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Le défi des banques s’ouvrir et collaborer…

Dossier novembre 2020

Le défi des banques s’ouvrir et collaborer…

Les avancées technologiques, de plus en plus rapides et disruptives, placent les banques face à de nombreux enjeux. Aujourd’hui, pour un secteur assez fermé, l’open innovation est plus que jamais une alternative incontournable…

Un passage obligé! L’émergence des nouvelles tendances technologiques et l’évolution croissante des besoins des clients bouleversent le secteur de la banque. Aujourd’hui, les consommateurs deviennent de plus en plus exigeants. Dans le même temps, les acteurs historiques du secteur sont plus que jamais concurrencés par de nouveaux arrivants, tels que les Fintechs (Amazon, Orange..). De pure players proposant leurs services uniquement en ligne et extrêmement innovants. Un défi que les banquiers doivent relever via l’accélération des processus d’innovations, notamment à travers l’open innovation. Du côté du Maroc, les professionnels de l’écosystème bancaire ne semblent pas évoluer en marge de cette dynamique. «Cette formule d’open innovation peut s’avérer être gagnante en permettant aux banques d’accroître sensiblement leur compétitivité sous deux aspects. D’une part, les banques peuvent l’utiliser pour avoir accès à de nouvelles technologies. D’autre part, elles peuvent acquérir, à travers ces solutions innovantes, une population qui n’utilisait pas auparavant les services bancaires. Ces deux avantages compétitifs ne sauraient être débloqués sans une stratégie d’open innovation claire, des processus permettant aux idées développées d’être incubées, puis déployées dans le réseau des banques, et un fort soutien financier aux projets naissants», explique Amine Sebti, Senior Manager Strategy & (PwC Maroc). Et de poursuivre: «Bien que l’écrasante majorité des banques ait initié des programmes d’open innovation, l’exercice s’est souvent limité à une série de hackathons dont un des objectifs majeurs est de renvoyer une image innovante et positive de l’organisateur. Certaines banques sont tout de même allées plus loin, en considérant l’open innovation comme vecteur de différenciation au sein d’un secteur extrêmement compétitif». Côté banque, le DGA en charge des services technologiques au sein du CIH, Driss Bennouma, déclare que «l’innovation ouverte permet, d’une part, de développer l’écosystème, de soutenir les jeunes porteurs de projets et d’encourager l’entrepreneuriat. Elle permet aussi d’accéder à de nouvelles technologies et savoir-faire, d’accélérer la mise sur le marché d’un produit ou service en faisant évoluer rapidement les produits lancés. Ce brassage des startups et d’acteurs Corporate est très riche et offre aux grandes entreprises un regard disruptif venant de l’extérieur. Quant aux startups, elles bénéficient de plus d’agilité dans les méthodes de travail, un accompagnement garanti et un support de partage d’expérience pour les jeunes porteurs de projets». Pour sa part, Khalid Ziani, expert en NTIC, a soulevé le fait que les banques avancent à un rythme timide dans ce domaine, contrairement aux établissements de paiements et Fintechs qui semblent adopter l’open innovation. Par ailleurs, il faut souligner que dans ce dispositif, les banques s’appuient la plupart du temps sur des structures d’accompagnement (ex. incubateurs, accélérateurs…) qui détiennent un lien existant avec les différentes start-up et Fintechs. Et cette relation fonctionne en quatre étapes. Premièrement, les banques commencent par identifier les thématiques clés cohérentes avec leurs visions stratégiques. Deuxièmement, les structures d’accompagnement lancent un appel à projets afin de déceler les start-up ou Fintechs qui répondent aux problématiques des banques. Troisièmement, un programme open innovation tripartie se met en place entre la banque, la structure d’accompagnement et la start-up ou Fintech, chacun apportant son expertise et savoir-faire. Enfin, dans un quatrième temps, une fois le projet d’open innovation abouti, l’équipe «pitche» l’idée à un jury composé des directeurs de la banque, facilitant l’intégration de l’idée au sein de la banque.
CIH, un acteur précurseur !

Depuis quelques années, le groupe bancaire CIH a fait de l’innovation son cheval de bataille. «Elle occupe une place majeure. La banque a lancé en 2016-2017 le premier programme bancaire marocain entièrement dédié à l’encouragement de l’innovation, auprès de jeunes de 18 à 30 ans. Ce programme a commencé par la tenue d’un hackathon au siège de notre banque et qui a permis à partir de 500 candidatures de sélectionner une douzaine d’équipes dont cinq ont été primées. Ensuite, ce dispositif CIH open innovation a été élargi à une douzaine de villes: Oujda, Tanger, Fès, Meknès, Rabat, Casablanca, Safi, El Jadida, Agadir, Marrakech, Laâyoune et Dakhla. Ce programme a pour ambition de motiver les jeunes ingénieurs marocains à innover, en les intégrant au sein de l’écosystème startup», nous confie Bennouma. Et il faut dire que cette initiative du groupe n’est pas fortuite puisqu’elle est génératrice d’idées innovantes. Cependant, «la difficulté est d’aller jusqu’au bout du processus, de la concrétisation du projet et la commercialisation des produits ou services aux différents segments de clientèle. D’où la nécessité d’inscrire nos efforts dans la durée avec les startups «matures», pour continuer à tester ensemble les produits et services créés auprès de nos clients et générer de la valeur». Pour rappel, un rapport de D-Rating, une agence française en notation publié en 2018, avait classé CIH à la tête du classement des banques les plus digitalisées au Maroc. «CIH Bank apparaît dans le top 3 des deux classements et se positionne comme étant la banque ayant le plus fort niveau d’utilisation des canaux digitaux dans sa relation avec ses prospects et ses clients», précise le rapport.
BCP, la culture du Management 4.0


Pour assurer sa pleine mutation vers le digital, la Banque populaire s’est dotée de PCA, pour Payment Center for Africa. Il s’agit du bras armé du groupe BCP en matière d’innovation et de développement de solutions digitales à l’international. Pour ce faire, PCA dispose d’une plateforme sécurisée et à la pointe de la technologie, qui permet à ses clients de proposer, dans des délais très courts, une offre riche et innovante répondant aux meilleures pratiques internationales de l’industrie monétique. Ses Squads, qui sont autant de start-up dotées de développeurs et de testeurs, travaillent chacune sur un projet déterminé, comme le paiement mobile, celui du crédit immobilier ou du crédit conso ou encore le Squad pocket banking. Cet acteur industriel monétique, opérant sur tout le continent africain, accompagne les établissements de crédit (banques, sociétés de crédit, institutions de microfinance ainsi que les opérateurs télécoms) dans 3 principaux domaines, à savoir le processing de transactions, le Back-Office, ainsi que le développement et l’intégration de solutions mobiles et Internet. Pour mener à bien ses missions, PCA emploie aujourd’hui 110 talents de 7 nationalités différentes, dont 40% de femmes qui remplissent un rôle central dans la conduite des projets. Elle accompagne 27 banques de renom dans tous nos pays de présence en Afrique, avec plus de 2.000 GAB raccordés, 5 millions de cartes monétiques et plus de 500.000 transactions monétiques traitées par jour.