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La Monarchie est au cœur de la CSMD

Point de vue février 2020

La Monarchie est au cœur de la CSMD

Voilà 10 ans que le Maroc connaît un ralentissement économique qui ne semble pas s’arrêter de si peu. Dix ans de croissance molle, de baisse de confiance, de baisse de l’investissement, et de dégradation des indicateurs macroéconomiques.

Même si le cycle moyen des crises de par le monde ne dépasse guère les cinq ans, au Maroc ça fait quand même une décennie que ça dure, au point de se poser de sérieuses questions sur ce qui se passe dans notre pays. Si le passage des islamistes au pouvoir a démontré que le Maroc pouvait être un modèle démocratique unique dans le monde arabe, il a eu tout de même des effets dévastateurs sur le développement économique et social. A cela s’ajoute la prédominance d’une idéologie de gouvernance darwiniste, un capitalisme sans pitié, qui favorise la sélection naturelle, et qui a engendré au Maroc une véritable hécatombe. En 2019 seulement, selon Inforisk, le spécialiste des bases légales, 8.439 entreprises ont mis la clé sous le paillasson, soit, tenez-vous bien, une entreprise par heure!

Conscient de cette descente aux enfers, l’Etat profond n’a pas manqué d’envoyer de temps à autre ses lanceurs d’alertes. Rappelez-vous les multiples sorties du gouverneur de Bank Al-Maghrib, du Haut-Commissaire au Plan ou des rapports critiques de la Cour des Comptes. Ce fut le cas, encore une fois, fin janvier 2020. Devant les élus de la Nation, Driss Jettou a présenté le rapport 2018 de la Cour des Comptes avec en filigrane un bilan très critique de l’état de la nation. Les 250 représentants du peuple présents sont sortis sonnés par le poids des propos de cet homme de 73 ans, qui a côtoyé feu Hassan II et le Roi Mohammed VI depuis près de 40 ans et qui de surcroît, est auprès de Chakib Benmoussa la force tranquille de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD).

Pour tenter de mettre un terme à cette crise, il y a deux ans le Souverain avait proposé de repenser le modèle de développement, et depuis son annonce officielle en novembre 2019, on ne parle plus que de la CSMD. Ce sigle est tartiné dans tous les discours, au point de craindre que tous les espoirs de notre pays ne soient suspendus à cette commission.

Puisque c’est la seule solution sur la table, il faut donc que ça marche. Pour transporter le Maroc d’un modèle vers un autre, il faut que toutes les parties prenantes y participent en bonne intelligence. C’est là un effort demandé à tous les Marocains et toutes les institutions, et la Monarchie a un rôle clé à jouer dans ce grand moulin à eau. Mais entendons-nous, il ne s’agit nullement de réduire ses prérogatives. Au contraire, depuis 2011 on a compris qu’il s’agissait d’un faux débat. Il est question de rehausser la perception et la crédibilité de l’institution pour s’adapter aux contingences de la nouvelle ère. Vous avez aujourd’hui des jeunes écervelés qui s’expriment sans aucune réserve sur les réseaux sociaux sur des sujets hautement sensibles avec un impressionnant magnétisme. Ça c’est le nouveau monde auquel nous devons nous adapter.

La Monarchie a rendez-vous avec l’Histoire. Elle doit saisir l’opportunité du nouveau modèle de développement pour s’adapter à son époque. Il ne s’agit pas d’ouvrir des comptes sur Facebook pour se fondre dans cet univers virtuel, mais de s’inscrire dans une posture suprême, qui prône la méritocratie, l’exemplarité incarnée afin de crédibiliser davantage sa fonction et ses prérogatives. Mais pour ce faire, une profonde remise en question est nécessaire. Il s’agit d’inscrire avant tout la Monarchie en phase avec son époque, et la mettre en droite ligne avec les discours du Roi qui prônent ces mêmes déterminants du nouveau modèle de développement.