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Riad-Rabat-Abu Dhabi : la fauconnerie bat de l’aile

Economie juin 2020

Riad-Rabat-Abu Dhabi : la fauconnerie bat de l’aile

Au Maroc, des projets grandioses portés par de grands groupes provenant du Golfe paraissaient si prometteurs, jusqu’à ce que leurs promoteurs, croyant qu’ils étaient adoubés par les plus hautes sphères, se croient tout permis. Depuis l’avènement du roi Mohammed VI, la balle est dorénavant remise au centre!

 

Entre le Maroc et l’Arabie Saoudite, ce n’est pas le grand amour ces temps-ci. En vérité, les choses n’étaient plus déjà au beau fixe depuis 2017, d’où une reprise de contact, assez positive d’ailleurs en fin février dernier, entre les émissaires de Mohammed VI et le prince héritier du royaume wahhabite. Mais un mois plus tard, les relations, jadis fraternelles, amicales et de business entre les deux pays se sont vues altérées à cause d’une vidéo postée sur YouTube par un journaliste saoudien. Selon un fin connaisseur, «sachant que ledit journaliste serait connu pour être proche des cercles du pouvoir du royaume wahhabite, cette sortie sans précédent dans les annales des relations maroco-saoudiennes ne laissera peut-être guère de place à un rafistolage possible». D’un autre côté, un observateur averti estime que l’Arabie Saoudite est vraiment mal placée pour être un donneur de leçons. «Au lieu de verser dans les diatribes insensées, elle devrait plutôt se préoccuper de son économie, dépendant exclusivement de la rente pétrolière et du tourisme religieux (grand et petit pèlerinages), qui est aujourd’hui empêtrée dans une crise économique si profonde et violente», tonne-t-il, avant d’avouer volontiers que la vision 2030, aussi utopique soit-elle, de Mohamed Ben Salmane, l’homme fort du pays et dont le mentor n’est autre que Mohammed ben Zayed Al-Nahyan (MBZ), le prince héritier et ministre de la Défense d’Abu Dhabi, pourrait bien changer la donne. Surnommé MBS, il est dépeint comme étant «le prince mystère de l’Arabie» dans l’ouvrage de Christine Ockrent. Se basant sur plusieurs témoignages, ce livre ne manque pas, à propos, de relater la purge du Ritz-Carlton qui va, selon elle, au-delà d’une spectaculaire opération anti-corruption et qui s’inscrit dans le cadre d’une lutte implacable pour le pouvoir, une guerre des clans au sein de la famille royale, mêlant règlements de comptes, jeux de massacres financiers et bouleversements de toutes les règles qui jusque-là régissaient la dynastie des Al-Saoud.

La purge salvatrice


Dans cette rafle-opération, menée par un procureur général du royaume wahhabite et censée engranger 100 milliards de dollars, soit 15% du PIB, pour combler le déficit de la dette publique, fut épinglé Mohamed Hussein Al-Amoudi, PDG du groupe Corral, qui s’est retrouvé avion privé cloué au sol et actifs gelés. Fort d’un patrimoine évalué par Forbes à 10,3 milliards de dollars, qui a fait de lui un des industriels les plus riches de la planète, ce tycoon saoudo-éthiopien a été blacklisté par le Maroc en raison de sa responsabilité présumée dans la faillite de la raffinerie nationale, la Samir, qu’il avait achetée en 1997 à l’État pour une bouchée de pain grâce à une relation interdépendante entre les deux monarques de l’époque. Propriétaire du groupe suédo-saoudien Corral Petroleum Holding et principal actionnaire de la Samir, Al-Amoudi, en 18 ans d’exploitation, aura finalement laissé une ardoise faramineuse, ainsi qu’un millier de salariés et de sous-traitants sur le pavé. Déjà en 2015 et en anticipation de la liquidation judiciaire, Economie Entreprises avait vu clair dans le jeu d’Al-Amoudi en titrant sa Une du mois d’octobre: «Comment Al-Amoudi a eu le Maroc» et en soulevant dans son enquête que l’affaire Samir est révélatrice du mépris et de la prédation que peut avoir un certain capital arabe vis-à-vis du Maroc. «Ce feuilleton d’été n’est finalement que l’épilogue d’une longue agonie et l’éclatement au grand jour de l’incapacité de la Samir à financer son cycle de production, due à son surendettement et aux multiples erreurs et dysfonctionnements de son management, comme cela a été largement expliqué par Economie Entreprises, depuis juillet 2013 jusqu’au dernier article de mai 2015», souligne-t-on dans l’enquête, dévoilant ainsi un endettement monstre de plus de 43 milliards de dirhams dont près de 30 milliards auprès d’opérateurs nationaux publics et privés. Un petit flashback dans le début des années 2000, soit au moment de la privatisation de l’entreprise en 1998, permet également de constater un laisser-aller de la part de l’Etat qui n’a rien fait pour que les cahiers des charges, signés par l’actionnaire de référence Corral Petroleum et son propriétaire Al-Amoudi, soient respectés.

