Que fait la BID au Maroc ?

Entreprises mai 2019

Que fait la BID au Maroc ?

Depuis sa création, la Banque Islamique de Développement n’a cessé d’accompagner le Maroc dans son développement. Rétrospective de cet accompagnement.

Membre fondateur de la Banque Islamique de Développement (BID) depuis sa création en 1974, le Maroc n’a pu voir la première opération de la BID débloquée que 3 ans plus tard, soit en 1977. Depuis, la banque a débloqué au profit du Maroc un total de 6,7 milliards de dollars américains, dont 4 milliards de dollars ont été consacrés au secteur commercial, avait lâché non sans fierté Bandar M.H. Hajjar, président du Groupe de la BID, lors de l’ouverture de la 44e Réunion annuelle du groupe de la BID, tenue à Marrakech en début du mois d’avril. À ces 6,7 milliards s’ajoutent quelque 437 millions de dollars d’engagements d’assurance de la Société islamique pour l’assurance des investissements et du crédit à l’exportation (SIACE), membre du groupe de la BID, pour la promotion du commerce avec les partenaires marocains. Membre fondateur de la banque de développement multilatéral, le Maroc a été l’un des premiers pays à accueillir un bureau de représentation de la BID en 1994. En 2016, c’est la Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD), filiale de la BID, qui s’implante à son tour au Maroc.

Priorité aux infrastructures

Dédiée à l’accompagnement du développement économique et social de ses pays membres, la BID a considérablement appuyé le royaume pour le développement de ses infrastructures en transport et en énergie. Ces deux secteurs ont capté à égalité 36,1% des financements nets ordinaires de la banque. Dans le détail, le secteur du transport a profité de 14 opérations approuvées par la BID d’une valeur de près de 940 millions de dollars, dont 11, d’une valeur de 690 millions de dollars déjà achevées et 3, cumulant 250 millions de dollars toujours en cours de réalisation. Il faut dire que l’un des projets phares que la BID accompagne est celui de la ligne ferroviaire à grande vitesse, pour lequel elle avait débloqué 102 millions de dollars. S’agissant du secteur de l’énergie, la BID a financé 14 opérations d’une valeur de 926,41 millions de dollars. 13 de ces projets, d’une valeur de 706,41 millions de dollars, sont déjà réalisés, tandis qu’une opération d’une valeur de 220 millions de dollars est toujours en cours. L’un des projets phares que la banque a accompagnés dans ce secteur est celui de la centrale électrique de Kénitra, pour lequel elle a accordé 168 millions de dollars en 2009. Le secteur de l’eau et de l’assainissement arrive en troisième position avec 16,5% des financements accordés par la BAD, soit 430 millions de dollars pour 15 opérations. 11 opérations d’une valeur de 155 millions de dollars sont aujourd’hui achevées. L’un de ces projets n’est autre que celui de l’approvisionnement de 8 provinces en eau potable, pour lequel la BID a accordé en 2012 la bagatelle de 85 millions de dollars. Concernant Al Haouz, Chichaoua, Essaouira, Fahs Anjra, Kalaat Sraghna, Marrakech, Meknès et Zagora, ce projet a permis d’approvisionner pas moins de 688.000 habitants, dont 427.000 en milieu rural. La BID a aussi financé des projets dans les secteurs : agricole, industrie et mines et d’éducation. Ces secteurs ont capté respectivement 9,3%, 1,5% et 0,2% de l’enveloppe accordée par la Banque au royaume.

Mais aussi les entreprises

L’appui apporté par la BID ne se limitait pas aux seuls secteurs. Elle accompagnait aussi des entreprises pour porter à terme leurs projets. Elle est actionnaire dans LafargeHolcim Maroc, collabore avec l’OCP ou encore l’ONEE. À travers ses différentes filiales elle accompagne d’autres sphères de l’économie, comme c’est le cas avec ICD, qui est coactionnaire avec le Crédit Agricole du Maroc dans la banque participative Al-Akhdar Bank, et avait accompagné l’Etat, par le biais d’une assistance technique, dans sa première émission de Sukuk. La filiale ayant pour objectif de contribuer au développement de la finance participative au royaume.

Des retombées de taille

Grâce à ces différents projets et opérations, la BID revendique un bilan des plus reluisants. Selon les données publiées par cette dernière, l’assistance de la BID au Maroc a permis un accroissement de la capacité annuelle des ports maritimes à 2,243 millions de tonnes, la construction, l’amélioration ou la réhabilitation de 201 km d’autoroutes et de voies rapides nationales ou régionales. Sur le plan énergétique, la banque évoque comme résultats une capacité de production d’énergie installée avec des sources non renouvelables de 900 mW, un nombre de foyers connectés à l’électricité de 140.310, l’installation, l’amélioration ou la réhabilitation de 3.693 km des lignes de distribution d’électricité ainsi que de 9.620 km des lignes de transmission-distribution. La banque a aussi aidé à offrir un accès à l’eau potable à 759.250 foyers, au haussement de la capacité de traitement de l’eau à 216.370 m3 par jour, à l’installation et l’amélioration d’un réseau d’approvisionnement en eau de 1.129 km et à l’installation de 6 usines de traitement des eaux usées d’une capacité totale de 31.000 m3 par jour. Au niveau du secteur de la santé, la banque revendique 31 infrastructures construites, rénovées ou équipées de même qu’au niveau de l’éducation un nombre d’étudiants bénéficiaires s’élevant à 584.000 et un nombre d’enseignants et de personnel de facultés formés de 12.000 personnes. Dans le domaine agricole, la banque recense comme réalisations des zones irriguées de 62.330 hectares, le développement de la chaîne de valeur de l’olive pour 18.000 hectares ainsi que l’augmentation de la capacité de stockage des barrages de 1,71 milliard m3. La banque a aussi formé 30 personnes dans le cadre de renforcement des capacités.

Un accompagnement qui va crescendo

Pour accompagner ces projets, les financements approuvés nets ont suivi une tendance haussière tout au long de la collaboration entre la BID et le royaume. Ainsi sur la première période allant de 1976 à 1990, la banque avait accordé 65 millions de dollars. Au cours de la deuxième période (1991-2001) le Maroc a pu décrocher 190 millions de dollars de financement auprès de la banque, dont le principal actionnaire est l’Arabie Saoudite (23,5% du capital), soit quasiment 3 fois les montants levés lors de la première période. De 2001 à 2010, la BID a accordé un total de 1,47 milliard de dollars avant de redescendre à 878 millions de dollars entre 2011 et 2018. Pour la prochaine période allant de 2019 à 2022, le Maroc et la BID ont signé, en marge de la 44e Réunion annuelle du groupe de la BID, un accord-cadre sur la stratégie d’un partenariat axé sur le développement des chaînes de valeur des secteurs économiques. Pour l’année en cours, «un plan d’action d’étape d’une enveloppe de près de 206 millions de dollars a été élaboré par les deux parties pour financer des projets à dimension sociale, notamment l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et le préscolaire ainsi que le développement territorial», annonçait Zouhair Chorfi, secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances. Une collaboration fructueuse pour le royaume, qui ne détient que 0,51% du capital de la BID !