«Nous cherchons à assurer une rentabilité minimale»

Entreprises mars 2019

«Nous cherchons à assurer une rentabilité minimale»

Allianz Maroc a lancé début février son premier produit d’assurance Vie. A cette occasion, EE a rencontré Joerg Weber, directeur général de l’assureur, qui revient dans cette interview sur l’état du secteur et de la compagnie.

Quel bilan pouvez-vous faire de l’activité d’Allianz durant l’exercice 2018 ?

Pour Allianz Maroc, l’année 2018 a été placée sous le signe de la croissance grâce aux ouvertures réalisées courant 2017 et 2018. Il faut dire que la compagnie était peu représentée dans certaines zones à fort potentiel sur lesquelles nous avons ouvert des agences et des bureaux directs. Néanmoins, la croissance n’est pas un objectif en soi. Nous cherchons d’abord à assurer une rentabilité minimale. Nous n’y sommes pas encore, ce qui est problématique.

Qu’en est-il du secteur ?

La branche Non-Vie sur laquelle nous opérions principalement jusqu’à présent est un marché particulièrement difficile. Elle est surtout affectée par les contre-performances du segment Santé Groupe dont la profitabilité est structurellement déficitaire. Cette situation trouve son origine dans une course effrénée au chiffre d’affaires à tout prix sur le marché. J’ai appelé mes équipes à être plus vigilantes et à étudier deux fois les demandes de souscrire à des affaires réputées non profitables. Nous avons été dans l’obligation de décliner plusieurs d’entre elles. Elles ont pourtant trouvé preneur, à des tarifs plus bas de surcroît. Quand nous analysons les tarifs avec lesquels certaines affaires ont été remportées, nous ne voyons pas comment le nouvel assureur pourrait ne pas perdre de l’argent dessus. Je pense que le marché n’est pas complètement rationnel sur cette branche.

L’assurance automobile est-elle aussi problématique ?

La branche automobile connaît en effet une hausse importante de la sinistralité, notamment en raison d’une combinaison entre la facilité de consommer des sinistres et la progression de la fraude. Les services de remboursement rapide avec les failles de contrôle qui peuvent les affecter contribuent à cet état de fait. Cette tendance s’explique également par l’accroissement et le rajeunissement du parc automobile en circulation qui participent à l’augmentation de la fréquence des accidents. De plus, la libéralisation non encore effective du tarif RC automobile rend difficile l’application d’une tarification juste en fonction des risques. De surcroît, cette incapacité de se différencier par les tarifs pousse les compagnies à faire plus d’efforts au niveau du marketing des offres et l’accessibilité des garanties annexes dont les primes ne couvrent plus les coûts des sinistres. A noter que la base de données de la FMSAR opérationnelle depuis début février devrait aider à vérifier qu’un client qui déclare un sinistre ne l’a pas déjà fait ailleurs. Cela ne va pas résoudre toutes les problématiques de la branche, mais va y contribuer.

Retrouve l’intégralité de l’article dans le N°223 En kiosque