Pourra-t-on maintenir le cap ?

Enquête Point de vue janvier 2019

Pourra-t-on maintenir le cap ?

Méconnaissant un marché très complexe, les opérateurs touristiques alléchés par la «manne» chinoise ont été pris au dépourvu par une concurrence formelle et informelle hors pair en provenance de l’empire du Milieu. Certes, le potentiel du marché est inédit avec des marges de progression énormes – car moins de 10% de la population chinoise possède un passeport –, mais il reste porteur de risques.
Le cas édifiant de la Thaïlande est riche d’enseignements. Les tour-opérateurs chinois ont envahi ce marché avec des propositions alléchantes. Après avoir appâté les clients avec des séjours à des prix défiant toute concurrence, les fameux «Zero Dollar Tour» les amènent dans des magasins gérés par des Chinois et font tout pour qu’ils achètent, jusqu’à confisquer les clés de chambre des récalcitrants.
Ce genre de pratiques n’est pas très éloigné de ce qui se passe à Derb Omar, où des acteurs chinois font des réservations, gèrent avec les hôtels et les transporteurs, et achètent même des flottes de minibus sans aucune licence, ni autorisation, ni facturation et naturellement sans payer de taxes… Les opérateurs marocains qui ont traité avec eux en savent quelque chose. «Ils squeezent un maximum jusqu’à obtenir les prix les plus compétitifs», raconte un voyagiste qui s’apprête à signer un gros contrat avec un TO étatique chinois. De plus en plus conscients du problème, les autorités optent néanmoins pour la stratégie de l’autruche, ce qui pourrait coûter cher au Maroc à long terme. Prendre ce sujet à bras-le-corps est essentiel, il en va de l’avenir d’une destination Maroc trop souvent vendue à prix cheap.