Le cadeau de la CIMR

Entreprises mai 2019

Le cadeau de la CIMR

Dans un contexte marqué par une atonie du marché financier, la CIMR arrive à tirer son épingle du jeu. Une performance qui n’exempte pas la Caisse de composer avec un environnement de plus en plus difficile.

Lors de son Assemblée générale ordinaire, présidée par Khalid Cheddadi, la Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite (CIMR) a présenté ses résultats annuels pour l’exercice 2018 ainsi que son bilan actuariel. Et le moins que l’on puisse dire est que certains indicateurs affichent une nette progression à deux chiffres, ce qui confirme la pérennité du régime.

À fin 2018, la CIMR a ainsi enregistré une hausse de 6% des produits nets de patrimoine. De ce fait ces derniers sont passés de 2,8 à 3 milliards de dirhams, et ce, malgré la performance en berne du marché financier au titre de l’exercice écoulé, alors que la valeur marchande du portefeuille CIMR est évaluée à 63 milliards de dirhams. Une performance que Cheddadi souhaite partager avec les adhérents qui verront leurs pensions revalorisées de 1,5% à partir de juillet.

Pour sa part, le solde des provisions techniques a progressé de 11,4% pour atteindre 56 milliards de dirhams, les réserves techniques représentent 11,18 fois les prestations de l’année, et demeurent la composante principale du passif de la caisse de retraite.

De même pour l’excédent d’exploitation, qui s’est bonifié de 11%, passant de 5,15 à 5,72 millions de dirhams, et dont l’affectation est réservée à la réserve de prévoyance, Cheddadi, a souligné qu’il connaissait une tendance de progression assez pérenne, depuis 2003.

«Nous avons dégagé un excédent technique de 2,78 milliards de dirhams, en progression de 13%, cet indicateur est la première sonnette d’alarme, c’est la différence entre les recettes du régime et les dépenses du régime, quand ce montant devient négatif, cela veut dire que le régime est obligé de puiser dans ses réserves», a déclaré le PDG de la CIMR.

Quant à la pérennité du régime de retraite, la projection du fonds de prévoyance dans le cadre du bilan actuariel est conditionnée par l’atteinte de deux critères de pérennité fixés par la charte de pilotage de la caisse de retraite. Chiffres à l’appui, la CIMR met en avant une progression quantitative d’actifs cotisants de 3,3%, soit 3.038 nouveaux adhérents au profit de 7.890 affiliés. Alors que l’hypothèse du bilan actuariel tablait sur une hausse de 0,5%, soit le taux permettant l’assurance du maintien de l’équilibre du régime. La caisse de retraite a servi 4,11 milliards de dirhams de pensions au profit de 174.566 adhérents, soit une hausse de 3% en 2018, et 4,6 % en moyenne sur les 5 dernières années.

Pourtant, rapporté au nombre d’entreprises, cette hausse est à nuancer. 500 nouvelles sociétés ont en effet adhéré à la CIMR en 2018 contre 285 radiations, ce qui porte le solde net à 215 adhésions. Un résultat très inférieur à ce à ce qu’était habituée la Caisse qui a enregistré, sur les cinq dernières années, des adhésions toujours supérieures à 600. Une tendance qui sera renversé cette année à en croire le patron de la CIMR qui annonce «un nombre important de nouvelles adhésions, qui dépassent largement nos prévisions».

La CIMR poursuit notamment ses chantiers de modernisation de ses canaux de communication, et ce, conjointement avec le lancement de l’offre Al Moustakbal individuel, produit digitalisé de la fourche à la fourchette, plus concrètement, du processus de la prospection à celui de l’adhésion. Ainsi que l’amélioration de la qualité de ses services, à travers la mise en place d’un centre de relation client, entité dédiée spécialement au traitement des requêtes et rapports de la caisse avec ses clients et partenaires.

Pour rappel, la CIMR est gérée par un conseil d’administration élu par l’Assemblée générale des adhérents. En 2018, la Caisse comptait à son actif 6.600 entreprises adhérentes, et 667.794 personnes adhérentes, réparties entre 360.069 affiliés actifs cotisants et 307.725 ayants droit, ainsi que 174.566 allocataires.