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L’année rattrapage

Entreprises janvier 2020

L’année rattrapage

En deux ans, l’indice phare de la Bourse de Casablanca fait du surplace. Et rares sont les titres qui se démarquent du lot. Retour sur ceux qu’affectionnent particulièrement les investisseurs.

Coupée dans son élan en 2018, la Bourse des valeurs de Casablanca parvient un an plus tard à renverser la tendance. Sur les traces des principaux marchés mondiaux, le Masi a entamé l’année sous de bons auspices en empruntant un mouvement ascendant, puis peine pendant plusieurs mois à franchir la barre des 11.500 points, avant de poursuivre son rallye haussier (1). D’un point de vue macroéconomique, «le maintien des taux à leurs niveaux actuels, historiquement bas, devrait continuer à favoriser le marché actions dans les choix d’allocations d’actifs, notamment des investisseurs institutionnels. S’y ajoute la reprise probable du marché à horizon de 12 mois portée par un léger redressement économique de la zone euro (+1,4% prévu en 2020) après deux années de ralentissement (+1,9% en 2018 et +1,2% en 2019)», analyse CFG Research. Le marché est qualifié de «stable avec des niveaux de valorisation proches des niveaux normatifs» par les analystes et «les perspectives de croissance de la masse bénéficiaire pour 2019 et 2020 stables à positives», fait valoir la cellule recherche de CFG. Retour sur ces titres qu’affectionnent les investisseurs.

HPS: croissance jupitérienne

HPS n’en finit pas d’accumuler les performances spectaculaires. Depuis 2016, la valeur a engrangé une plus-value stratosphérique (+660%). Mais ce n’est pas un sans-faute en Bourse, puisque le spécialiste des solutions monétiques a trébuché pour la première fois dans sa longue série de hausse. Au premier semestre, les profits du spécialiste de la monétique se sont inscrits en repli de 5% sous l’effet d’un coût de dette dont les charges financières pèsent plus lourd du fait de la stabilité du dollar. Le management impute également la baisse des profits au premier semestre 2019 à la forte imposition des résultats au Maroc comparés à d’autres marchés. Ce retrait des résultats semestriels n’a pas d’effet sur le cours en Bourse et l’investisseurs croit au potentiel de rattrapage du titre. Ce doux retour sur terre n’a pas de quoi inquiéter le top management qui croit à un rapide retour à la normale avant la fin de l’année. Chose promise, chose due: le groupe termine ce trimestre au vert et comble les attentes du marché. Il faut dire que HPS repose sur un sous-jacent économique solide. Le spécialiste des solutions monétiques doit sa progression à l’articulation de l’activité Solutions et l’activité Processing. À fin septembre, ses produits d’exploitation sont en augmentation de 12% depuis le début de l’année, à 498 millions de dirhams. Cette embellie est le fruit de la croissance continue des activités upselling et processing (+18% à fin septembre) qui ont pu compenser le repli de l’activité services (-11% à fin septembre), souligne un communiqué du groupe.

Pour ce qui est de l’endettement, il demeure relativement stable. Le groupe n’a effectué aucune dépense d’investissement durant cet exercice. Le cours de l’action sur le marché s’échange aux alentours de 3.675 dirhams, en nette appréciation par rapport à son cours de l’année dernière, à niveau assez proche de son plus historique franchi à plus 3.800 dirhams enregistré en octobre dernier. Rappelons que HPS a joué un rôle déterminant dans le passage à l’interopérabilité du secteur bancaire au Maroc en tant que fournisseur de la solution technique mais aussi en sa qualité d’éditeur du logiciel via HPS Switch.

Marsa Maroc: la JV dope le cours

Le cours de Marsa, dont la pente ne cesse de grimper (plus de 30% de hausse) depuis son introduction, attire de plus en plus d’investisseurs. L’unique opérateur portuaire coté présente, aux yeux des analystes, un profils de croissance attrayant. En ce sens, l’opération de JV récemment conclue avec les sociétés Eurogate International GmbH et Contship Italia S.p.A, pour l’entrée dans le capital de Marsa International Tangier Terminals S.A (MINTT), a été bien reçue par les marchés. Ceci dit, Marsa Maroc continue d’afficher des réalisations au beau fixe. En effet, le chiffre d’affaires consolidé de l’opérateur portuaire s’élève à 2,17 milliards de dirhams à fin septembre 2019, en appréciation de 7% par rapport à une année auparavant. Le trafic global traité sur la même période sur l’ensemble des filiales s’est établi à 28,3 millions de tonnes, en progression de 3%, sous l’effet conjoint de l’embellie du trafic conteneurisé (+10%) par rapport à 2018 et du vrac de 1,3% tiré par le traitement exceptionnel du charbon destiné à la nouvelle centrale électrique de Safi. Les investissements engagés par la Sodep au terme de T3 2019 s’élèvent à 408 millions de dirhams et concernent principalement l’apport en capital dans la filiale Tanger Alliance (282 millions de dirhams) ainsi que divers équipements d’exploitation au port de Casablanca. A noter que la compagnie affiche toujours pour ambition de s’externaliser sur le continent. Après la mésaventure du Ghana, l’exploitant portuaire ne renonce pas pour autant à ses ambitions, en participant notamment il y a quelques mois à un appel d’offres au Cameroun pour l’exploitation du port de Kribi. En décrochant une concession en Afrique, Marsa Maroc passera sans doute un nouveau cap de croissance.

