Retour au dialogue

Édito avril 2019

Retour au dialogue

Nous sommes le 11 avril 2018, réunis à Rabat dans le cadre du Symposium international du tourisme, les opérateurs échangent pour tirer le secteur de sa léthargie. Prenant la parole, Miriem Bensalah-Chaqroun, à l’époque présidente de la CGEM, n’y va pas par quatre chemins: «Nous avons passé plusieurs années sans débats, ni dialogues constructifs et surtout sans évaluations concertées en l’absence d’Assises du Tourisme.» Des années blanches (noires!) où tout un pan de l’économie était livré à lui-même et qui ont donné le résultat qu’on connaît, faisant même rater au Maroc la fenêtre de tir offerte par le Printemps arabe.

Ce manque de concertation, on le retrouve dans d’autres branches aussi. Les différentes stratégies sectorielles qui avaient marqué le début du règne de Mohammed VI (tourisme mais également agriculture, industrie, numérique…) ont donné lieu à une série de rencontres annuelles. L’idée était de faire le point chaque année sur les avancées et les blocages que rencontrait chaque secteur. Et ça avait du bon. Sauf que depuis 2009, le rythme de ces rendez-vous annuels s’est essoufflé, enlisant par la même occasion la mise en œuvre de ces stratégies qui s’en trouvaient ralenties ou menaient même à des impasses.

10 ans après, la donne semble avoir changé. Déjà, plusieurs de ces réunions sont annoncées pour 2019. Encore faut-il que le gouvernement dispose d’une feuille de route pour orchestrer le bal, lui qui semble perdu dans tous ces dossiers. Car si tous les regards sont braqués vers les rencontres de la Fiscalité, celles du Commerce sont tout aussi importantes et le Plan d’accélération industrielle aura bien besoin d’une bonne concertation, histoire de relancer la machine. Il s’agit en fait, quel que soit le secteur, de tirer le bilan collectivement et de proposer des solutions aux échecs de plus d’une décennie de visions économiques et sociales.

La grande question est de savoir qui donnera l’impulsion à cette relance. Faudra-t-il attendre (encore) que le roi s’implique et préside ces Assises ? N’est-ce pas la fonction du chef du gouvernement ? Cela irait en effet dans le sens de l’esprit de la Constitution de 2011. Attention toutefois, pour importante qu’elle soit, la concertation ne devra pas faire l’objet de surenchère politique. A l’approche des échéances électorales, la tentation est grande pour certains de gagner du temps en tractations stériles. Comme il ne peut y avoir d’actions politiques, on revient vers la réflexion, synonyme d’attentisme. Si c’est le cas, ce dernier, comme nous l’avions annoncé dans nos colonnes, risquerait d’être très long.