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Retour aux sources

Enquête juin 2020

Retour aux sources

Fini les modèles de consommation occidentaux stéréotypés, c’est un retour aux sources que les Marocains manifestent. Le made in Maroc a toutes les chances de s’imposer.

C’est l’occasion ou jamais de rattraper le temps perdu et donner un nouveau souffle à la production locale. C’est ce que les spécialistes s’accordent à dire. Avec la crise sanitaire qui a conduit à la fermeture des frontières, le Maroc s’est retrouvé contraint de mettre les bouchées doubles pour y faire face. Preuve en est la production des masques qui lui a valu des éloges à l’échelle internationale. Ce dynamisme hors normes dont le Maroc a fait preuve a permis un regain de confiance auprès des Marocains. D’ailleurs, pour contribuer ne serait-ce que peu à redynamiser l’économie nationale, des incitations à consommer marocain ont submergé les réseaux sociaux. Une action qui selon Abdellah Herhar, sociologue, émane d’une prise de conscience engendrée par le Covid-19 et qui est tout bénef pour les produits locaux. «Les repères ont été chamboulés en cette période de crise. La concentration vers le monde occidental a pris un sacré coup, d’où une remise en question et un revirement de la situation en faveur de nos produits authentiques», précise-t-il. Un avis partagé par Hamid Faridi, expert en communication, qui déclare qu’un retour aux sources a été constaté. Et d’ajouter: «Le confinement a permis au Marocain de se rappeler la chance qu’il a de disposer d’un produit local qui ne dépend pas des frontières. Cette période reste propice à la valorisation des produits marocains. Dans la stratégie post-Covid, il faut placer le made in Maroc au centre des priorités».
Changement de mœurs
Il est vrai que le comportement du consommateur marocain a fortement été impacté par la culture occidentale car, en dehors de l’influence liée au mode de consommation stéréotypé, le Marocain trouvait in fine son compte en termes de qualité et de prix. Cette influence a ouvert le champ à des produits étrangers qui se sont positionnés sur le marché. Mais, aujourd’hui, le coronavirus a bouleversé toutes les tendances et les valeurs culturelles prennent le dessus. «A l’époque où le Maroc était industrialisé, sa production répondait à la consommation interne. Le phénomène de surconsommation n’a vu le jour que lorsque le pays a adhéré à la mondialisation. Pour ma part, elle touche à sa fin car elle a conduit le monde entier à une impasse», confie Abdellah Herhar. Mais face à tout ce chamboulement, les professionnels gardent espoir en les capacités des Marocains à surmonter les pires épreuves. «C’est dans les périodes de crises les plus intenses que l’humain fait appel à son ingéniosité et développe sa créativité», soulève le sociologue. Néanmoins pour accompagner cette transition, Hamid Faridi insiste sur trois exigences auxquelles le produit local doit répondre. Il s’agit de la qualité, la disponibilité et l’accessibilité. En effet, un effort reste à fournir concernant la qualité et le prix. Le manque d’un gage de qualité nuit à l’image du produit local, d’où la méfiance qui s’est développée de fil en aiguille. «Le manque de contrôle rime avec doute. Il faudrait davantage développer cette culture de la qualité que nous n’avons pas. Contrairement aux produits importés, les producteurs locaux ne sont assujettis à aucun contrôle qui garantit la qualité du produit», précise Faridi. C’est une poignée de produits locaux qui sort du lot. Ce sont généralement des industriels qui associent l’image de leur produit à celui du groupe familial, c’est le cas de la chocolaterie Aiguebelle ou encore des peintures Atlas. Cependant, il est temps que le Maroc abandonne le pushing momentané et adopte une politique de promotion pérenne.