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ADM étoffe son réseau

Entreprises décembre 2019

ADM étoffe son réseau

Après 30 ans à chauffer le bitume, ADM axe dorénavant ses priorités sur la préservation de l’environnement et la sécurité routière. Mais c’est sans compter sur la volonté des conducteurs à changer de comportement.

Les infrastructures de transport constituent un maillon central dans le circuit économique, mais quel rôle peuvent-elles jouer dans la promotion d’une mobilité durable? C’est ce à quoi s’est attelé un florilège de conférenciers (experts, investisseurs et acteurs marchands) en marge de la 3e édition de la conférence internationale sur la mobilité durable sous la thématique «Transport routier et mobilité durable pour un avenir durable». Tenu le 26 novembre dernier à Marrakech, l’événement qui coïncide avec le 30e anniversaire de la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM), a fédéré les experts du secteur routier des quatre coins du globe, venus débattre des enjeux stratégiques et poursuivre la réflexion autour du développement d’un écosystème de la mobilité durable, et explorer de nouveaux dispositifs de financement vert. Une réflexion engagée depuis l’accord de Paris, et qui aux yeux des experts exige un passage à l’acte et une mobilisation des acteurs publics et privés pour permettre à la «mobilité durable» d’aller au-delà du stade de concept. Bien que limitée, la part de responsabilité de l’autoroute (20% du trafic mondial) demeure, de facto, non négligeable. «L’autoroute joue un rôle phare dans la compétitivité des économies», rappelle Bill Halkias, président de l’IRF. Près de 30% des émissions des GES dans le monde proviennent en effet des transports et 95 % des routes. D’où la nécessité de converger vers des modes de transport décarbonés. 

Sécurité, trait saillant
L’engagement du Royaume pour ses enjeux économiques à forte empreinte écologique est porté par ADM. En l’espace de 20 ans, le réseau autoroutier national s’est étoffé pour atteindre 1.800 km et compte près de 1,2 million d’usagers par an. Avant de pouvoir accueillir un tel nombre sur ses différentes artères, ADM a dû prendre au fil des années des décisions opérationnelles ayant pour point commun: la sécurité et la préservation de l’environnement. Les ouvrages d’art, symbole fort du réseau autoroutier, en font la démonstration. Sur l’axe Rabat-Tanger-Port Tanger Med, le viaduc permettant de traverser la vallée Dar Foual sur 250 mètres devait être, à l’origine, un remblai autoroutier. Mais le risque de glissement de terrain menaçant l’agglomération voisine a fait pencher la balance en faveur du Viaduc et ses points d’appui ponctuels. Autre point de repère, témoin de l’ingéniosité des équipes d’ADM: près de Ksar Sghir, la construction du Viaduc Lechbaa a empêché en 2014 qu’un douar limitrophe ne soit emporté par les glissements de terrain provoqués par les précipitations. Outre l’aspect sécuritaire, plusieurs ouvrages témoignent de l’engagement d’ADM au profit de la protection de l’environnement. Si l’infrastructure s’avère une composante fondamentale de la mobilité durable, la sécurité routière n’en est pas moins importante. «La stratégie nationale de la sécurité routière, lancée entre 2004 et 2013, a permis de sauver près de 9.210 vies», avance la tutelle. En dépit de ces avancées, les accidents de la circulation causent encore près de 3.500 décès et 12.000 blessés graves annuellement, soit une moyenne de 10 tués et 33 blessés graves par jour. Eu égard à ces indicateurs qui demeurent en deçà des moyennes internationales rapportées à la population, le royaume s’est doté d’une nouvelle stratégie nationale de sécurité routière 2017-2026, en phase avec le plan mondial pour la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020 (Decade To Action For Safety), en fixant pour objectif la réduction du nombre de décès de la route de 50% d’ici 2026.


Incivilités au volant
Certes, chez ADM, on ne badine pas avec la sécurité. Sauf que ce n’est pas uniquement une affaire d’infrastructure. En cela, ADM aborde aussi la question de la sécurité autoroutière du point de vue des comportements des conducteurs au volant. Le baromètre marocain de la conduite responsable, commandé par la fondation VINCI, dresse des tendances assez préoccupantes. Cette vaste enquête conduite par le cabinet Ipsos dresse un état des lieux des comportements des Marocains au volant en vue d’identifier les conduites à risque. Il en ressort une série de pratiques récurrentes qui menace la sécurité routière. A commencer par la vitesse, considérée par les conducteurs marocains comme la principale cause d’accidents mortels sur les routes, devant la conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants (36 %). «Ils sont 66 % à l’identifier comme telle», note l’étude. Sur l’autoroute, ce ratio atteint les 77%. L’inattention est également l’une des principales causes d’accidents mortels sur les routes, d’après 27 % des conducteurs marocains interrogés. Pourtant, ils sont nombreux à conduire en utilisant leurs appareils, smartphone en particulier ou en réglant leur GPS. L’usage très répandu des outils connectés au volant est l’une des principales menaces, conclut l’étude. «Ces objets du quotidien multiplient les comportements à risque du fait de la distraction qu’ils entraînent», souligne Pierre Coppey, président de Vinci autoroutes, partenaire d’ADM au Maroc. «Pour la plupart des conducteurs marocains, le danger et les incivilités viennent toujours des autres. Il faut dire que ces conducteurs sont plutôt complaisants avec eux-mêmes mais plus sévères avec les autres», soutient le président de Vinci autoroutes. Le transport routier induit des comportements inciviques. Ce qui suppose une prise de conscience permanente des usagers de la route. Et il y a autant de facteurs pouvant compromettre la sécurité des usagers. La loi peut parfois servir d’épée de Damoclès efficace. Seul bémol, tous les comportements ne sont pas forcément répréhensibles. La somnolence, par exemple, est identifiée par 39% des conducteurs comme principale cause d’accidents mortels.