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L’argent n’aime pas le bruit!

Décryptage novembre 2020

L’argent n’aime pas le bruit!

«la méthode de calcul des fortunes utilisée par forbes est simple mais reste approximative.»

Changement d’époque et de mentalité. Il est révolu le temps où les milliardaires harcelaient la rédaction du magazine Forbes pour gagner des places dans son Palmarès mondialement reconnu. Le dernier classement aurait rendu furax Aziz Akhannouch, Président du groupe Akwa, qui réfute sa 8e place dans l’index des milliardaires africains, avec une fortune estimée à 3,5 milliards de dollars. Saïd El Baghdadi, le Directeur Général de sa filiale Afriquia, est même monté au créneau pour dénoncer un «classement saugrenu» et «des chiffres hasardeux et surréalistes», estimant l’exercice hasardeux dans un «contexte économique aussi morose et délicat». Une sortie médiatique qui lui a valu moult critiques sur les réseaux sociaux. Mais si le «marronnier» du magazine financier mondialement connu est taxé de classement biaisé, ce n’est pas parce qu’il diffuse des «fake news», mais pour la méthodologie de calcul des fortunes que beaucoup jugent peu fiable. Il calcule la fortune d’un individu se basant sur le nombre d’actions qu’il détient dans chaque société, et il fixe la valeur de ces actions sur la base de sociétés opérant dans le même secteur et cotées en Bourse. En avril 2013, EE avait approché le magazine pour livrer en avant-première la «formule» de calcul de Forbes. Kerry Dolan, Senior Editor chez Forbes et responsable de la réalisation de ce classement annuel, nous avait alors expliqué : «Il s’agit de répondre à la question: combien vaudrait l’entreprise X de la personnalité Y si elle était cotée en Bourse? Pour effectuer cette simulation, les équipes procèdent à des comparaisons avec des entreprises cotées en Bourse, dont le profil se rapproche de celui de l’entreprise X». C’est dire que la méthode de calcul est très approximative, car elle ne prend pas en compte le patrimoine foncier, et bien d’autres actifs difficiles à évaluer, comme il ne tient pas compte d’ailleurs de l’endettement des entreprises ciblées. A défaut d’investigation dressant un état des lieux exhaustif des actifs et du passif des personnes, la nature réelle du patrimoine des milliardaires reste donc inconnue du grand public… et de Forbes.