Un Festival des lumières pour la capitale

Dossier mars 2019

Un Festival des lumières pour la capitale

Mohamed Seddiki, Maire de Rabat, décortique pour EE le programme Rabat ville lumière, capitale culturelle du Maroc et son état d’avancement.

Quelle est la portée du programme Rabat ville lumière, capitale culturelle du Maroc ?

En 2014, Sa Majesté a lancé le grand programme Rabat ville lumière, capitale culturelle du Maroc avec une enveloppe budgétaire de 9,4 milliards de dirhams. Le programme s’articule autour de plusieurs axes, dont notamment les infrastructures, le social, le culturel, ou encore l’environnemental. Sans entrer dans les détails de tous les projets, il y a lieu de préciser que toutes les entrées de Rabat ont été mises à niveau, car c’est ce qu’on voit en premier. Que vous veniez de l’aéroport, du Sud ou de l’Est, vous allez trouver des entrées reprises et élargies et ce n’était pas suffisant, puisque ces entrées vont donner accès à d’autres voies à l’intérieur de la ville. C’est la raison pour laquelle les grands axes et les grandes avenues de la capitale ont été élargis ou sont en cours de l’être. C’est le cas de l’avenue Hassan II, de l’avenue Mohammed VI ou encore de l’avenue Abderrahim Bouabid, pour ne citer que celles-ci.

Qu’en est-il des autres axes ?

Concernant le volet culturel, qui est une composante du nom du projet, les travaux du musée des arts modernes ont été achevés et nous sommes en train de lancer la construction du musée archéologique sans oublier les travaux en cours au niveau du Grand Théâtre de Rabat et la rénovation et la mise à niveau des petits théâtres et petites maisons de culture connues à la capitale, dont la salle Mehdi Ben Barka et le théâtre Yacoub Mansour. Il y a aussi le conservatoire de musique qui est juste à côté de la commune et la salle culturelle d’Agdal. Du côté du social, il y a deux composantes, une sportive et l’autre socio-éducative. Pour la première, nous avons achevé quelque 70 terrains de proximité tandis que pour le second volet, nous avons construit un certain nombre de maisons, notamment pour les jeunes filles, pour les personnes âgées ou encore pour les personnes souffrant d’addiction. Ces maisons sont éparpillées un peu partout dans la ville et spécialement dans les quartiers en développement urbanistique et à populations fragiles, notamment les quartiers Youssoufia et Yacoub Mansour. Sur le plan environnemental, nous sommes en train de mettre à niveau l’éclairage de la ville avec le remplacement des lampes par des lampes économiques, mais aussi avec la mise en place d’un système de pompage pour l’irrigation des espaces verts de la capitale. L’exemple le plus édifiant est celui du nouveau jardin, promenade Hassan II, étalé sur 30 hectares. Rabat figure d’ailleurs parmi les 5 villes les plus vertes du monde.

Les chantiers ne devaient-ils pas être livrés à fin 2018 ?

Heureusement que la Convention ne limite pas le délai. On peut continuer à travailler jusqu’à ce qu’on termine le programme tel qu’il a été arrêté devant le Roi. Nous sommes déjà pratiquement à la fin du programme en termes de délai qui est normalement la fin de 2018. Toutefois, certains projets vont dépasser cette date. Les petits projets en cours seront probablement livrés en 2020. D’autres mégaprojets qui vont être entamés bientôt ne devront voir le jour que d’ici 3 ans. C’est le cas notamment de la grande gare routière conçue avec des spécificités architecturales, mais aussi en termes de fonctionnalités et qui sera située à l’entrée de Rabat du côté sud-ouest. C’est le cas aussi du marché de gros des légumes et fruits. 

Quelle est la vision culturelle que vous avez pour la ville ?

On a voulu donner du sens à ce titre de ville culturelle donné par Sa Majesté. Il est vrai qu’en termes d’équipement je peux dire que désormais Rabat dispose davantage d’équipements culturels. S’agissant du contenu, nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de la Culture pour en proposer un qui soit à la hauteur de la ville. Nous travaillons, d’ailleurs, sur un festival qui s’appelle Festival des lumières de la capitale et on a choisi cette année le 20e anniversaire de l’intronisation de Sa Majesté comme date. Nous sommes aussi liés par des partenariats avec la ville de Lyon qui est connue pour sa fête de lumière. Nous avons également reçu des demandes d’un certain nombre d’ambassades et de représentations diplomatiques pour le développement de programmes.