Al-Amoudi, Dallah Al-Baraka, les délesteurs délestés

«Alors que le choix au départ de Corral pour privatiser la Samir, porté au plus haut niveau de l’Etat, avait à la base pour but de pouvoir accéder à une matière première peu chère de la part de l’Arabie Saoudite, ces mêmes réseaux vont finir par appauvrir, puis tuer une entreprise stratégique censée garantir la souveraineté énergétique du Maroc», a témoigné à EE un cadre de l’entreprise. Pour sa part, une autre source proche du dossier nous a révélé: «Dans cette affaire de la Samir, le gouvernement est juge et partie. Je citerais en exemple des actes rédhibitoires comme le fait de pousser la douane marocaine à réclamer son dû d’un seul coup. On ne peut pas venir demander à un dirigeant d’entreprise de réaliser des investissements et de faire des bénéfices alors qu’on l’empêche de travailler avec d’un côté, une sommation quasi immédiate de règlement de lourdes dettes et de l’autre des blocages de bateau transportant du brut au niveau du port. Mais ces faits n’empêchent pas que la mauvaise gestion d’Al Amoudi aura précipité la Samir dans les abysses».

Dans l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad, figurait un autre prisonnier «de marque», le richissime homme d’affaires aux multiples ratages recensés au Maroc: Salah Abdullah Kamel, patron du groupe Dallah Al-Baraka décédé le 18 mai dernier. Et même si rien n’a filtré du traitement auquel le Saoudien a eu droit lors de la rafle, sous les cieux marocains les débâcles de son puissant groupe sont indélébiles dans les esprits, surtout de ceux opérant dans le secteur de l’hôtellerie. Tout commence avec le Palais des Roses International (PRI), la filiale de la compagnie saoudienne qui était un élément phare dans la station balnéaire dans les années 2000. En fait, Dallah Al-Baraka s’était positionnée sur Taghazout suite à l’intervention du prince Sultan Ibn Abdulaziz, ministre saoudien de la défense décédé en 2011 et grand amoureux du Maroc et d’Agadir en particulier où il avait fait construire son palais dans les années 80. Et vu que le groupe saoudien, déjà présent au Maroc depuis le début des années 90 à travers l’industrie agroalimentaire, la pêche hauturière et l’agriculture, bénéficie d’une renommée internationale et d’une forte assise financière, une convention est signée en 2002 devant le roi Mohammed VI par PRI.

