Le style c’est l’homme

20 Ans De Progrès Dossier août 2019

Le style c’est l’homme

Un Roi proche des préoccupations des gens, ouvert d’esprit et plaçant le peuple au milieu de ses préoccupations, tels sont les constats qui ressortent de ces 20 ans de règne. Toutes les mesures et les décisions prises mettent le citoyen au cœur de toute réflexion. Les messages sont francs et clairs. Détails.

L’un des grands changements observés depuis l’intronisation du Roi Mohammed VI concerne l’évolution du discours du Roi à son peuple, un discours franc impliquant le peuple dans toutes les décisions prises.  C’est du moins le constat fait par tous les experts. Kamal El Mesbahi, professeur d’économie et de sciences de gestion à l’Université de Fès, affirme à cet effet: «Si on devait donner un titre qui caractériserait l’ensemble des discours du Roi depuis son intronisation sur plusieurs thématiques, nous dirions sans complaisance aucune que ce sont des discours Forts, Sincères, de Vérité, d’Humilité et d’Engagements. Que ce soit sur la corruption, sur la justice, sur les droits sociaux, sur l’économie, la répartition des richesses, sur la pauvreté, les inégalités, la gouvernance, nos failles, nos succès et nos échecs, autant de thématiques rarement soulevées ailleurs. «Le style c’est l’Homme», rappelait Feu SM Hassan II. Il avait raison».

En effet, le Roi Mohammed VI durant ces 20 ans de règne à travers tous les chantiers entrepris a confirmé l’exception marocaine, notamment en termes de communication. L’une des exceptions majeures concerne le grand discours tenu au lendemain du 20 février où la jeunesse marocaine a tiré la sonnette d’alarme. L’ouverture d’esprit du Roi Mohammed VI et sa volonté d’aller vers le peuple et de répondre à ses appels l’ont placé au rang de chef d’Etat arabe qui a décidé de faire la révolution avec le peuple.

Depuis, les différents discours royaux ont placé le citoyen au milieu de toutes les préoccupations. El Mehdi Fakir, Économiste et Directeur associé chez AdValue Audit & Consulting Groupe, précise à cet effet que «l’appel du Souverain est très clair! Le peuple doit s’impliquer dans «la vie publique» à travers ses forces vives et son élite, le Roi a exhorté les Marocains à «mieux choisir» leurs représentants et de ne pas se contenter de «critiquer» l’action publique, mais de s’impliquer davantage dans la prise de décision».

Toujours selon l’expert, «le citoyen est une vraie force de proposition et son action est fondamentale à tous les niveaux : associatif, académique, professionnel (entreprise), interprofessionnel, syndical, partisan et même à titre indépendant!»

En effet, le Maroc a plus que jamais besoin de «la confiance» de ses enfants et de leur conviction en son avenir et je suis certain que cette «confiance» fera la grande différence. Certes, le tableau n’est pas «rose», mais le négativisme et la sinistrose sont contre-productives et ne feront que nous faire perdre un temps ô combien précieux! Les pays qui ont émergé ont pu y arriver avant tout par «l’action citoyenne productive», je tiens à rendre hommage à toutes les actions entreprises par les forces vives et de toutes natures qui œuvrent dans ce sens», explique Fakir. Notant avec grande satisfaction la loi sur les pétitions qui permet désormais aux citoyens d’impulser directement les changements législatifs.

Pour le politologue Mohamed Tozy, «l’un des changements majeurs réside dans la façon avec laquelle le Roi évoque la question de la reddition des comptes. En creux de ce discours se profile la question du régime des responsabilités. A maintes reprises le Roi a pointé du doigt la responsabilité des politiques, notamment les partis et les élus, mais aussi celle des administrations».

Tozy explique: «En ce sens, il est en droite ligne de l’esprit et du texte de la Constitution qui a mis en exergue deux choses: d’abord la question de la légitimité par les urnes en précisant les rôles de la majorité dans la conception des politiques publiques et celui de l’opposition dans le contrôle et le suivi de ces politiques et en second lieu l’importance de la société civile et à travers elle «le peuple» qui exerce par le moyen d’une participation constitutionnellement fondée le rôle de l’acteur souverain». Toutefois, Tozy nuance affirmant que «cette belle conception à laquelle, si l’on suit les discours du Roi et aussi ses actes, celui-ci adhère, a du mal à s’imposer à cause, je suppose,  d’une culture politique qui a peu évolué».