Dommageable perte

Enquête Point de vue juin 2019

Dommageable perte

Le communiqué du 19 avril a rappelé aux Marocains l’existence encore d’une petite communauté juive au Maroc. Une présence devenue un vague souvenir, flou et lointain. Quasiment un tabou, empreint en même temps de nostalgie. Parfois, on entend encore des histoires (pas si anciennes) de voisins juifs pour qui, par solidarité religieuse, on devait préparer à manger le samedi pour qu’il puisse respecter les interdits du sabbat. Des discussions où on finit par évoquer, le plus souvent avec délice, les échanges entre des bons plats mitonnés ou gâteaux des fêtes et autres spécialités de la riche cuisine judéo-marocaine. Parfois, d’autres histoires reviennent sur la rigueur dans le travail ou le strict respect de la pratique religieuse d’un vague patron juif. De plus en plus, ce sont les médias qui nous rappellent l’existence d’une forte et influente communauté marocaine en Israël pouvant même arriver à des postes aussi importants que chef de parti ou même ministre de la défense. En tout cas, ces évocations sont lointaines soit dans l’espace ou dans le souvenir. Nourrissant cet éloignement par sa discrétion, la Communauté s’est de plus en plus mise en retrait cachant aussi l’hémorragie de ses effectifs. Une perte apparemment inéluctable mais sûrement dommageable pour ceux qui constituent une part importante de l’identité marocaine.