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Un chef en mal de leadership

Actualité Décryptage juin 2020

Un chef en mal de leadership

C’est dans la salle de réunion de la commission des finances au parlement et au lendemain de l’annonce officielle d’Othmani du prolongement du confinement au 10 juin, que Mohamed Benchaâboun, au moment de dresser un bilan noir des 3 premiers mois de l’année, a été frappé par une troublante lapalissade: qu’en sera-t-il du mois de mai où tout était à l’arrêt? Prenant vraiment conscience de la chose, le ministre de l’Economie n’a pas maîtrisé ses ardeurs au point d’appeler à la reprise juste après l’Aïd El fitr. Au moment de reprendre ses esprits, il était trop tard, la phrase était lâchée à la Chambre des conseillers. Pour rattraper le coup, des précisions ont été données aux médias par d’autres responsables au sein du ministère, sur les secteurs qui ont la capacité de reprendre leurs activités pour contribuer au redémarrage de l’économie. Plus encore, 3 jours plus tard, une circulaire a été publiée par le Ministre de l’Economie sur les procédures et les mesures de reprise de travail dans les établissements publics, après la levée de l’état d’urgence sanitaire. Traduction: cette circulaire vient subtilement reconfirmer les propos d’Othmani sans démentir pour autant les propos de Benchaaboun.
In fine, selon toute vraisemblance, au sein du gouvernement et dans l’hémicycle, c’est le cafouillage et la confusion d’abord et la rectification des tirs après. En tête de peloton, c’est le chef d’orchestre Othmani qui n’arrête pas d’embrouiller les Marocains d’une part avec j’ai peur par-ci, je n’ai pas de vision par-là et de l’autre son exhortation à une longue «cohabitation» avec le coronavirus. En déclarant que nous devons coexister avec le virus entre 12 et 18 mois car nous ne savons pas quand il disparaîtra, Othmani a fait fort et se la joue solo. Il a même dépassé le duel opposant le duo du pro-déconfinement Benchaaboun-Moulay Hafid El Alamy contre le duo anti-déconfinement Laftit-Ait Taleb. Au final, le coach Othmani au lieu de mettre l’huile dans les rouages la met sur le feu, alimentant au passage la psychose des Marocains. Pourtant, il est censé être un psychiatre avant d’être le chef de gouvernement. Alors maîtrise-t-il sa première profession? Et sa seconde vocation? Visiblement non, avec le manque de lignes directrices, de leadership et d’efficacité…