Au-delà des ALE

Enquête Point de vue octobre 2019

Au-delà des ALE

La levée de boucliers contre les Accords de libre-échange signés par le Maroc ces dernières années, notamment l’ALE avec la Turquie, est assez significative d’un constat d’échec Celui du choix de positionner le Maroc comme hub offshore. Une sorte de porte-avion pour l’investissement étranger en Méditerranée occidentale, relié par une cascade d’accords essentiellement destinés à l’attractivité de l’offre Maroc, doublés d’un coûteux package d’avantages aux investisseurs étrangers et d’un ensemble d’infrastructures budgétivores, mais qui à la fin, a laissé sur le carreau les producteurs nationaux et avec eux toute l’économie du pays. Aujourd’hui, en contestant les ALE c’est bien le cœur de cette stratégie qui est remis en cause d’autant plus qu’elle n’a pas permis de tirer l’investissement national. Et cela même si on prend en considération la plus grande réussite de cette stratégie, à savoir le secteur automobile. Ce secteur qui, il y a une vingtaine d’années, ne comptait pas moins d’une trentaine de producteurs de composants marocains, a vu le nombre des investisseurs nationaux se rétrécir au point qu’ils peuvent être comptés sur les doigts d’une main, alors que les investisseurs étrangers dopés aux avantages sont légion. Une inflation qui favorise de facto la sortie, en devise, des quelques points de pourcentage de la valeur ajoutée durement créée localement. Sans parler de la deperdition d’un vrai secteur industriel local diversifié à même d’embaucher massivement et de créer tout autour de lui une nuée d’entreprises actives à son service seules à même de créer de la valeur ajoutée captive, les fameux écosystèmes…