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Mis à genoux

Enquête décembre 2019

Mis à genoux

Qui va payer les retraites de l’ONEE branche électricité? C’est la question à laquelle personne ne veut répondre aussi bien de la part de l’Etat que de l’Office. Une bombe sociale à retardement d’un montant de 28 milliards de dirhams qui grossit annuellement. Un montant quasiment égal à son chiffre d’affaires de l’ordre de 32 milliards de dirhams. Décidée par l’Etat en 2001, l’affiliation des nouvelles recrues de l’ONE à l’époque au RCAR au lieu de la caisse commune des retraites internes de l’Office a techniquement mis en faillite le régime qui verse beaucoup plus de pensions qu’il ne reçoit de cotisations. Une situation qui devient aujourd’hui problématique au même titre que la séparation des métiers qui tarde à être concrétisée. Une injonction des modèles imposés par les institutions de Breton Woods suivie par l’Etat pour laisser plus de place au marché, notamment dans les missions de production et de distribution les plus lucratives. Dans la même logique, en mettant Masen au centre de la production des EnR, l’Etat a mis en concurrence une filiale avec sa maison mère. Une filiale à qui a échu la partie la moins compliquée de l’écosystème électrique, à savoir la production. Une décision qui a suscité moult résistances au sein de l’ONEE lequel a fini par céder, mais à quel prix? Un cadre institutionnel déséquilibré qui met finalement l’Office à genoux, encore une fois face au bon vouloir de l’Etat.