Réforme attendue pour la caisse noire de l’Etat

Economie mars 2019

Réforme attendue pour la caisse noire de l’Etat

La nomination de Dounia Taârji à la tête du Fonds Hassan II pour le développement rappelle le souvenir de ce fonds impliqué dans tous les projets structurant du pays de ces 20 dernières années. Un Fonds omniprésent mais discret, voire opaque.

Que faire du Fonds Hassan II Pour le Développement Economique et Social et du Fonds Ithmar? C’est la question que se pose tout le landernau économique marocain après le changement à la tête de ces deux entités dotées de plus de 25 milliards de dirhams de fonds à investir. Si les péripéties de la création et de mise en sommeil du Fonds Ithmar sont assez connues et documentées par la presse, plusieurs questionnements se posent sur le Fonds Hassan II (FDSHII).

Manque de transparence

Ce fonds qui a cumulé 37 milliards d’investissements depuis sa création en 2001, selon le rapport sur les entreprises et établissements publics accompagnant la Loi de Finances en 2014,  n’a pas de site internet. Ni de rapport d’activité public d’ailleurs. Le paragraphe qui lui est consacré dans le rapport de 2014 de la DEEP est d’ailleurs un des seuls, sinon le seul document officiel public avançant des chiffres sur les réalisations de ce fonds captant l’essentiel des recettes des privatisations réalisées au Maroc entre 2001 et 2010. Un manque de transparence patent qui l’assimile de fait à une véritable caisse noire de l’Etat. Si ce n’est la dernière nomination de Dounia Taârji en tant que Présidente du Directoire du FDSHII le 7 février dernier, il ne serait jamais monté en haut de l’actualité économique marocaine suscitant même une dépêche de l’agence publique Maghreb Arabe Presse (MAP) datée du 09 février dernier. Celle-ci, ayant pour but de présenter le fonds, n’apporte pour autant aucun chiffre sur son activité, ni l’ampleur de son engagement dans le tissu économique national, ni les orientations données à sa nouvelle présidente. Pourtant c’est un fonds que l’on retrouve dans quasiment tous les montages financiers publics aussi bien dans le cadre de subventions à fonds perdus destinés à des projets sociaux ou d’investissement dans le capital de structures publiques. Il est en effet habilité à apporter, dans le cadre de conventions, ses concours sous forme de prises de participations financières, d’avances ou de prêts remboursables ou de contributions financières non remboursables. Et c’est en gros la première partie qui se taille la part du lion. Ainsi peut-on lire sur le rapport de la DEPP 2014 que les engagements du Fonds sont composés de contributions financières non remboursables (34,3%), d’avances remboursables et prêts (22,6%) et de prises de participations financières (43,1%).

Retrouve l’intégralité de l’article dans le N°223 En kiosque
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