Désert social

Enquête Point de vue août 2019

Désert social

53% des logements urbains de la province de Kenitra ont moins de 20 ans, tandis de 26,9% ont moins de 10 ans. Au niveau du rural, 62% des logements dans la province ont moins de 20 ans et 32% ont moins de 10 ans. Des chiffres effrayants quant à la rapidité des mutations des tissus urbains et d’un réinvestissement pour le logement du rural alors que la région connait un des taux d’urbanisation les plus importants du pays. Cette tendance émane, bien entendu, du fort exode que connait la province et de son dynamisme démographique, rappelant quelque peu la dynamique qu’a connu le Maroc dans les années 70-80 suite aux nombreuses sécheresses. Au-delà de la zone offshore, en visitant la province, on a l’impression que le grand perdant de la dynamique qu’elle connait est le côté social et culturel. Contrairement à Al Hoceima par exemple, largement dépeuplée, mais où l’on retrouve partout des terrains de proximité et des infrastructures socioculturelles, mais par contre pas d’opportunité économiques, la province de Kenitra qui se peuple à un rythme effréné devenant même la troisième plus grande densité de la population au niveau national après Casablanca et Salé, ressemble à un désert social. Un désert qui s’étend sans une réelle régulation où les défis aussi bien sociaux, culturels qu’environnementaux sont entrain de devenir préoccupants. Tout comme Fès, le phénomène d’informalisation que ce soit dans le transport, dans le commerce et l’urbanisme, est en train de prendre de l’ampleur, allant même jusqu’à encombrer l’autoroute urbaine entre la ville de Kenitra et Mehdia. La quasi absence de l’Etat au niveau local en terme de planification et de régulation de l’espace publique ainsi que la concentration des investissements publics sur l’attractivité de la zone offshore, ferait presque oublier l’objectif de toute politique de développement, à savoir le bien être des humains.