A la quête du graal

Dossier juin 2019

A la quête du graal

Face à la léthargie du marché de l’immobilier, l’innovation semble devenir le graal des promoteurs, en témoigne le succès des projets innovants.

Innover ou mourir serait aujourd’hui le credo des promoteurs immobiliers les plus structurés. Duplex dans le social (Espaces Dar Saada), triplex convertible en studios (Saham immobilier), ou encore des immeubles à dimension humaine de R+3 à 2 ou 3 appartements par étage, garderie ou espace de co-working à l’intérieur de l’immeuble (Yasmine Immobilier), ou encore des projets multifonctions dans lesquels il est possible de trouver du résidentiel moyen standing, du résidentiel haut standing, du tertiaire et du commercial (l’Agence d’Urbanisation et de Développement d’Anfa), les promoteurs ne cessent de se réinventer afin de répondre aux besoins des acquéreurs. Ces derniers, plus exigeants et plus regardants sur la qualité des biens à acquérir compte tenu des engagements financiers de longue haleine qu’ils doivent prendre, cherchent à présent des espaces de vie plutôt que de simples toits sous lesquels s’abriter. Cette clientèle, exigeante, trouve ainsi satisfaction dans ce type de projets, qui se vendent, d’ailleurs, très bien, contrastant ainsi avec la morosité qui marque le secteur, affirment les professionnels.

Pour répondre à ces nouvelles exigences, les promoteurs immobiliers réclament aux architectes de leur concevoir des projets qui peuvent et vont plaire. Une requête dans les cordes de ces derniers à un détail près: il faut des dérogations pour ce type de projets. «Les difficultés qu’il faut surmonter sont d’ordre réglementaire. Aujourd’hui, il n’est pas autorisé de développer sur une même parcelle des villas et des appartements. Il y a des réglementations qui sont liées à chacune des fonctions. Le promoteur peut toujours considérer ou demander ce genre d’innovations, mais ça reste très théorique à défaut d’obtenir une dérogation», déplore un architecte de la place qui a requis l’anonymat. Selon lui, l’administration doit accompagner la profession en lui offrant une souplesse, en autorisant les conversions de projets en cas d’échec de commercialisation. «Transformer un quartier de villas en bâtiments collectifs avec de petites cellules dans le cas de difficultés de commercialisation n’est pas encore totalement faisable d’un point de vue réglementaire. Idem si vous souhaitez transformer des plateaux de bureau, en cas d’échec de commercialisation en résidentiel et vice versa», précise l’architecte.