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«Le télétravail, une affaire de confiance»

Enquête mai 2020

«Le télétravail, une affaire de confiance»

Dans cette interview, Jamal Belahrach, président de Déo Conseil et très actif dans le social et l’éducation, insiste sur la nécessité, afin de télétravailler au mieux, d’instaurer la confiance entre employeur et collaborateurs.

Quelle est votre vision du télétravail ?
Tout d’abord il faut savoir que dans les pays développés, moins de 20% utilisent le télétravail. Au Maroc, le télétravail est marginal, même si cette période se prête à l’expérimentation. Mais pour le réussir, il faut nécessairement de la confiance entre les dirigeants et leurs salariés. «Je ne lui fais pas confiance, il/elle ne va pas travailler…» sont autant de verbatim qui prouvent la méfiance et montrent la difficulté de mise en œuvre.

Quelle serait la bonne méthode pour sa mise en place ?
Le télétravail nécessite plusieurs éléments. Le premier élément est fondamental et c’est la confiance de l’employeur envers l’employé. Secundo, il y a la capacité de travailler en autonomie du salarié lui-même, car tout le monde n’est pas capable de travailler tout seul. Tertio, il faut une bonne organisation du travail. Quarto, la nécessité d’un mode de management du télétravail. Et last but not least, la technologie et les outils. Donc ce sont là des ingrédients essentiels du fonctionnement du télétravail.


Pourquoi le télétravail ne s’est-il pas déjà développé au Maroc ?
Au Maroc, il y avait peu d’entreprises qui ont opté pour le télétravail si l’on exclut les quelques multinationales qui en ont déjà l’habitude. Ces dernières, en s’inspirant des anglo-saxons dont le système éducatif est basé sur la responsabilisation et l’autonomisation de l’individu, n’avaient pas de problème à «se détacher» des employés qui n’étaient pas obligés de faire du présentiel. En somme, si vous avez un édifice social basé sur deux fondations, en l’occurrence la responsabilisation et l’autonomisation, vous pourrez réussir et même généraliser, si le secteur d’activité le permet bien sûr, le télétravail! Au Maroc, ce genre d’édifice est aujourd’hui quasiment inexistant. Car il ne faut pas se leurrer, la confiance ne règne pas, l’autonomisation et la responsabilisation du salarié ne sont pas vraiment au rendez-vous, l’organisation encore moins, le mode de management est horizontal et pour ce qui est de la technologie, elle fonctionne plus ou moins avec nos trois opérateurs de la place. Au final, il reste quand même quelques carences sur lesquelles il faut travailler.

Quels sont les types de fonctions qui peuvent se prêter au télétravail ?
Si tous les secteurs sont touchés par le Covid-19, pas tous les métiers et fonctions sont concernés par le télétravail. Les ouvriers dans la production ne peuvent pas être des télétravailleurs, contrairement aux cadres qui réfléchissent sur le produit. Aujourd’hui, tout ce qui n’est pas directement lié à une production est concerné par le télétravail.