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Déconfinement, la moitié du Maroc pourrait être infectée

Actualité #212 mai 2020

Déconfinement, la moitié du Maroc pourrait être infectée

Une enquête menée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) révèle l’impact économique, social et psychologique sur les ménages durant cette période de crise du Covid-19 mais s’est également penchée sur la question du déconfinement qui représente aujourd’hui l’ultime équation. Selon lui, plusieurs scénarios se profilent. «Le scénario de référence d’évolution naturelle est un cas d’école qui suppose une évolution naturelle de la pandémie sans aucune barrière, laquelle s’étendrait ainsi à la majorité de la population jusqu’à ce qu’une immunité collective éventuelle soit acquise. Ce scénario théorique permet en fait de mesurer les acquis des autres scénarios», souligne le HCP. «Si cette approche est adoptée, la pandémie atteindra rapidement un pic avec un nombre très élevé de cas infectés, ce qui mettra sous forte pression le système sanitaire. Quant au taux de létalité, il serait élevé. Ce scénario suppose une contamination d’environ 80% de la population», ajoute encore le HCP à propos de cette phase d’«évolution naturelle». Il y a, par ailleurs, le scénario tendanciel. «Ce scénario prolonge la situation actuelle toutes choses étant égales par ailleurs, c’est-à-dire toutes mesures déjà prises maintenues. La simulation de la poursuite du confinement grâce au modèle mathématique utilisé aurait abouti à plusieurs impacts : un nombre total d’infectés cumulé à 7.800 cas vers début juillet, un nombre d’infectés actifs aux alentours de 3.200 cas et une tendance dégressive vers un chiffre faible à fin juillet», explique le HCP. En gros, si le déconfinement avait été adopté le 20, le nombre de cas confirmés aurait été de18.720 au meilleur des cas et de 17 millions au pire des cas, soit la moitié de la population marocaine touchée. Il faut par contre garder en tête qu’en l’absence de vaccin ou d’une immunité communautaire acquise, le coronavirus continuera à se propager avec un risque de rebond. «Il est donc nécessaire d’envisager des scénarios de déconfinement à impact économique et social positif tout en contrôlant, d’une part, les risques de transmission et, d’autre part, la pression sur le système de santé national», indique le HCP. L’autre scénario est celui de la «sortie généralisée du confinement». A ce niveau, il s’agit d’opérer une sortie de confinement qui concerne l’ensemble de la population âgée de moins de 65 ans, non atteinte de maladie chronique (27,5 millions). Ce scénario suppose un nombre de 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement. «Une fois cette population déconfinée, le nombre de contacts par jour augmenterait d’une amplitude estimée via le modèle mis en place à +64%,», note le HCP.