Le mica m’a tué !

Economie mars 2019

Le mica m’a tué !

Le retour des sacs en plastique est de plus en plus pesant. En dépit du doublement de ses prix sur le marché noir, le sac en plastique demeure plus compétitif que le sac en papier. 80% des opérateurs qui s’y sont spécialisés au lendemain de l’interdiction ont déjà fermé boutique.

En pleine euphorie environnementale, avec l’organisation de la Cop22, le gouvernement avait fait le choix de supprimer les sacs en plastique communément dits mica via l’opération «zéro mica». Une démarche que beaucoup ressentent comme un excès de zèle plutôt qu’une décision mûrement réfléchie. D’autant plus qu’entre la date de publication de la loi interdisant ces sacs et son entrée en vigueur, seul un délai de six mois était prévu. Dans la foulée, les sociétés fabriquant les sacs en plastique se sont retrouvées obligées de fermer boutique ou de changer d’activité, sous peine de se retrouver dans l’illégalité. La loi n°77-15 entrée en vigueur le 1er juillet 2016 interdit en effet la fabrication, l’importation, l’exportation, la détention en vue de la vente, la mise en vente ou même la distribution à titre gratuit des sacs en plastique avec ou sans poignées, qui sont fournis à titre onéreux ou gratuit aux consommateurs dans les points de vente de biens, de denrées ou de services, destinés à l’emballage de leurs marchandises. «Avec l’initiative de zéro mica, le «mica» dans le secteur formel n’existe plus. Plusieurs dispositifs ont été mis en place qui ont fait que toutes les entreprises du formel, se sont soit converties, soit ont arrêté leur activité», explique Nabil Saouaf, directeur de la Fédération Marocaine de Plasturgie. Tout ce qui reste concerne l’informel, ajoute notre source. Un informel qui s’est d’ailleurs très bien développé. D’où l’existence encore de sacs en plastique dans les souks et les petits marchés.

Cette ténacité se fait de plus en plus ressentir au point que plusieurs opérateurs sondés pointent du doigt le retour de l’informel plastique de manière à envahir le marché plus fortement qu’avant l’opération zéro mica. Pour Mounir El Bari, président de la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage, «malgré l’opération zéro mica, les sacs en plastique sont revenus, alors que les opérateurs avaient déjà réalisé beaucoup d’investissements. Le hic c’est qu’il est impossible que le sac en papier soit moins cher que le sac en plastique, sauf s’il y a une subvention pour les accompagner».

Retrouve l’intégralité de l’article dans le N°223 En kiosque