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Influence digitale, Une ressource encore négligée

Point de vue janvier 2020

Influence digitale, Une ressource encore négligée

Depuis quelques années, il est indéniable que tout est mis en œuvre pour présenter une image plus moderne et développée du Royaume à l’international. La stabilité politique du pays est remarquable et ne passe pas inaperçue auprès des institutionnels et des investisseurs internationaux. La politique de développement du pays est sur de bons rails et son Doing Business est positivement perçu. Cela est en effet hyper palpable au vu de l’augmentation exponentielle des kilomètres d’autoroutes, la modernisation des télécoms, le e-gov effectif et même dans les projets d’assainissement, d’électrification des zones rurales, et d’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national. Tout semble au beau fixe! Le Maroc peut s’enorgueillir d’une certaine modernisation avec des infrastructures au top comme Al boraq (première ligne à grande vitesse en Afrique), Tanger Med 1 et 2 (plus grands ports d’Afrique), les centrales solaires Noor à Ouarzazate, les nouveaux terminaux à Marrakech, Casablanca,… ou encore la réalisation des ponts à haubans (Mohammed VI, Sidi Maarouf),… et ce n’est pas fini, d’autres projets tout aussi structurants sont en cours!

Incontestablement, le Maroc est une vraie pépite régionale, toutefois mal valorisée, mal marketée et surtout bourrée de paradoxes. Car il est une réalité qui nous rattrape, bien triste celle-là, et qui vient de l’intérieur. Une réalité insolemment négative ressentie par l’ensemble de la population marocaine. Une crise de confiance est bel et bien établie. Nonobstant l’atonie économique et le périclite du système éducatif, la mutation sociale que connaît le Royaume n’est pas non plus sans conséquence sur l’ambiance qui règne et sur le moral des Marocains. L’impact de ces mutations, notamment concernant les libertés individuelles, les inégalités entre les sexes, le droit des enfants,… ; beaucoup de problèmes à l’intérieur du pays qui viennent entacher l’image vendue à l’échelle internationale.

Le plus déplaisant dans ce triste tableau, c’est que ce sont les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) qui sont utilisées pour diffuser les informations qui ternissent cette image. Aujourd’hui, nul ne peut nier la puissance des réseaux sociaux et les autorités pourraient peigner la girafe s’ils sous-estimaient leur impact. Qu’on le veuille ou non, les réseaux sociaux sont devenus des médias à part entière, avec lesquels le pays doit composer pour sa communication. La portée du cas de la journaliste Hajar Raissouni, qui nous a valu la Une du quotidien Le Monde, en est un cas édifiant.

On se pose alors la question: Pourquoi le royaume investit autant de millions de dirhams en communication dans des médias internationaux traditionnels (télé, presse,…) pour vendre une belle image à l’extérieur, alors que ce même royaume dispose de médias moins onéreux mais à double tranchant? Toutefois, si ces médias sont utilisés à bon escient, ils peuvent véhiculer des messages autrement plus impactants eu égard à une viralité mondiale. Pourquoi alors ne pas utiliser ces réseaux sociaux pour contrebalancer toute information dont la diffusion pourrait s’avérer nuisible selon les contextes et le timing?

Il est évident que pour mieux utiliser le potentiel des réseaux sociaux, il est recommandé de recourir aux influenceurs, aux youtubeurs, en somme, à des créateurs de contenus avec une forte valeur ajoutée… Diffuser un spot publicitaire sur une chaîne étrangère nécessite des budgets colossaux sans réel impact (la diffusion d’un spot de 30 secondes coûte environ 7.000€. Le dimanche, cette diffusion en milieu de journée peut atteindre 13.000€ voire plus sur les grandes chaînes internationales). Or nous savons tous que pour ancrer une image dans l’esprit des gens il faut du matraquage. Je vous laisse faire le calcul pour 10 à 20 spots en moyenne sur plusieurs chaînes, et cela sans aucune garantie de retour sur investissement, dans le contexte actuel de la digitalisation tous azimuts. Faire appel aux influenceurs (nationaux et internationaux) devient donc un choix de plus en plus incontournable pour obtenir des résultats worldwide, rapides et ciblés permettant d’optimiser le triplet: Audience, coût et ROI (Return on investment)!

Les monuments, les musées, les sites historiques, les ruines anciennes, dont regorgent le Maroc du Nord au Sud sont autant d’atouts qui peuvent, s’ils sont restaurés et structurés, être revalorisés et mis sur orbite par les créateurs de contenus, en l’occurrence les influenceurs (journalistes, bloggeurs, artistes, sportifs,… présents sur les réseaux sociaux). Si le royaume développe et met en valeur sa culture, les opportunités se créeront d’elles-mêmes et l’image internationale s’en trouvera revigorée. «40% des touristes du monde choisissent une destination de voyage à partir de son offre culturelle», déclaration faite par Neila Tazi, Présidente de la Fédération des Industries culturelles et créatives et Parlementaire, lors de son intervention aux «Mardis du tourisme» en novembre dernier. On comprend donc que la culture riche et diversifiée d’un pays contribue incontestablement à son rayonnement.

Il suffit d’utiliser les bons canaux, entre autres les influenceurs, pour une communication pertinente et impactante. Notre pays gagnerait à surfer sur cette vague pour sortir des eaux troubles du moment, car on a beau être bon au Doing Business, les valeurs culturelles et la confiance sociale sont une composante indissociable dans les relations économiques!