CGEM, un bateau à la dérive ?

Entreprises janvier 2019

CGEM, un bateau à la dérive ?

Après 7 mois de présidence, Mezouar et son équipe peinent à convaincre. Entre problèmes de gouvernance, calculs politiciens et recherches d’intérêt, l’avenir de cette confédération septuagénaire suscite l’inquiétude.

Ambiance de déjà vu devant la salle de conférences de la CGEM. Des groupes de journalistes, photographes et caméramans font le pied de grue tout en discutant face à la porte. Une dizaine d’autres sont déjà installés dans de larges fauteuils en cuir beige plantés autour d’une longue et massive table équipée d’écrans, chargeurs USB et prises diverses. Les télévisions publiques ont fait le déplacement. L’ennui de l’attente est palpable. Pourtant, on n’est pas à la veille d’une annonce stratégique: c’est la conférence de presse annuelle de présentation du bilan du lobbying de la CGEM concernant les amendements de la Loi des finances 2019. Un événement si normal dans la vie de la confédération que d’autres réunions sont tenues au même moment. 20 minutes après l’heure prévue, un brouhaha annonce enfin l’arrivée des maîtres de cérémonie. Lors de cette matinée anormalement chaude du mois de décembre, Mohammed Hdid, le nouveau président de la commission fiscalité et régime de change, et Abdelilah Hifdi, patron du groupe parlementaire de la CGEM à la deuxième chambre, font finalement leur apparition. Ils sont flanqués par l’administrateur nouvellement nommé, Mustapha Mellouk. Bien que symboliquement en retrait, celui qui devait être nommé in extremis vice-président règle en personne les derniers détails avec les intervenants. Il sera même invité à clôturer les débats. 

Le malaise
Une présence qui rend encore plus brûlante la question qui est sur toutes les lèvres, posée aussi bien en coulisse qu’en pleine conférence: où est le président Mezouar? Réponse sous forme d’éléments de langage préparés à l’avance: «C’est une tradition à la CGEM, c’est le président de la commission fiscalité qui présente la conférence des nouvelles dispositions de la Loi des finances. Le président n’a jamais assisté à cette conférence», répète-t-on à droite et à gauche. Mohammed Hdid est allé encore plus loin, en taclant un journaliste trop insistant: «Concernant votre question sur la représentation, est-ce que vous considérez que nous, nous ne sommes pas à la hauteur? C’est une tradition, ça a été dit. Il n’y a pas autre chose». Avant d’ajouter: «On a associé cette année le président du groupe parlementaire parce qu’en plus du travail d’expertise qui est fait par la commission et l’équipe permanente de la CGEM, il y a un travail qui est réalisé par le groupe qu’il s’agit de mettre en avant». Le malaise est palpable. Et les réponses faussement décontractées.
La CGEM, qui vit avec un bureau dont la validité est sujette à discussion depuis juillet dernier est, tout comme son président, sous le feu des projecteurs… et des critiques. Report de plusieurs réunions du conseil d’administration, absences répétées d’un président politiquement affaibli, élections régionales contestées, retrait de certains membres influents, putsch très médiatisé au sein du groupe parlementaire contre la vice-présidente de la chambre, difficultés de trésorerie, politisation et tentative de mainmise sur l’organisation patronale… sont les diverses formes que prennent les nuages amoncelés dans le ciel de la CGEM depuis que le nouveau président et ses équipes ont pris leurs fonctions.  Et les fuites dans la presse ont fini par rendre le climat très tendu. 

