L’ADD dans la tourmente

Entreprises mars 2019

L’ADD dans la tourmente

Devant être la pièce maîtresse de la transformation numérique, l’ADD peine à faire son chemin. Pire, elle se trouve au centre d’une polémique sur fond de «pratiques peu transparentes».

Créée depuis un peu plus d’un an (décembre 2017) pour rattraper le retard pris par le Maroc en matière de transition numérique et digitalisation, et exécuter la stratégie étatique en matière de développement de l’économie numérique, de l’administration électronique, l’ADD accuse elle-même du retard. C’est du moins ce qu’ont exprimé des acteurs du numérique et des observateurs au lendemain de la tenue du conseil d’administration de l’agence le vendredi 18 janvier.

Lors de cette réunion présidée par le Chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, 13 projets de conventions ont été présentés. Ces conventions qui portent sur des projets que l’agence devrait mener en collaboration avec plusieurs administrations, acteurs de la R&D et institutions (…) n’ont pas été appréciées par certains observateurs de ce grand chantier gouvernemental, notamment la chercheuse de l’Université Hassan II Aïn Chock de Casablanca, Aawatif Hayar. Celle-ci a poussé un coup de gueule sur les réseaux sociaux critiquant d’une manière acerbe la démarche de l’agence et ce qu’elle a qualifié de «pratiques bananières qui relèvent d’un autre temps». Que reproche donc cette chercheuse qui a conseillé la Wilaya de Casablanca sur le projet Casa Smart City à la direction de l’ADD ?

Y a-t-il anguille sous roche ?

Au lendemain dudit conseil, la chercheuse s’est interrogée sur les critères de sélection des projets sur lesquels portent les conventions. «Nous n’avons été informés d’aucun appel à projets», s’est-elle insurgée en fustigeant ce qu’elle a qualifié de «pratiques non transparentes basées sur le copinage».

Jointe par EE, cette ingénieure en systèmes et réseaux de télécommunications qui a passé plus de 20 ans dans la R&D dans les universités européennes, s’est également interrogée sur les critères de sélection des projets arguant que celle-ci n’émane pas d’une stratégie de développement digital et ne s’est pas faite sur la base d’une vision claire.

De sérieuses critiques qui n’ont pas laissé indifférente la directrice générale par intérim de l’ADD, Khouloud Abejja. N’hésitant pas à entrer dans la mêlée pour défendre son agence et sa capacité à mettre à plat sa stratégie, elle a affirmé dans un échange avec EE qu’«aucun projet n’a été écarté et il n’y a pas eu encore d’appels à projets».

Croyant savoir qu’il s’agit d’un malentendu et d’une mécompréhension, elle explique que «la première liste de conventions, qui ont été présentées lors du conseil d’administration et qui vont être finalisées dans les prochains jours, n’est pas exhaustive». D’autres conventions sont attendues, «aucune université n’a été écartée, c’est un projet national et toutes les régions seront concernées», a-t-elle confié à EE.


Retrouve l’intégralité de l’article dans le N°223 En kiosque