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10 postes en vue

Economie mars 2020

10 postes en vue

Economie Entreprises a identifié une dizaine de postes qui attisent toutes les convoitises que ce soit de par leur place dans l’architecture institutionnelle ou du fait de la longévité qui a marqué leurs actuels détenteurs. Toutefois, au-delà de l’honneur et des responsabilités que la fonction implique, ce sont les questions liées à la méthodologie de la nomination et des conditions de la reddition des comptes qui restent aujourd’hui posées. Sous d’autres cieux, des postes aussi névralgiques sont défendus devant les représentants du peuple avec des objectifs stratégiques et les visions des différents candidats. D’autres postes sont eux tributaires des coalitions politiques au pouvoir. Une méthodologie qui implique des mandats clairs aussi bien dans la durée que dans les résultats attendus mais aussi des bilans à dresser par les sortants vis-à-vis de ceux qui les ont nommés ou leurs successeurs. La Constitution marocaine a insisté sur le principe de lier la responsabilité à la reddition des comptes, mais aucun mécanisme de contrôle préalable n’a encore été établi.

ONCF Les principaux enjeux de l’ONCF sont: une dette qui avoisine les 40 milliards de dirhams, le développement et la sécurisation du réseau ainsi que l’extension de la ligne TGV jusqu’à Agadir. L’actuel directeur est parmi les plus anciennes nominations à la tête d’un EEP. Rabii Lakhlii est né en 1963. Il est Ingénieur de l’Ecole Mohammadia d’ingénieurs (EMI) à Rabat. Il est en poste depuis 2001 en tant que DG par intérim après avoir passé quasiment toute sa carrière à l’Office. En 2004, il a été nommé DG.

OCP Principale entreprise publique, avec une contribution au budget public de 6 à 8 milliards de dirhams par an, et gros employeur et contributeur au PIB national, l’OCP a mené une politique ambitieuse de montée en puissance et en gamme qui a transformé le groupe en une véritable multinationale. Avec un marché de plus en plus concurrentiel, l’entreprise est soumise à la baisse des prix de la matière brute et du DAP, principal produit phosphaté. L’OCP s’est aussi engagé dans un processus de modernisation de ses structures, de sa gouvernance et une implication accrue dans le développement territorial et économique. L’actuel PDG, Mostafa Terrab, est né en 1955. Il est ingénieur en Ponts et Chaussés en 1979 et titulaire d’un PhD au MIT en recherche opérationnelle en 1990. Il a été nommé à la tête de l’OCP en 2006, après être passé par la Banque mondiale et plusieurs cabinets d’études internationaux. Il a mené pour le roi Hassan II le processus de libéralisation des Télécoms, notamment en créant l’ANRT, en démantelant l’ONPT, et en réussissant le processus de vente de la licence de téléphonie mobile à Telefonica en 1999, pour 1,1 milliard de dollars.

DGI Vacant, le poste de directeur général des impôts suscite aussi la convoitise. Les principaux enjeux en sont: la réforme de la fiscalité telle que précisée par les dernières assises. Celle-ci doit aboutir à l’instauration d’une équité à même de mener à la citoyenneté fiscale. Le futur directeur doit aussi veiller à l’avancement dans les processus de transparence et de digitalisation. Le poste a été très «médiatisé» par Omar Faraj, qui a fini par claquer la porte en 2019. Depuis plus d’un an, se profile un rapprochement stratégique avec la Trésorerie Générale du Royaume, l’administration par laquelle transite l’ensemble des flux financiers et comptables de l’Etat et des collectivités territoriales. Ce rapprochement inspiré par la France apporterait plus d’efficacité à l’Etat. La TGR est gérée d’une main de fer par Noureddine Bensouda, ancien camarade de classe de Mohammed VI. Titulaire d’un double doctorat en Droit (Paris-Sorbonne en 2001 et Rabat en 2005), Bensouda est né en 1963. Il passera toute sa carrière au ministère des Finances où il occupera notamment le poste de directeur général des impôts entre 1999 et 2010.

HCP Garant du système national de la Statistique, le HCP a plusieurs enjeux. Souvent au centre de la guerre des chiffres entre les divers départements, il doit continuer à veiller à la production d’une information statistique crédible, harmonisée et indépendante. L’actuel Haut-commissaire, Ahmed Lahlimi Alami, est né en 1939. Il est détenteur d’un DES en Géographie Economique à Rabat et Bordeaux en 1966. Il a été nommé en 2003 suite à une longue carrière politique et académique. Il a été consultant pour de nombreuses organisations internationales, DG Adjoint du Crédit Agricole (1974-1998), plusieurs fois chef de cabinet ou secrétaire général de ministère. Il a été ministre au sein du gouvernement Youssoufi.

