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Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Asmex

Interview février 2020

Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Asmex

Entre ALE désavantageux et industrie nationale défaillante, l’offre exportatrice n’arrive pas à se démarquer. Une situation qu’analyse pour nous le président de l’Asmex dans un entretien lucide.

La CGEM vient d’élire un nouveau patron hier. Quelle est votre réaction à chaud par rapport au binôme gagnant?

J’ai toujours dit que la CGEM était indispensable pour le pays, mais elle n’est pas la seule. La CGEM est ce qui se rapproche le plus d’un médecin généraliste, mais on a également besoin de spécialistes dans différents domaines et secteurs à l’instar de l’Asmex dans le domaine de l’export et des relations commerciales entre le Maroc et les différents pays. Et puis il ne faut pas oublier la petite et moyenne entreprise qui, malheureusement, ne se sentent pas assez représentées et ont pris la décision de créer des instances alternatives à l’instar de l’UGEP. Concernant le binôme, c’est un tandem qui n’est pas mal et qui reste porteur d’espoir car ce sont des gens jeunes et ont vécu et suivi l’évolution du pays. Chakib Alj est un industriel averti, il a roulé sa bosse. Quant à Tazi, c’est un jeune ambitieux qui a fait ses preuves. J’aime beaucoup les gens ambitieux. 


L’Asmex a réagi vigoureusement au PLF 2020, que reprochez-vous à Benchaâboun?

Je ne lui reproche rien, au contraire. C’est un monsieur que je respecte et qui était mon banquier dans une autre époque. Sauf que les mesures apportées dans la nouvelle loi de Finances ont scié la branche sur laquelle sont assis les exportateurs. Elle présente même des risques majeurs de fragilisation des exportations et des parts de marchés acquises, et freine la dynamique de leur développement. Je citerais par exemple parmi ces mesures rédhibitoires la suppression de l’exonération quinquennale sur les nouvelles créations d’entreprises exportatrices et le relèvement du taux de l’IS que ce soit pour les entreprises ayant le Statut CFC ou celles installées dans les Zones Franches d’Exportation. La seule chose qu’on peut reprocher c’est d’avoir suivi des instructions.

Quelles instructions?

Je le dis tout haut, je sais que la France avait dépêché, lors des discussions de haut niveau, un émissaire qui est venu «nous donner des leçons». Vous savez, les Français n’aiment pas beaucoup les zones franches car ils savent que cela représente une concurrence pour eux. Nous refusons cela.

Mais sans ces mesures, le Maroc risquait de se retrouver sur la liste grise des paradis fiscaux de l’UE européenne…

Je sais que Benchaâboun est un nationaliste, mais quand il y a des négociations, on doit être plus ferme dans la défense des intérêts du pays. Ce n’est pas parce qu’on me dit de me lever que je dois le faire. Il faut argumenter et faire face aux menaces de l’Union européenne. Car qu’est-ce qu’on nous reproche finalement? De donner des avantages à des nationaux? Mais ils font la même chose chez eux!

Pourquoi vous n’êtes pas intervenus à la deuxième Chambre pour rectifier le tir dans ce cas?

Nous l’avons fait. Nous nous sommes mobilisés, mais le ministre du Commerce et celui des Finances, convaincus du bien-fondé de notre démarche, nous ont promis une compensation et s’y sont engagés. C’est la raison pour laquelle nous avons enterré la hache de guerre. Sauf que cela va faire un mois que la loi de Finances a été votée, on attend toujours. Il a bien été convenu de créer une commission pour travailler sur le texte de loi de 2021, mais telles que les choses sont allées, ça va être encore la même rengaine l’année prochaine. En attendant, l’exportateur est perturbé et ne sait pas sur quel pied danser. Il préfère donc temporiser et c’est ce qui crée ce fameux climat d’attentisme qui handicape fortement la compétitivité de l’offre exportable de notre pays. Les choses se seraient passées différemment si on nous avait contactés en amont.

