fbpx

Les entreprises marocaines sur le pied de guerre

Entreprises mai 2020

Les entreprises marocaines sur le pied de guerre

Malgré la conjoncture difficile, les dirigeants marocains ont su s’acclimater à cette situation inédite en renforçant, le plus souvent, leurs capacités technologiques. Economie Entreprises est allé à la rencontre de plusieurs d’entre eux pour avoir leurs témoignages.

Face à une crise hors du commun qui a engendré un état d’urgence, la crainte s’accentue. Prises de court, les entreprises marocaines ont su s’acclimater à cette situation ardue. En effet, dès l’annonce de l’état d’urgence, la plupart d’entre elles ont instauré des comités de veille pour y faire face. Certaines ont revu leurs organisations. C’est d’ailleurs le cas des groupes CIH, OCP, Outsourcia ou encore Holmarcom, qui malgré la diversité des secteurs dans lesquels ils opèrent, ont fait de la protection de leurs collaborateurs et la continuité de l’activité une priorité. «Nous avons mis en place une organisation spécifique pour protéger les collaborateurs et assurer les services bancaires. Nous avons également activé le comité de veille et de crise de la banque à travers une communication continue en interne», précise Lotfi Sekkat, PDG de la banque CIH, lors d’une interview accordée à #212. Du côté de l’OCP, un dispositif de prévention et les moyens nécessaires au télétravail ont été instaurés. «Dès les premiers signes d’apparition de l’épidémie nous avons instauré un dispositif complet de prévention (hygiène, mobilité (interdiction des déplacements, mesures strictes pour les visiteurs), vigilance et information) conforme aux recommandations des autorités de santé nationales et internationales, et répondant aux normes de sécurité sanitaire les plus exigeantes», nous confie Iliass Elfali, Chief Operating Officer du groupe phosphatier. Karim Chiouar, directeur général d’Holmarcom, a déclaré de son côté qu’un comité central qui avait pour mission de coordonner avec chacune des filiales du groupe a été mis en place. Même les entreprises qui opèrent dans l’événementiel, l’un des secteurs les plus touchés par la crise, n’ont pas ménagé leurs efforts pour maintenir une activité efficiente malgré l’annulation de tous les événements. Un constat corroboré par Fatima Zohra Outaghani, directrice générale du groupe PR Média, qui insiste sur l’importance de la communication interne est externe en cette période. Pour elle, les enjeux de la communication stratégique en situation de crise peuvent s’avérer efficaces. Et d’ajouter que le vrai visage d’une entreprise se révèle en temps de crise et aujourd’hui plus que jamais. La communication en interne et externe a un effet sur les entreprises qui se révèle en cette période. Ainsi, des actions ont été déployées avec les clients afin de maintenir le lien avec leurs publics malgré le confinement et aussi en vue de la reprise de leurs activités.

Unanimité
Autre maître mot soulevé par les dirigeants d’entreprises, la digitalisation. En effet, pour certains, les circonstances actuelles n’ont pas que des inconvénients. Le confinement a été un moyen pour renforcer les compétences technologiques et la transformation numérique. Visiblement, ces temps difficiles ont permis d’accélérer les processus de digitalisation de quelques entités, initiés il y a quelques années. C’est le cas de CIH qui ambitionne une transformation des transactions cash en transactions électroniques à grande échelle. Pour Saloua Belkziz, PDG de GFI Maroc, le confinement serait plus efficace si la digitalisation était généralisée. Moralité, les structures marocaines ont pris conscience plus que jamais de l’importance de la transformation numérique dans leur modèle de développement, car elle permet plus de transparence, de réactivité ainsi que de proximité. Toutes ces mesures entreprises par les entités ne peuvent qu’inspirer pour le futur, notamment en matière d’organisation. Autre point sur lequel les dirigeants sont unanimes, la mesure de l’impact de la crise sur leurs secteurs d’activité respectifs. Certes, les entreprises et les secteurs sont touchés à des degrés divers, mais il est trop tôt pour quantifier les pertes y afférentes. Pour eux, une chose est sûre, il y a un avant et un après Covid-19 et l’après-crise se démarquera par le développement de nouveaux services basés sur les possibilités qu’offre l’évolution technologique. Côté solidarité, les boîtes marocaines ont fait preuve de générosité en participant au fonds Covid-19. Des actions en interne ont également été menées pour venir en aide à des structures qui travaillent auprès des plus démunis. Des actions citoyennes ont également été entreprises à l’échelle nationale telles que l’offre de denrées aux hôpitaux ou encore des actions de soutien pédagogique et éducatif à distance.