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Chronique d’une mort annoncée

Décryptage décembre 2020

Chronique d’une mort annoncée

«La fin du régime des pensions des parlementaires est une symbolique pour la fin des privilèges».

C’est par abus de langage que la retraite des parlementaires est appelée régime. Elle s’apparente en tous points à une forme de rente. La preuve, on peut être député au Maroc à 21 ans, effectuer un mandat très (très) court et commencer à toucher illico une pension de retraite à vie de 5000 DH pour un mandat à 9000 DH pour 3 mandats, sans passer par l’âge pivot de 60 ans. Un minimum de cotisation pour une retraite dorée. Ce qui ne répond à aucune logique de caisse de retraite. L’annonce de la liquidation des pensions des membres de la chambre des Représentants relève donc plus du problème structurel de financement de cette retraite que des revendications émanant de certains parlementaires. Depuis 2017, le versement des pensions des membres de la première chambre est à l’arrêt suite à un réel déficit que l’Etat ne veut plus assumer. Malgré le ballet des partis politiques exprimant leur volonté de réformer ce système de pensions, en proposant des tentatives de le normaliser avec une cotisation salariale, une cotisation patronale et une pension à un âge où on ne peut plus travailler, il n’est pas viable. Et pour cause, sa base démographique est faible et le nombre des bénéficiaires augmente d’un mandat à un autre, rendant difficile le maintien de son équilibre financier. Depuis mi-octobre dernier, les présidents des groupes parlementaires et les responsables de la Caisse de Dépôt et de Gestion ont pour mission de peaufiner les scenarii de sa liquidation avec le souci de rembourser à chaque parlementaire les cotisations qu’il a versées, dans le cadre d’une balance (au cas par cas). Il reste à voter une loi par le parlement pour choisir le liquidateur, qui sera probablement la CDG, puis acter la mise à mort définitive. Avec un effet domino pour la chambre des Conseillers qui se dirige vers les mêmes difficultés. Et pourquoi pas les ministres pour qui l’indemnité, si elle est légitime en fonction, la rente de mandat à vie de 45.000 dirhams versée après seulement six mois en poste, est d’autant plus aberrante qu’elle est réversible aux ayants droit.