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Anachronisme

Enquête janvier 2020

Anachronisme

La montée en puissance des rôles économiques du ministère de l’Intérieur questionne sur le chemin qu’adopte le Maroc dans son modèle de gouvernance. Il est vrai qu’une gestion autoritaire de la sphère économique s’est déjà vue dans certains pays qui s’en sont sortis transformés. La Corée, le Vietnam, Singapour, la Turquie, le Brésil, le Chili, etc. ont connu des épisodes autoritaires ou dictatoriaux parfois sanglants durant en moyenne une vingtaine d’années qui ont permis de construire des économies fortes. Ces périodes noires se sont accompagnées d’un très fort investissement dans l’éducation et la construction d’élites intellectuelles, techniques et économiques et le renforcement des structures productives nationales. Le point commun de ces processus est qu’ils se sont faits durant la période de la guerre froide dans un monde bipolaire profitant des dividendes des combats idéologiques entre les deux blocs de l’époque. L’autre point commun est que tous ces pays se sont par la suite engagés dans des transitions vers la démocratie, la libéralisation de leur champ politique et économique et surtout une modernisation de l’administration et des modes de gouvernance. Le Maroc peut-il refaire la même séquence historique? Bien évidemment non. Pourtant, le renforcement de la prise en main économique qui se profile que ce soit via les différentes lois organiques ou les décisions politiques qui sont prises, laisse perplexe. Alors que le Maroc s’est engagé dans le processus de démocratisation, notamment à travers la Constitution de 2011, le pays ne peut pas faire l’économie d’une réforme profonde de son économie et de son administration à même de rendre réelles les promesses de 2011.   

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