Quand la gouvernance fait défaut

«Le message envoyé est fort puisque c’est le milliardaire saoudien qui s’engage en personne avec l’État marocain. Cependant, deux ans plus tard, presque rien n’avait été réalisé! Et tout l’engouement du départ a fini par s’évaporer!», se rappellent les professionnels tout en déchiffrant pour les néophytes l’histoire de ce flop: «Le retard patent de livraison dudit projet excède l’État au point qu’il met en demeure l’aménageur afin de se conformer à ses engagements. Cette notification restera lettre morte, poussant Adil Douiri, ministre du Tourisme à l’époque, à résilier la convention pour non-respect du cahier des charges et la compagnie saoudienne est sommée de quitter les lieux. D’aucuns se souviennent aussi de l’esclandre qu’a faite le PDG de Dallah Al-Baraka en fin 2004 lors d’une conférence de presse à Marrakech, notant que c’est ce qui a précipité sa mise en retrait. Cette conférence, qui était censée envoyer quelques messages positifs au gouvernement marocain par le Cheikh afin de reprendre le «marché Taghazout», a très vite tourné au vinaigre à cause de graves accusations portées par ses ex-associés marocains à son encontre (mauvaise foi et détournement ainsi que sabotage prémédité poussant à la faillite ses entreprises au Maroc à des fins «illicites»). En réalité, cet aménageur-développeur, en faisant traîner les choses au niveau de la station balnéaire, croyait bénéficier d’un traitement de faveur au continu, vu que le projet lui a été confié grâce à une relation privilégiée entre Sultan Ibn Abdulaziz et le roi du Maroc. En parlant de lien étroit, nombre d’experts aguerris dans le volet touristique soulignent également le fait que si en Arabie Saoudite, la signature d’un même responsable, aux multiples casquettes, est apposée sur un document administratif, comme sur une autorisation de construire, au Maroc, c’est bien différent avec la démocratie locale.

Les pays du Golfe ne sont pas familiers avec la démocratie locale du Maroc

Et la saga continue des projets qui souffrent d’importants problèmes de mise en œuvre avec le groupe Emaar Properties, dont le gouvernement de Dubaï est actionnaire majoritaire. Dans plusieurs villes du Maroc, ce groupe compte à son passif certains chantiers interrompus depuis des années et d’autres qui n’ont jamais vu le jour malgré des blancs-seings ministériels et des autorités locales avec mise à disposition de moult hectares de foncier public à la clé. Ainsi, le projet du promoteur immobilier Emaar qui a échoué en milieu de parcours est à Tanger et porte le nom de Tinja. Lancé sur des terrains en bordure de mer appartenant à l’Etat, celui qui était l’un des projets touristiques les plus prometteurs de la côte atlantique avec vue imprenable sur la forêt diplomatique devait livrer ses premiers appartements… il y a dix ans! Quant au chantier au niveau de la station Oukaimiden à Marrakech, ce projet d’un investissement de 1,4 milliard de dollars est passé à la trappe en tout début de course. Et contre toute attente, le groupe émirati, après être sorti du projet de Bouznika, avoir réduit sa présence sur Amelkis dans la ville ocre et gelé son projet Tinja, s’intéresse ensuite à la vallée du Bouregreg via Eagle Hills. En fait, Mohamed Al Abbar, PDG du groupe Emaar coté à la Bourse de Dubaï, est aussi le dirigeant d’Eagle Hills, fondée à Abou Dhabi. Et bien que «les autorités marocaines ne soient pas très satisfaites du travail d’Emaar aux Oudayas», c’est Al Abbar qui a signé au nom de la compagnie en 2015 à Casablanca, sous la présidence du roi Mohammed VI et du prince héritier émirati Mohamed Ben Zayed, les conventions d’investissement avec les sociétés de développement de la vallée du Bouregreg et du port de Tanger. Quatre ans plus tard, le chef de gouvernement, en pointant les retardataires dans le projet d’aménagements à Rabat, a expliqué que «ceci est principalement dû au fait qu’un nombre de contributeurs n’ont pas honoré leurs engagements financiers». Ce constat amène à une interrogation: Pourquoi le groupe émirati a-t-il autant de projets interrompus au milieu de travaux au Maroc? Pourtant, Emaar Properties est une grande société immobilière de Dubaï qui a tout de même développé de nombreux projets, dont le Burj Khalifa, le gratte-ciel le plus haut du monde, et le Dubaï Mall, le plus grand centre commercial au monde.