Il y a un manque de concertation avec le gouvernement?

Un canal de communication est installé, mais on peut faire mieux. Vous savez, lors des Assises de la fiscalité, l’Asmex avait présenté un document exhaustif avec des propositions concrètes pour que l’export soit érigé en secteur productif. Mais nous n’avons pas de retour. Ce manque de visibilité est de nature à inciter les opérateurs à ne plus être sérieux et basculer vers l’informel.

Justement en parlant d’informel, il y a un secteur qui contribue pour beaucoup à l’activité exportatrice marocaine qui est le textile. Comment est-ce qu’il se porte?

Il ne se porte pas très bien. L’informel est un fléau pour ce secteur. Comment voulez-vous que des sociétés bien structurées avec un patron, un gestionnaire, un chef comptable, qui présentent leur bilan et paient leurs impôts puissent s’en sortir face à des personnes qui louent un garage, y installent des machines et commencent à travailler sans êtres patentées ni payer de TVA? Je pense qu’il est temps pour l’État d’instaurer une amnistie pour le secteur et prévoir d’éradiquer l’informel à horizon 2022. Il faut bien sûr que ça se fasse en concertation avec les opérateurs dans le cadre d’un partenariat, mais il faut que le taureau soit pris par les cornes. On se fixe une date avec des objectifs et on s’y engage.

Pourquoi n’arrive-t-on pas à mutualiser l’outil de production afin d’adresser les USA dans le cadre des quotas dont nous disposons et qui n’ont jamais été utilisés?

Vous savez, ces dernières années, surtout dans le secteur du textile, le fisc a eu la main lourde. Ce qui a créé un climat de méfiance qui est venu s’ajouter à celui déjà ambiant. Tout le monde a peur, le riche a peur et le pauvre a peur. Comment voulez-vous mutualiser sans climat de confiance.

En l’espace de 4 ans, plusieurs ministres français ont sévèrement critiqué la délocalisation des entreprises françaises, notamment celles opérant dans l’industrie automobile. Quelle lecture faites-vous de ces déclarations?

Je pense qu’ils ont peur. Bruno Le Maire a d’ailleurs été le dernier ministre en date à tenir ces propos et je ne lui en veux pas. Quelque part, lui aussi défend son pays. Mais il faudrait qu’il comprenne que nous avons beaucoup d’avantages et que nous avons signé plus d’une cinquantaine d’Accords de libre-échange. Il faut en profiter et booster la production marocaine. Attention toutefois, la mise à niveau des écosystèmes a été lancée en retard, il faut la généraliser et ne pas se contenter uniquement de l’industrie automobile.

Ne pensez-vous pas que c’était une erreur de faire de cet écosystème le fer de lance de l’offre exportatrice alors que nous dépendons fortement d’aléas internationaux?

Oui je suis tout à fait d’accord. Si demain, une décision française tombe et fait fermer les deux usines (Renault et PSA, ndlr), comment allons-nous réagir? Cela fragilise l’économie. C’est pour ça qu’il faut réfléchir autrement et faire attention à ce que nous allons signer. Arriver à industrialiser l’ensemble du pays est une priorité.

Il faudrait donc revoir le Plan d’accélération industrielle?

Pourquoi pas. Rien n’est figé. L’idée n’a pas du tout changé mais il faut pouvoir réajuster et rectifier le tir.

Si ça ne tenait qu’à vous, quel est le plan industriel que vous auriez privilégié?

La vérité, tous les secteurs sont prioritaires car nous sommes très dépendants de l’extérieur. Nous importons quelque chose comme 42 milliards de dirhams alors que nous n’exportons que 22 ou 23 milliards, en comptant les voitures et les phosphates. C’est pour cela que l’Asmex, et c’est d’ailleurs une première dans le pays, a préparé une étude de l’offre exportable marocaine qui va être bientôt dévoilée. Ses conclusions sont choquantes et c’est là qu’on se rend compte que nous sommes une coquille vide. Il faut absolument revoir notre offre. Il faut également des ports secs. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui importe pour Marrakech doit passer par Casablanca ou par Tanger. Sans compter les régions éloignées qu’il faut aider. L’aide au transport pour les villes enclavées a été votée au Parlement il y a deux ans, mais rien n’a encore été fait.

