Grandir ou mourir!

Enquête juillet 2019

Grandir ou mourir!

La RAM place beaucoup d’espoir dans son second contrat programme. Même accordé, ce dernier ne sera peut-être pas suffisant pour financer ses ambitions de compagnie globale.

L’adhésion à Oneworld, le classement Skytrax et plus récemment l’audition du président de la RAM par la commission parlementaire du contrôle des finances publiques ont mouvementé la vie de la compagnie aérienne nationale pendant le mois de juin. Autant d’actualités avec en filigrane une seule et urgente question: la signature du nouveau contrat programme, promis par Mohamed Sajid, ministre du tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, avant la fin de l’année en cours. Lors de l’audience tenue le 25 juin, prévue initialement pour débattre de l’endettement de la compagnie, pointé par un rapport de la Cour des comptes traitant des établissements et entreprises publics, la séance s’est vite transformée en un plaidoyer sur la nécessité d’agrandir la flotte de la RAM et lui octroyer les moyens nécessaires pour la hisser au rang de ses concurrents. Une ambition qui ne peut se faire sans l’appui de l’Etat selon le management de la RAM et son ministère de tutelle, alors que le rapport de la Cour cite expressément la RAM comme exemple d’une entreprise qui, «malgré les efforts de restructuration menés par l’Etat (…) n’arrive pas à dégager suffisamment de ressources pour procéder à des versements au profit du Budget de l’Etat. En effet, après une période de difficultés concomitamment à l’ouverture du ciel marocain, dans le sillage de l’Open Sky en 2006, la RAM a fait sa traversée du désert, passant en zone déficitaire avant de redresser la barre et d’afficher des bénéfices à nouveau. Des bénéfices qui seraient insuffisants pour financer la vision du management de la RAM. Sajid aurait même déclaré face aux parlementaires lors de l’audience que «l’Etat doit acheter les avions dont la RAM a besoin», confie un parlementaire sous couvert d’anonymat. Une position que partage l’ancien ministre du tourisme Lahcen Haddad. Ce dernier, contacté par EE, explique que «pour être compétitif dans l’aérien il faut tabler sur 200 ou 300 appareils et l’Etat doit intervenir pour acheter ces appareils. La RAM doit juste assurer la gestion et non pas l’investissement. C’est à l’Etat de l’assurer, c’est ce que font d’autres pays». L’accroissement de la flotte de la RAM est certes un impératif de l’avis de beaucoup d’experts, mais les contraintes financières de l’Etat laissent dubitatif quant à comment financer près de 200 milliards de dirhams. Même ventilés sur 20 ans cela reviendrait quand même à mobiliser près de 5% du Budget annuel de l’Etat.
... Retrouve l'intégralité de l'article dans le Numéro #En_kiosque