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Un « Game changer » nommé Coronavirus, ou la guerre du 7 milliards contre 1 !

Point de vue avril 2020

Un « Game changer » nommé Coronavirus, ou la guerre du 7 milliards contre 1 !

En décembre 2019, on nous annonçait qu’un virus faisait son apparition en Chine et que sa transmission s’est faite d’une chauve-souris à l’Homme dans un marché de Whuhan. Personnellement c’était la première fois que j’entendais ce nom de ville et j’étais loin de me douter que c’est aussi de là que le monde allait basculer pour subir la première pandémie du 21ème siècle baptisée Covid-19. La dernière pandémie, de la « Grippe espagnole », remonte à 1918 et son foyer avait démarré aux USA.

Toutefois, la pandémie de 1918 avait mis 2 ans à se propager, contrairement à celle du Coronavirus 2020. Avec les effets de la mondialisation, le Covid-19 s’est répandu à une vitesse fulgurante, entraînant en moins d’un mois le confinement sine die des 2/3 des habitants de la planète sans aucune distinction de race, d’âge, de sexe, de religion ou même de développement. Une crise sanitaire aux conséquences géopolitiques inédites, qui reviendra dans les annales de l’histoire pour les 100 ou 200 ans à venir.

Le Coronavirus 2020, ce Game changer !


La crise du Covid-19 est d’abord apparue comme une crise de la capacité d’anticipation de la communauté internationale. En effet, le coronavirus est sans aucun doute un Game changer que d’aucuns ne pourront se targuer d’avoir anticipé, malgré la multitude de théories complotistes circulant sur les réseaux sociaux. Au-delà d’une paralysie économique et d’une récession mondiale certaine, il a réussi à montrer les failles et les limites des pays occidentaux les plus développés et a contrario, le niveau d’agilité d’autres pays comme Taiwan, Hong Kong, Corée du Sud, … et d’autres beaucoup moins attendus comme le Maroc qui a privilégié la vie sur l’économie.

De l’agilité face au coronavirus

Le Maroc n’a pas attendu de voir son peuple mourir par millier pour prendre les mesures draconiennes qu’impose la contamination au coronavirus. En deux temps trois mouvements et sous l’impulsion du Souverain, une cellule de crise spéciale Covid-19 a vu le jour constituée du Chef de gouvernement, des ministres de l’Intérieur et de la Santé, de la DGSN et de l’armée. L’agilité démontrée dans la gestion de cette crise a valu au Souverain le titre inédit en Une de l’hebdomadaire Tel Quel : « IRREPROCHABLE ». En effet, il fallait agir vite et efficacement contre ce nouveau Game changer qui est arrivé juste après le lancement d’Intelaka, et cassé l’élan d’un programme royal qui devait booster la création d’entreprise et faire reculer le chômage. L’épidémie du Coronavirus a en effet tout chamboulé.

Comment ?

Ce qu’a vécu le Maroc durant le mois de mars est juste impensable il y a encore deux mois et suscite à la fois fierté et étonnement. Il a en effet sorti l’artillerie lourde pour accompagner cette épidémie. La batterie de mesures mise en œuvre est pour le moins impressionnante et digne d’un grand pays : fermeture des frontières, lancement d’un Fonds par le souverain avec une première mise de 10 milliards de dirhams suivie par toutes les entreprises grandes et petites qui chacune a contribué à sa manière et où même le citoyen lambda été invité à participer ; des stocks de Chloroquine réquisitionnés pour éviter les ruptures et les pénuries, la fermeture des écoles et le recourt au télé-enseignement, un confinement généralisé, des mesures économiques courageuses et surtout audacieuses rapidement mises en œuvre dans une conjoncture complexe et très incertaine, un approvisionnement en denrée alimentaires maitrisé, des prix contrôlés avec des mesures de répression sévères, des usines qui transforment leur production en produits de première nécessité, en l’occurrence les masques, un personnel médical au pied de guerre, un pont aérien avec la Chine pour l’achat de matériel médical, des forces de l’ordre qui usent de sang froid et de créativité pour sensibiliser les plus récalcitrants à se confiner chez eux, des hôpitaux qui se construisent en moins de 15 jours, etc… et le fin du fin, un cluster de chercheurs qui fabrique un respirateur artificiel, qui sera lancé en production industrielle (100 respirateurs sont prévus avant fin avril). Sans compter la solidarité des Marocains qui s’est organisée sur les réseaux sociaux pour venir en aide aux plus démunis. Même dans les pays les plus développés, on n’a pas vu une telle organisation avec une telle célérité !

Enfin, pour un pays qui nous a longtemps habitués au manque de transparence des chiffres et une communication floue, l’arsenal de communication dégainé est bluffant. Tous les acteurs de l’audiovisuel (Télé, Radio, web, presse) sont mis à contribution pour sensibiliser la population aux mesures sociales, sanitaires et économiques. Un seul mot d’ordre : la diffusion de la bonne info devait accompagner ce dispositif et contrer les fakenews qui sévissent sur les réseaux. Nous avons même assisté au retour des prêches religieux sur nos chaines nationales après les avoir désertées depuis des années cédant la place aux séries turques et aux émissions avilissantes.

Le covid-19, un Game changer salutaire pour le Maroc ?

Mais alors : où se cachait ce potentiel marocain ? N’est-ce pas là la preuve de l’adage qui dit « quand on veut on peut » ? A-t-il fallu que le Maroc soit coupé du Monde pour faire jaillir ses trésors cachés ? Il est clair que cette crise a révélé au grand jour la capacité de résilience de notre pays et qu’il y aura sans doute un avant et un après Coronavirus. Sommes-nous en train d’assister au changement de paradigmes de gestion de la chose publique ? Tout porte à croire que oui.

Et, pour la Commission spéciale sur le modèle de développement, le rapport est tout tracé. Il faudra travailler sur l’éducation, la santé, la recherche scientifique et industrielle, le tout numérique et limiter la dépendance à l’étranger. En somme, créer son propre modèle car après le Covid-19, le marocain étant exigeant, il ne voudra plus revenir en arrière !