Quid du Plan Maroc Vert?

Je ne veux pas être médisant mais il y a eu plusieurs erreurs qu’il va falloir rattraper. On ne s’est pas occupé de la commercialisation par exemple. Nous avons planté sans savoir qui allait acheter. Il faut également savoir ce qu’on va planter afin de servir l’industrie agroalimentaire. Je trouve anormal que le Maroc importe des produits alimentaires avec tout le potentiel dont il dispose en ce domaine. Je trouve aussi anormal qu’on soit les derniers à se positionner sur les produits halal. Ce marché représente pour les États-Unis 2.000 milliards de dollars d’exportations. Pour ce sujet, nous n’avons cessé de réclamer au ministère du Commerce la mise en place de formule de labélisation gratuite, ou tout du moins à un prix symbolique pendant 3, voire 5 ans. De quoi permettre aux opérateurs de se structurer, et au-delà de ce délai, celui qui n’est pas certifié paie plein pot.

On a pourtant l’impression que l’agro-alimentaire est un pan à part entière dont vous ne vous occupez pas. La promotion des exportations agricoles est-elle une chasse gardée du ministère?

Vous savez, cette question a déjà été discutée et une décision est tombée: l’agriculture et la pêche d’une part et le reste des exportations de l’autre. Que voulez-vous que je vous dise, c’est dommage, surtout quand on connaît le potentiel du secteur.

Quel bilan faites-vous des ALE signés par le Maroc?

Il est négatif à tous les niveaux. Il n’y a pas un seul pays avec lequel nous avons signé un accord dont nous profitons. Il faudra revisiter ces accords un par un. Mais attention, je répète qu’il ne s’agit pas de tout remettre en question. Il faut capitaliser les acquis et développer ce qui doit l’être.

Pourtant, les ALE ont été établis à la base pour encourager les entreprises à s’exporter. Comment expliquez-vous cet échec?

Prenons l’exemple de l’accord qu’a signé le Maroc avec la Turquie. Nous nous sommes adressés à ce pays à la demande des textiliens. À l’origine, les Marocains ne fabriquaient pas de fil. La seule société qui le faisait, Sefita, avait mis la clé sous la porte. Sans fil, pas la possibilité de fabriquer du tissu et sans tissu, impossible de confectionner. Ce qui cantonnait les entreprises du secteur à vendre uniquement de la minute. L’idée était alors de s’adresser aux Turcs, qui avaient un accord commercial avec l’UE, afin de s’approvisionner en fil et tissus et ainsi fabriquer nous-mêmes du tissu et du prêt-à-porter. Ce qui nous permettrait in fine d’obtenir les 40% de valeur ajoutée locale exigée pour exporter à notre tour. Sans compter que la Turquie fabriquait des produits de substitution qu’on importait plus cher de l’UE. Le consommateur marocain allait donc bénéficier du frigidaire, de la machine à laver, du moteur… à des prix beaucoup moins chers. Sauf qu’entre-temps, les Turcs, fabricants de fil, ont tout de suite monopolisé l’achat de la fibre. Et la meilleure fibre sur le marché étant égyptienne, la Turquie a commencé à acheter toute la fibre en provenance d’Égypte. Ensuite, ils ont modernisé leurs usines grâce à l’informatisation et à la robotisation. Quand vous visitez une fabrique turque, la moitié de l’usine est composée d’ordinateurs et l’autre moitié de travailleurs équipés de machines sophistiquées. Tout se fait au laser. Ils fabriquent leurs propres modèles, qu’ils soient inventés ou copiés sur d’autres marques, puis confectionnent et inondent les foires et différents Salons internationaux. C’est là que les plus grands acheteurs passent commande. Le Maroc n’a pas réussi à suivre le rythme en sachant que nous disposions d’un avantage de taille: l’accord prenait effet dès sa signature pour nous, c’est-à-dire qu’on pouvait exporter les quantités qu’on voulait, mais a été étalé sur plus de 10 ans pour les Turcs en diminuant progressivement les droits de douane sur leurs importations. Cela devait permettre à l’entreprise marocaine de se réformer, d’améliorer sa compétitivité et de devenir concurrentielle. Ça n’a pas été le cas.

