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Une économie régionale diversifiée

Dossier décembre 2020

Une économie régionale diversifiée

Les atouts dont disposent les régions sont encore faiblement mobilisés pour le développement national. Plus de synergie et le renouvellement des écosystèmes régionaux sont les portes d’entrée d’écosystèmes renouvelés.

Selon les divers intervenants mobilisés pour ce dossier spécial, les régions marocaines disposent d’un certain nombre d’atouts compétitifs qui peuvent d’une part en faire des locomotives régionales de développement, et d’autre part servir à la complémentarité avec d’autres régions.

La mer


Les régions marocaines ont chacune des potentialités diversifiées et qui peuvent être complémentaires. Dotées d’une longue façade maritime, 9 des 12 régions marocaines ont été, du fait du découpage administratif, mais aussi de la géographie, dotées d’accès à la mer. Ce positionnement fait que l’économie bleue peut être un des plus importants facteurs de développement des régions. Les infrastructures portuaires, que ce soit pour le commerce, le transbordement ou la pêche, sont déjà des leviers existants ou en développement. Il est évident que le port de Tanger Med est une des principales portes d’entrée du Maroc, et constitue une infrastructure de classe mondiale, mais pas seulement. Plusieurs ports comme ceux de Casablanca, d’Agadir, de Jorf Lasfar sont très dynamiques et connaissent un développement important. Des projets en cours de mise en œuvre comme le projet de Nador West Med en phase de livraison ou le Port Dakhla Atlantique en phase de projet sont des atouts à venir, non seulement pour leurs régions respectives mais aussi pour tout le Maroc. Avec l’infrastructure portuaire, l’économie de la mer se développe aussi autour de la pêche, ou de l’énergie. L’agroalimentaire, une des composantes essentielles de l’économie de région comme Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Souss-Massa, Marrakech-Safi, Casablanca-Settat, peut encore prendre de l’essor avec une démultiplication des centres de transformation et un développement d’autres segments de la filière. La pisciculture est un exemple important de potentiel de développement, tout comme le renforcement des capacités aussi bien de capture, mais surtout de transformation et de valorisation. Les mers et les océans sont aussi des lieux aux potentiels cachés qui peuvent faire l’objet de recherche et développement avec des partenariats entre investisseurs et chercheurs. L’industrie navale est aussi un atout majeur à développer. Outre la pêche, l’industrie et le commerce, les énergies marines offrent de formidables potentiels encore non utilisés que ce soit à travers l’énergie des marées avec un puissant océan Atlantique à nos pieds, ou l’énergie éolienne offshore.

La complémentarité industrielle

La transformation et la relocalisation de la chaîne de valeur industrielle au niveau mondial est aussi un atout pour un pays aux portes de l’Europe. La création d’écosystèmes régionaux et nationaux en étoffant le maillage et les liens entre les régions peut être un avantage certain. Une meilleure coordination et complémentarité entre les diverses régions comme le pôle industriel de Tanger, de Fès-Meknès et de Casablanca, et de Safi peut dégager des avantages rapidement. Ceci passerait par un meilleur ruissellement des effets économiques induits par les champions nationaux sur le reste du tissu productif national. Il faut pouvoir profiter des effets d’échelle créés par les grands opérateurs nationaux et les grands projets avec une plus grande coopération entre les multinationales, les grandes entreprises locales et les PME. Pour l’économiste Noureddine El Aoufi, on ne peut développer le made in monde sans renforcer les structures de l’économie nationale. Il s’agit pour lui de cibler l’effort sur le made in Maroc en le réorientant vers le marché national et en trouvant des synergies avec le made in monde.
Les spécificités culturelles

Le développement agricole de la plupart des régions marocaines est aussi un des atouts du pays. Encore faut-il réorienter le développement vers l’agriculture biologique et l’économie de la biodiversité, notamment à travers un nouveau modèle d’agriculture biologique et inclusive. Celui-ci doit mettre l’accent sur une inclusion sociale plus importante. Ceci passerait aussi par une économie sociale et solidaire plus coopérative non seulement dans l’agriculture, mais aussi dans la pêche, l’artisanat et le tourisme. Il s’agit là de mettre à profit les spécificités territoriales et culturelles pour des écosystèmes rénovés, où une part plus importante est octroyée à la culture et l’identité régionale, mais aussi au rôle de l’éducation, notamment dans la recherche.
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