi de Finances 2021, l’orientation donnée par le nouveau fonds d’investissement donnera sûrement le LA pour la nouvelle politique économique nationale.
Vacciner pour le retour à la normale
La généralisation de la campagne de vaccination est sans aucun doute une des grandes attentes de l’année 2021. Si le ministère de la santé promet un retour à la normale dès que 60% de la population sera vaccinée, il n’en demeure pas moins que les défis logistiques de l’opération et ses contraintes spatiales vont peser sur les termes de la campagne. Le premier défi est sans aucun doute la chaîne du froid, bien que le choix du vaccin de Sinopharm limite cette contrainte puisque l’inoculation se fait presque à température ambiante (entre 2 et 8 degrés) contrairement aux autres qui nécessitent jusqu’à -80°C. La gestion des deux doses représente un autre défi. La deuxième dose doit en effet être administrée dans un laps de temps ne dépassant pas les 21 jours, ce qui implique une disponibilité aussi bien des doses que des prétendants aux vaccins sans pour autant entraver la primo-injection. L’autre défi est en lien avec le caractère volontaire de la vaccination et la méfiance sous-jacente à ce choix. Un discours d’ailleurs contrasté entre le ministère de la Santé et celui de l’Intérieur. En effet, alors que le département de Khalid Ait Taleb affirme qu’il n’y aura pas de contraintes quant à la nécessité de se vacciner, les campagnes de mobilisation et de sensibilisation du département de Abdelouafi Laftit relayées par les réseaux sociaux montrent des agents d’autorité insistant sur la nécessité de se rendre disponible pour la vaccination arguant que la liberté de circuler ne sera permise qu’au détenteur de carnet de vaccination à jour. Un quiproquo qui devra être levé par des textes règlementaires clairs mais aussi lors de la communication préparant la campagne de vaccination. Censé être bouclée avant la fin avril, la fin de la vaccination nationale devrait ouvrir la voie à la relance économique, notamment celle du tourisme et de l’activité nationale largement ralentie par les contraintes de déplacement et de distanciation sociale.
Digitalisation plus accélérée ?
L’accélération de la réforme de l’administration avec une plus grande digitalisation et une dématérialisation croissante de la relation entre administration et citoyen est parmi les plus grands défis posés par la crise de Covid. «La sphère publique connaîtra dès 2021 l’amorce d’une dynamique de réformes et de restructurations au profit d’une meilleure contribution à la croissance», a récemment déclaré le ministre de l’Economie et des Finances Mohamed Benchaâboun. Si dans la perspective de l’argentier du royaume, cette réforme passe déjà par la refonte du cadre légal des entreprises et établissements publics, comme étape prioritaire, il n’en demeure pas moins que la réforme globale de l’administration est d’ores et déjà en cours et se poursuivra durant l’année 2021. Comme relevé d’ailleurs par l’association des anciens élèves de l’ENA (AMNEEA) dans le cadre du livre blanc adressé au président de la CSMD, Chakib Benmoussa, les chantiers lancés, notamment de la régionalisation et de la déconcentration, en plus de la réflexion sur le nouveau modèle de développement, sont des opportunités pour une remise à plat de l’administration marocaine en la mettant résolument au service du développement. L’administration publique, malgré les quelques services digitalisés, est encore centrée sur ses propres contraintes et pas assez au service de ses usagers. La logique des services digitalisés rend toujours le passage par la case présence physique à l’administration obligatoire. Cela sans oublier le très large taux d’illettrisme numérique qui rend difficile voire impossible une digitalisation telle que pensée aujourd’hui. Au-delà de ça, malgré l’utilisation des diverses plateformes de services aux citoyens comme Rokhas.ma, le service de la carte d’identité nationale ou du passeport, soit des documents non digitaux sont demandés, soit l’impression de formulaire est nécessaire. Avec le retard du projet de confiance numérique et la généralisation de la signature électronique, la réussite de ce programme de réforme est compromise.