Mépris

Enquête Point de vue novembre 2019

Mépris

«Que de choses a-t-on accomplies juste en les ignorant!». C’est probablement de ce fameux adage arabe, souvent répété par Feu Abdallah Baha et après lui Abdelilah Benkirane, que s’inspirent les actuels gestionnaires élus de la ville de Casablanca. Alors que la capitale économique croule sous les problèmes, les instances élues sont systématiquement aux abonnés absents et ce n’est pas la création de SDL à tour de bras qui y change quoi que ce soit. Dernière illustration en date, l’incendie qui s’est déclaré dans le dépôt des bus de Maarif, un actif public valant plusieurs milliards. En effet, en pleine crise de mise sous séquestre, le maire Abdelaziz EL Omari n’a pas pris la peine de se rendre sur place contrairement au Wali et gouverneur de la préfecture de Casablanca Saïd Ahmidouch alors même que le transport en commun est une des prérogatives directes du Conseil de la ville. Une illustration de l’absence de réactivité des élus locaux laissant vacant leur rôle face à une autorité de plus en plus présente et visible. C’est presque à se demander pourquoi nous avons des élus s’ils ne défendent pas le périmètre de leurs prérogatives, voire les abandonnent tout simplement. Pire encore, les décisions des élus mettent en danger les citoyens par négligence. Il n’y a qu’à voir comment sont programmés et contrôlés les divers chantiers de voirie ou autres qui se multiplient partout à la veille des élections prévues en 2021. Aucune coordination, aucune sécurité de chantier ni parfois de signalétique, des travaux qui se prolongent et qui au final sont bâclés, des gravats qui restent sur place pendant des semaines, etc. Un laisser-aller qui frôle le mépris est ainsi le quotidien des Casablancais. Jusqu’à quand?