CDG Bras financier de l’Etat, la CDG suscite la convoitise tout en étant un poste très périlleux (un ex-directeur général limogé par SMS et un autre aujourd’hui condamné à de la prison ferme.). Sans tutelle formelle, la Caisse doit pouvoir gagner en autonomie tout en respectant les processus de bonne gouvernance. D’autant plus qu’avec la baisse de sa rentabilité, l’enjeu d’efficience des investissements et les besoins de développement se font de plus en plus présents. L’actuel patron, Abdellatif Zaghnoun, ingénieur de l’EMI, est né en 1960. Il a auparavant dirigé la Douane et la DGI, après une longue expérience à l’OCP avant d’être nommé à la CDG après le limogeage et les poursuites judiciaires engagées contre son prédécesseur.

BAM Le personnage du gouverneur de la Banque centrale est fondamental pour la supervision du système bancaire et la crédibilité de la monnaie nationale. Il doit garder une équidistance entre les appétits d’un secteur bancaire relativement concentré, et les besoins de la croissance du crédit et de l’économie tout en contrôlant l’inflation. Le poste demande une très fine connaissance de l’économie nationale et de ses acteurs ainsi que probité, indépendance et force de caractère. Les principaux chantiers sont le projet de flexibilisation du change, la mise en place des nouveaux statuts de BAM et l’inclusion financière. L’actuel gouverneur, Abdellatif Jouahri, est né en 1939. Il est diplômé de la fac de droit de Rabat et a été nommé en 2003 à la tête de BAM après une très longue expérience au sein de la banque centrale et à la BMCE. Il a entre autres fait divers passages au gouvernement en tant que ministre des Finances pendant le PAS.

SNRT Parmi les enjeux du pôle audiovisuel public: l’équilibre financier et le modèle économique, basé pour la SNRT sur la subvention publique et pour 2M-Soréad à plus de 93% sur la publicité. Le pôle doit, de fait, faire face à la concurrence internationale, notamment des chaînes moyen-orientales qui commencent à diffuser des programmes spécifiques au Maroc. La digitalisation des contenus et l’intéressement des publics jeunes. Au niveau interne, l’effectivité de la fusion entre la SNRT et 2M est restée lettre morte. Le PDG Fayçal Laaraïchi a été nommé en 1999 à la tête de la télévision marocaine puis à la tête de la RTM en 2003 avant de prendre la direction du pôle SNRT/2M en 2005. Il est né en 1961. Il est ingénieur à l’École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP Paris) et détenteur d’une maîtrise en science à Stanford. Il fera notamment une carrière dans une agence de production de contenus audiovisuels.

Cour des comptes Principale institution de contrôle des finances publiques et de régulation des abus dans la gestion de la chose publique, les rapports de la Cour sont particulièrement attendus. Un de ses principaux enjeux est la continuité de la production de rapports de qualité, d’assurer la mise en place du suivi des plaintes et des recommandations et de continuer à accompagner les processus de déconcentration et de décentralisation. A sa tête depuis 2012, Driss Jettou est né en 1945. Il est détenteur d’un DES en sciences physiques et Chimie à Rabat et d’un diplôme de gestion au Cordwainers Colleges à Londres en 1968. Il a été à la tête de plusieurs entreprises privées et a occupé plusieurs postes dans ce cadre en tant que membre du patronat marocain. Il a aussi été plusieurs fois ministre que ce soit de l’Industrie, des Finances, de l’Intérieur et Premier ministre. Il a un certain temps été à la tête de l’ONA.

Crédit Agricole En période de sécheresse, comme cette année, le Crédit Agricole du Maroc joue un très grand rôle dans le maintien de la paix sociale dans les campagnes. Pour ce faire, un de ses principaux enjeux est le renforcement de ses fonds propres et l’accompagnement de la mise en place d’une classe moyenne rurale, notamment en gérant le recouvrement dans un secteur hautement volatil et sensible politiquement. Tarik Sijilmassi, son actuel PDG, a été nommé en 2003. Il est né en 1963 et diplômé de HEC Paris. Il est notamment passé par la BCM et a acquis de fines connaissances dans l’économie rurale et le développement territorial.

Onhym Ayant pour mission la promotion du secteur des hydrocarbures et des mines au Maroc (en dehors des phosphates), l’Onhym est appelé à maintenir l’attractivité du Maroc dans ce cadre-là. Les découvertes intéressantes des dernières années ont fini par placer relativement le Maroc dans le radar des opérateurs internationaux. L’Onhym est aussi partie prenante dans les projets gaziers du royaume et de l’avenir du Gazoduc Maghreb Europe, une des principales infrastructures nationales dans ce domaine. A sa tête depuis sa constitution en 2005, Amina Benkhadra est issue de la maison. Née en 1954, elle est lauréate de l’Ecole nationale supérieure de la mine de Nancy en 1978. Elle est détentrice d’un PhD en Mines Paris tech en 1981 en plus d’une formation certifiante en gestion à Columbia. Elle a été nommée directrice au BRPM en 1998 et de l’ONAREP en 2000. Après la fusion et la création de l’Onhym elle en devient directrice. Elle a aussi été ministre de l’Énergie et des mines en 2007, mandat durant lequel elle a mis en place la stratégie énergétique toujours en cours aujourd’hui.