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Le suivi fait défaut

Dossier mars 2020

Le suivi fait défaut

Le contrôle du circuit de distribution des aliments périssables reste un défi difficile à surmonter. Actuellement, ce sont les opérateurs privés qui bousculent la tendance.

Si la logistique du froid à l’international est soumise à des procédures strictes, à l’échelle nationale elle déroge à la règle. En l’absence d’un cadre normatif bien défini, le respect de la chaîne du froid n’est pas une priorité dans les commerces de proximité. Et les conditions déplorables de la livraison des denrées alimentaires en disent long sur la conservation. Une situation pointée du doigt par l’Association de protection du consommateur dont le président, Ouadii Madih, nous confirme que plus de la moitié des plaintes enregistrées concernent les conditions d’insalubrité de commercialisation et d’entreposage des aliments notamment réfrigérés. Tandis que l’ONSSA exige que le transport et le stockage maintiennent une température dirigée. L’autre directive concerne l’état du véhicule. En effet, le certificat ATP (Attestation de conformité technique) est délivré par le constructeur pour une durée de 6 ans. A défaut de centres techniques spécialisés, l’ONSSA se charge d’effectuer un contrôle superficiel tous les ans pour délivrer un autre certificat exigé par les gendarmes pour le contrôle des routes. Alors qu’en France, à titre d’exemple, arrivé à échéance, le certificat est reconduit pour une durée de trois ans, renouvelable une fois, via un centre dédié. «Certes, il existe une réglementation, mais sans pour autant déterminer les spécificités techniques pour différents types de produits. Par rapport aux contrôles des véhicules, il serait plus judicieux de reproduire le modèle français et investir dans des centres spécialisés», regrette Hicham Mellakh, président de la commission logistique de la CGEM. ... Retrouve l'intégralité de l'article dans le Numéro #En_kiosque

Toutefois, abstraction faite du manque de moyens de contrôle, le coût représente un véritable obstacle. Vu le volume du marché qui demeure non représentatif, la massification, qui permet de réduire les coûts, n’est pas à l’ordre du jour.


Bien que la chaîne du froid ne soit pas toujours conforme aux normes des chaînes alimentaires et aux règlements d’hygiène, la cadence est bouleversée du côté de la grande distribution et des grandes enseignes de restauration. Ces opérateurs, intransigeants quant à la qualité des aliments, ont introduit une nouvelle manière de gérer les chaînes de produits alimentaires. Les nouveaux entrants font généralement appel à des prestataires de services logistiques dotés de moyens modernes pour assurer tout le circuit, de la production à la consommation. D’autres grandes structures ont misé sur les nouvelles technologies pour effectuer un suivi permanent de la température. C’est le cas de Danone qui contrôle ses véhicules à distance, ou encore Copag qui a investi dans des points de relais pour une meilleure maitrise de la chaîne du froid.

Par ailleurs, malgré les efforts déployés, l’on se heurte à la réalité d’un secteur où l’informel prédomine. Ainsi, il est difficile, avec les moyens du bord actuels, de surveiller tous les canaux de distribution. Des mesures plus drastiques devraient se mettre en place.