Mohammed VI a sonné le glas des pratiques des réseaux d’influence

A ce sujet, plusieurs sources bien informées affirment que l’accession de Mohammed VI au trône a sonné le glas des pratiques des réseaux d’influence politiques et financiers marocains, ce qui a provoqué un repli des ambitions parce que les choses sont devenues plus formelles. Et de soutenir que la manière de faire du business partout dans le monde d’un investisseur du Golfe est de gagner sans miser gros, relevant qu’il compte sur les effets d’annonce pour se financer, pour ne sortir aucun dollar de sa poche. «Avec ses effets d’annonce il essaie d’impressionner et d’influencer les banques et bailleurs de fonds. Avec eux, il va sortir le financement et ils pourront ensemble faire entrer des actionnaires minoritaires et de là il va faire entrer de l’argent alors qu’il n’a pas encore commencé!», fait ressortir un observateur averti de la scène politique arabe depuis plus d’un quart de siècle. Et d’ajouter: «Ces investisseurs arabes qui sont en général les bras d’importants fonds souverains émirati ou saoudien n’ont pas la même vision et peuvent par exemple, face aux autorités locales et en cas de besoin d’une autorisation, jouer un coup de poker!».

Rappelons, dans ce sillage, les huit conventions d’investissement pour un montant global de neuf milliards de dollars (plus de 80 milliards de dirhams) signées entre l’Etat marocain et les grands groupes émiratis Emaar et Dubaï Holding fin mars 2006 à Casablanca qui n’ont pas porté leur fruit finalement. Ces projets d’aménagement et de valorisation touristique et résidentielle, qui devaient se faire sur dix ans, concernaient principalement quatre villes (Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger). À Casablanca, Dubaï Holding et la CDG s’étaient engagés à réaliser la Marina de Casablanca et Khalij Al Hank avec 1 milliard de dollars d’investissement. Dans le cadre de la Marina, il était prévu notamment la construction d’un port de plaisance, de plusieurs unités hôtelières, d’un palais des congrès, ainsi que deux tours dédiées aux activités professionnelles et à l’hôtellerie d’affaires. Dans la capitale, le groupe Emaar devait investir 3,1 milliards de dollars pour l’aménagement de la corniche de Rabat sur une superficie de 330 hectares. Pour sa part, Dubaï Holding devait injecter 1 milliard de dollars pour réaliser deux projets touristiques, l’un situé sur la route de Tahanaout et d’Amezmiz, et le second sur la route de Ouarzazate et 2 milliards de dollars pour matérialiser le projet touristique Amwaj qui concerne la valorisation de la vallée du Bouregreg. En parlant de ce projet, soulignons que Dubaï Holding a fait pression sur l’Etat pour qu’il lui accorde et le terrain et la «golden card», ou le cas échéant, il ne poserait pas un centime sur la table! Et c’est ce qui s’est passé, l’Etat n’a pas cédé au chantage.

Nonobstant, malgré ces quelques flops et la nette récession de ce genre de projets gigantesques, le flux d’IDE a continué d’irriguer le Maroc au départ du Golfe.

En effet, certains projets ont brillé par des investissements concrets comme le cas de la banque participative, fruit d’une joint-venture (à parts égales) entre la BOA et le bahreïni Al Baraka Banking Group ou encore de Morocco Mall de Casablanca, issu de l’investissement des groupes Nesk Investment, filiale marocaine de la multinationale saoudienne Nesk Trading Compagnie, Akwa et Aksal, un projet de deux milliards de dirhams, ou de ceux qui sont devenus des affaires tellement rentables et juteuses que leur contrat a été reconduit avec le Maroc, comme c’est le cas pour Taqa Morocco (voir encadré P3).