Lesieur Cristal, le titre défie les résultats

Lesieur Cristal marque l’une des plus belles croissances de l’année. Avec une performance annuelle de 30% (au 25/12/2019), le titre s’est maintenu en hausse tout au long de l’année malgré la frilosité de la conjoncture. L’environnement économique qui prévalait en 2018 s’est poursuivi en 2019. Selon les derniers résultats de l’entreprise, l’activité a connu un ralentissement de l’activité commerciale induit par la décélération de la consommation des ménages, conjugué à un faible niveau des exportations des huiles de table et savons, sans effet sur la tendance empruntée par l’action depuis le début de l’année. Le chiffre d’affaires à fin septembre 2019 ressort en retrait de 11% par rapport à 2018, à 2,9 milliards de dirhams, sous l’effet conjoint de l’essoufflement des ventes durant la période estivale et le net recul des prix de vente en répercussion de la baisse des cours d’achat des huiles, souligne l’enseigne dans son communiqué. Par ailleurs, le trimestre a enregistré le redémarrage de l’activité trituration en vue du traitement des graines de tournesol et colza issues de la campagne nationale. Il y a également lieu de noter l’effort d’investissement déployé en 2019 et qui s’élève à 17 millions de dirhams, qui a porté principalement sur la modernisation et le rajeunissement de ses installations et outils de production. Dans ce sens, Lesieur Cristal a mis en œuvre un plan d’action ambitieux pour regagner des parts de marché en particulier sur la marque Lesieur, grâce à l’opération promotionnelle de grande envergure «Chahria». Le top management a annoncé la réduction des coûts dans le but d’améliorer la compétitivité, en plus d’augmenter l’efficacité commerciale et de renforcer la synergie du groupe par la création de «Tawzii Lesieur Cristal», société dédiée à la distribution de la margarine de la filiale Indusalim et des nouveaux produits de Lesieur Cristal._

Label’Vie, l’année s’achève sur un sprint

Meilleure performance boursière de l’année (51%), la performance annuelle en Bourse vient consolider la course effrénée aux parts de marché. Label’Vie détient en effet une part de marché de 30,18% sur l’ensemble des segments sur lesquels il se positionne. Le Groupe a franchi cette année le palier de 100 magasins entre hypermarchés Carrefour, supermarchés Carrefour Market (+70) et magasins Hyper-Cash Atacadao. Un rythme qui permet à l’enseigne d’améliorer le mix produit et d’étendre le concept à d’autres villes du Royaume. Au 3e trimestre, le montant de l’investissement consenti s’élève à 176 millions de dirhams. A fin septembre, l’investissement global atteint les 400 millions de dirhams. Côté ventes, le chiffre d’affaires est monté à 2,9 milliards de dirhams au 3e trimestre, en hausse de 17% par rapport à la même période de l’exercice précédent. L’évolution a été réalisée grâce aux bonnes performances de l’ensemble des segments d’activité du groupe: supermarchés «Carrefour Market» en progression de 13,8% des ventes, hypermarchés «Carrefour», en progression de 6,9%. L’hyper cash «Atacadao» confirme une nette augmentation des volumes de ventes en enregistrant une progression de 27,3% comparé à la même période de l’exercice 2018. Par ailleurs, Label’Vie a procédé au reprofilage de l’encours de sa dette privée à travers l’émission de nouvelles obligations réservées aux porteurs des obligations existantes ainsi qu’à de nouveaux investisseurs. A travers cette émission, le spécialiste de la distribution veut optimiser son coût d’endettement en profitant de la baisse des taux sur le marché mais surtout renforcer son haut du bilan par un reprofilage de sa dette long terme.

Cosumar superforme le marché

Autre valeur prisée pour la compagnie sucrière marocaine, Cosumar, qui a affiché des performances positives sur l’ensemble de l’année avant de signer une performance annuelle à deux chiffres (26%). Le chiffre d’affaires consolidé de Cosumar était de 6,26 milliards de dirhams à fin septembre dernier, contre 5,88 milliards de dirhams une année auparavant. Cette évolution s’explique, selon le management, par les ventes réalisées à l’export durant ladite période. Les dépenses d’investissement du Groupe (CAPEX) se sont élevées à 605 millions de dirhams au T3 2019, contre 402 millions de dirhams une année auparavant grâce aux projets initiés par la compagnie dans le développement de son efficacité énergétique, et l’amélioration de ses capacités de stockage. Idem pour l’endettement net qui a marqué une progression notable, s’établissant à 2,07 milliards de dirhams à fin septembre dernier contre 1,04 milliard de dirhams il y a un an. Par ailleurs, la compagnie a conclu un partenariat stratégique avec les acteurs saoudiens de la Consolidated Brothers Company, l’Industrial Project Development Company et Wilmar, dont l’objectif est de mettre en place une usine de production au niveau du port industriel de Yanbu, en Arabie Saoudite. Il est attendu que la production de cette unité s’établisse à 840.000 tonnes (durant le T4 2019), qui ira en premier lieu alimenter le marché saoudien, mais aussi les pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). Pour l’année 2019, les analystes d’Upline estiment que le Groupe Cosumar devrait profiter d’une perspective favorable pour la campagne sucrière, en raison de la bonne répartition de la pluviométrie en début de campagne et de l’amélioration du taux de remplissage des barrages à usage agricole.

L’évolution du Masi n’est pas complètement déconnectée des cours des principaux indices boursiers à l’international. Le CAC40 par exemple boucle sa plus belle année depuis 1999. Outre-Atlantique, Wall Street a poursuivi son ascension atteignant de nouveaux sommets. La place américaine reste portée par l’amélioration des perspectives sur l’économie mondiale après l’annonce de la première phase de l’accord entre les Etats-Unis et la Chine.