Et quel est le secret de la réussite du modèle exportateur turc?

Ce travail de réforme et de modernisation a été fait grâce à un accompagnement du gouvernement. La logistique est payée par le gouvernement turc, le financement est accordé à des taux défiant toute concurrence. Sans compter que la lire turque est constamment dévaluée. Une fois durant les années 2000, elle a même baissé de 10% par mois. Ils ont également droit à des bonifications que nous n’avons pas au Maroc.

Quelle sorte de bonification?

Des bonifications de change. Lorsqu’en tant que Marocain, je vends une marchandise pour 100 euros, j’obtiens un taux de change à l’achat de 10,3 dirhams. Si j’étais en Turquie, j’aurais eu droit aux 11,43 dirhams en totalité. L’État pénalise également l’importateur afin de favoriser la consommation interne. Lorsque le Turc veut importer un produit, la Banque centrale de son pays ne lui accorde pas un taux préférentiel et l’oblige à s’acquitter d’une taxe qui varie en général entre 4 et 7%, sauf lorsqu’il s’agit de matière première.

Il faudrait donc abandonner cet accord?

Vous savez, lorsqu’on regarde l’équation turque, sur les 100% des produits que nous importons, 40% se font en dehors de l’ALE. Les 60% qui restent sont composés à parts égales de matières premières, qu’on est obligés d’importer de toute façon, et de produits de substitution qui sont moins chers. Au nom de quel principe est-ce qu’on va priver les Marocains d’une chaussure à 50 dirhams ou d’une chemise à 30 dirhams? Nous avons commencé il y a deux ans à augmenter les droits de douane sur les produits turcs ainsi qu’à mettre en place des mesures antidumping. Est-ce que ça a stoppé les importations? Pas du tout. Je propose par contre de le revoir, surtout que de l’autre côté, on ne joue pas entièrement franc-jeu. Malgré tout ce qu’on peut dire, nous rencontrons des barrières non tarifaires et nos produits n’arrivent jamais à sortir de la douane turque. Sur ce coup, je dis chapeau à Moulay Hafid Elalamy car nous parlons enfin le même langage. D’ailleurs l’Asmex a été contactée et nous avons livré nos recommandations sur ce point précis.

Justement, quand on sait qu’avec ou sans accord, les importations en provenance de Turquie continueront à se faire, ne se trompe-t-on pas de suspect en pointant du doigt l’ALE?

C’est vrai que la compétitivité marocaine est à pointer du doigt puisqu’avec ou sans ALE nous dépendons de plusieurs pays pour beaucoup de produits. Nous avons beaucoup parlé de la Turquie. Supposons même qu’on revoie l’accord de libre-échange à notre avantage, qu’on impose des droits de douane de 100, voire 150%, qu’on interdise certaines importations et qu’on leur demande d’investir davantage au Maroc, que représentent les 16 milliards de dirhams de déficit commercial enregistré avec la Turquie face à celui avec les États-Unis ou avec l’Europe. L’offre marocaine est trop chère et n’est pas assez variée et le royaume reste un petit producteur avec un petit marché.

La participation marocaine aux différents salons et foires organisés à l’étranger est très assidue, pourtant l’efficacité d’une telle présence est mitigée et pointée du doigt par certains opérateurs. Qu’avons-nous concrètement accompli grâce à cette participation?