 

 

Taqa Morocco, c’est 40% de l’énergie électrique

C’était en 1995, le Maroc a octroyé un des premiers contrats IPP (independent power producer) sur le continent africain et le monde arabe. La centrale de Jorf Lasfar à l’époque propriété de l’ONEE avait été confiée en concession au groupement ABB Energy Ventures-CMS Generation pour une période de 30 années. Le Maroc avait ainsi gagné la confiance des investisseurs internationaux, même si les conditions du contrat étaient qualifiées de léonines.

Dix ans après le démarrage effectif de cet IPP, en 2007, Abu Dhabi National Energy Company (TAQA) rachète les parts du suisse ABB et de l’américain CMS dans Jorf Lasfar Energy Company, JLEC. «Le consortium s’en est tiré à bon compte, en plus d’un bénéfice de 5 milliards de dirhams engrangé entre 2001 et 2006», nous précise un analyste financier, avant de contextualiser en disant «qu’à cette époque, les relations maroco-emiraties étaient à leur firmament».

La même année Taqa avait déposé une demande pour doubler la capacité de la centrale et se rapprocher du seuil de 50% de la production d’électricité nationale. A l’époque plusieurs personnalités gouvernementales et sécuritaires avaient vu d’un mauvais œil cette hégémonie émiratie sur l’énergie. Quelques mois plus tard, la Direction Générale de l’ONE change de tête et le nouveau maître à bord, Ali Fassi Fihri, accorde l’extension à Taqa.

«Il est vrai que Taqa Morocco a repris en 2007 un contrat juteux (ndlr : en plus d’un dédoublement de la capacité) et en jouira encore pour 17 autres années puisqu’il a été reconduit en janvier dernier». Au cœur d’une forte tension entre Rabat et Abu Dhabi qui a débuté en octobre 2018, Mohammed Ben Zayed fait un déplacement éclair à Rabat en janvier 2020, pour appuyer quelques dossiers, dont celui de Taqa. Cela n’aidera en rien la relation entre les deux Etats, imprégnée dorénavant de «méfiance» et qui n’a cessé de se dégrader depuis.

Ceci étant, Taqa Morocco se porte aujourd’hui à merveille et jouit de conditions contractuelles exceptionnelles. En témoigne sa marge brute d’exploitation qui dépasse les 30%, soit 2 à 3 fois supérieure à d’autres IPP comparables dans le monde. Taqa est aussi assise sur un contrat de production de 40% de l’électricité au Maroc, et ce jusqu’en 2044, sans que cela n’inquiète le Conseil de la Concurrence.

 

MBZ au profil en bec d’aigle

«Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane n’est pas seulement le leader politique des Emirats arabes unis. Son influence et ses amitiés s’étendent jusqu’aux Etats-Unis et  en Europe», a écrit le quotidien francophone «Le Monde» dans son édition du 12 mai 2020, en dressant le portait de «MBZ», le véritable homme fort du Golfe. De sa propension à s’ingérer dans les affaires de pays étrangers, dont la France, à son souhait de remodeler le Moyen-Orient avec son allié numéro 1, le prince héritier saoudien «MBS», le troisième fils du charismatique fondateur des EAU dynamise le système tout entier. «Il n’y a plus de compétition au sein de la fédération, il est le patron incontesté, même dans les autres émirats, confie un col blanc occidental officiant dans un organisme gouvernemental. Il a une capacité et une éthique de travail très fortes. Tous les ministres sont dans la surenchère par rapport au super patron», relève «Le Monde», avant de mettre l’accent sur la guerre du Yémen, lancée en 2015, qui a été l’occasion où «MBZ» a noué une alliance avec «MBS», l’homme qui a autorisé les femmes à conduire, qui fait venir dans le royaume les stars de la scène électro et veut sortir du tout-pétrole. Le maître d’Abou Dhabi soutient à 100% ce programme modernisateur. Et il ne serait pas étonnant que ce soit MBZ, qui joue ainsi le rôle du grand frère, du mentor de MBS, qui lui ait soufflé l’idée de la vision 2030.