Tout le monde ne participe pas à ces foires et événements. Vous avez seulement 5 exposants grand maximum qui se déplacent pour chaque secteur. Et puis le temps de la fraude que vous évoquez est révolu, l’administration s’est réveillée et même les fraudeurs ont compris que c’était  une question sérieuse et qu’il fallait travailler dur pour une meilleure exposition de l’offre nationale. D’ailleurs, pour éviter de toujours devoir partir à l’étranger, j’ai proposé au ministère du Commerce d’aménager le parc d’expositions de l’Office des Changes à Casablanca et y faire une exposition permanente comme ce qui se fait dans d’autres pays.

Que vaut aujourd’hui le label «Made in Morocco»?

Pour le moment zéro. Je me rappelle il y a 40 ans, quand j’étais encore directeur à la BMCE, les exportateurs d’agrumes apposaient le fameux losange sur les oranges comme label du made in Morocco. Le Maroc avait à l’époque signé un contrat de 400.000 tonnes avec la Russie. Seulement voilà, 2 ou 3 ans plus tard, d’autres pays ont copié ce losange pour écouler leurs produits et personne n’avait réagi à l’époque. Il faut changer ça. Nous sommes justement en train d’opérer une refonte en partenariat avec le gouvernement et qui sera présentée d’ici la fin de l’année. Toutes nos exportations porteront dorénavant la griffe Made in Morocco.

Vous aviez l’habitude d’intervenir régulièrement sur les problématiques de la pêche au Maroc. Mais on ne vous entend plus ces derniers temps. Pourquoi ce silence?

Non je continue toujours d’agir au sein de la Fenip (Fédération des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche, ndlr). Il est vrai qu’il y a des problèmes au niveau du ministère de la Pêche, mais vous savez, c’est épineux comme dossier. Nous vendons notre ressource halieutique à plus de 130 pays dans le monde et le Plan Halieutis prévoyait 1,2 million de tonnes de pélagiques destinées essentiellement à l’Union européenne et la Russie, mais nous n’avons pas assez de matières premières pour développer une industrie de transformation.

Quelles sont vos projections pour cette année?

Nous avons beaucoup investi dans les infrastructures, dans l’immobilier mais nous avons abandonné l’industrie. C’est une logique de rente. La seule solution c’est de réinvestir dans l’industrie et l’accompagner vers l’export. Vous savez, le problème au Maroc est que nous avançons, mais dans la pagaille. Chaque parti qui vient essaie d’imposer une certaine façon de faire les choses puis tout est changé à l’arrivée d’un autre parti et ainsi de suite. Le seul optimisme que je peux me permettre est pour 2030 à condition que le changement commence aujourd’hui.

Vieux loup de mer
Ceux qui côtoient Hassan Sentissi connaissent la loquacité du personnage. Loin du politiquement correct, il n’hésite pas à dénoncer, parfois avec verve, les travers de son secteur. C’est ainsi qu’il se fait remarquer en 1997 quand il «tient tête» à Hassan II sur la question des accords de pêche entre le Maroc et l’Union européenne. Des qualités qui valent au vieux routier la présidence de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) en 2013 Poste qu’il occupe pour deux mandats de 3 ans, avant d’être prié d’assurer un troisième mandat exceptionnel. Et c’est avec le même franc-parler qu’il a décortiqué avec nous la situation des exportateurs. Celui qui affirme volontiers que son avenir est déjà derrière lui et qui assure refuser un portefeuille de ministre s’il lui est proposé a fait fortune à la tête de son groupe Copelit, créé en 1986 et basé à Laâyoune, qui opère dans la pêche et la valorisation des produits de la mer. Sentissi ne cache d’ailleurs pas son désarroi face à la gestion du secteur par le département de tutelle. Un mécontentement qui s’étend pour toucher également le gouvernement PJD.