A l’origine, l’élection
«Il y a énormément de problèmes qui s’accumulent au niveau de la CGEM et personne ne semble en mesure de les régler», témoigne un vieux routard de l’institution ayant souhaité garder l’anonymat. Et d’ajouter: «Les ambitions personnelles et l’opportunisme se font de plus en plus sentir au sein de la confédération, ce qui menace son existence même». Un son de cloche qui revient souvent au fil des interviews réalisées pour les besoins de cet article. Certains prédisent même une scission au sein de l’organisation patronale.
Pour comprendre cette crise inédite, il faut revenir aux dernières élections pour la présidence de la confédération patronale, en mai 2018, et à leurs conséquences. Salaheddine Mezouar, homme politique plusieurs fois ministre, mais en mal de poste après son éviction de la tête du RNI, remporte les élections de la CGEM avec un score sans appel de 5.173 voix  contre 1.851 pour son adversaire, avec un taux d’abstention de 25%. Ce succès de l’outsider, en rupture avec le monde de l’entreprise depuis 2005, s’est fait avec le soutien financier d’entreprises proches de son parti et par un recours massif aux votes par procuration. Des procédés qui seront dénoncés pendant la campagne par son adversaire malheureux, l’industriel Hakim Marrakchi, mais qui n’empêcheront pas la machine électorale mise en place d’apporter ses fruits. A la barre de cette razzia électorale, quelques-uns des vieux connaisseurs de la CGEM et parmi eux, selon les informations parues dans la presse et recoupées par Economie Entreprises, l’actuel président du groupe parlementaire de la Confédération, Abdelilah Hifdi.
Mais c’est lors de la constitution du conseil d’administration et du bureau que les choses vont se compliquer. Pour satisfaire ses multiples soutiens, aussi bien au sein de la confédération que du parti, et aussi pour pouvoir mener sa mission comme il l’entend, Salaheddine Mezouar tente de constituer un bureau et un conseil d’administration taillés sur mesure. Mais, faute d’une longue expérience dans la confédération, le nouveau président contrevient aux statuts en nommant trop de personnes aussi bien au sein du CA que dans le bureau. Une situation qui risque de fait d’invalider les instances de l’organisation patronale.Pourtant, pour Mustapha Mellouk tout baigne: «Il n’y a pas de problèmes particuliers. Les choses fonctionnent normalement, il y a un comité officiel des statuts qui a été mis sur pied et qui a proposé des amendements aux statuts pour gérer le devenir. Le conseil d’administration a été à l’écoute des recommandations faites par le président pour l’élargissement des membres, qui rendaient caduc le rôle du conseil d’administration. C’était soit avancer avec beaucoup de monde et ensuite on ajuste avec les corrections statutaires, soit, ce que le CA a retenu, corriger d’abord et ensuite avancer. Cela a été pris en compte. Aujourd’hui, il va y avoir un retour au nombre statutaire, jusqu’à la prochaine assemblée générale qui pourrait aboutir sur un changement des statuts». Une position partagée, bien que nuancée, par le vice-président Faïçal Mekouar, ancien vice-président sous Meriem Bensalah et qui connaît bien la boîte et ses équilibres: «Nous allons tenir un conseil d’administration en conformité avec les statuts, le règlement intérieur et tous les textes qui régissent la confédération». Et d’ajouter: «Aujourd’hui, il faut évacuer le conseil en début janvier pour mettre en place tous les organes pour le bon fonctionnement de la CGEM. Et commencer le travail. Après, s’il faut réformer les statuts, ça rentre dans la vie normale d’une structure, et ce sont les membres du conseil d’administration qui décideront. Pour nous, ce n’est pas la priorité. La priorité ce sont les problèmes de l’entreprise, les délais de paiement, les assises de la fiscalité, etc.»

«Les ambitions personnelles et l’opportunisme se font de plus en plus sentir au sein de la confédération.»

Mécontentement généralisé
Entre-temps, plusieurs réunions du conseil d’administration ont été reportées, et la légitimité de certaines décisions est remise en cause. «Beaucoup de gens sont mécontents de ce qui se passe aujourd’hui, et beaucoup ont pris leurs distances, même des gens hauts placés au sein de la confédération», glisse une source qui connaît bien l’institution de l’intérieur. «Ça a commencé avec les difficultés à trouver des gens pour des fédérations, comme celle des services qui s’est retrouvée avec une candidature unique et celle de l’artisanat qui n’a pas eu de candidat malgré l’appel à candidatures lors de deux assemblées générales. Maintenant, même des gens proches du président se retirent», affirme une autre source bien informée au sein de la confédération. Le très respecté Ahmed Rahhou, nommé en juillet premier des sept vice-présidents du mandat Mezouar, serait le cas le plus emblématique. Contacté par nos soins pour savoir s’il a ou non demandé à être mis à l’écart de la gestion de la CGEM, l’homme connu pour sa discrétion a refusé de répondre à la question, arguant qu’il était à l’étranger. Pour sa part, Faïçal Mekouar, vice-président général, nie avoir pris connaissance d’une telle décision avant d’ajouter: «Le travail à la CGEM se base sur le volontariat. S’il y a quelqu’un qui ne veut plus ou ne peut plus s’impliquer pour des raisons qui lui sont propres, cela reste une décision personnelle et n’a aucun lien avec la gouvernance de la CGEM». Voilà qui est clair, mais qui ne rassure pas quant au malaise qui plane sur l’organisation patronale la plus représentative.
Et ce ne sont pas les dernières élections régionales de la confédération qui vont apaiser les choses. Selon plusieurs sources concordantes, une tentative de mise sous tutelle de la confédération est en cours, notamment via ces élections. «Les 13 présidents régionaux sont membres de droit du CA de la CGEM. La manière avec laquelle ils ont été élus, notamment en noyant les CGEM régionales par de nouveaux adhérents, va dans le sens des calculs politiciens», analyse une source de l’intérieur de la CGEM. De fait, ces nouvelles élections ont drainé plus de 900 nouvelles adhésions selon les dires même de Mustapha Mellouk. «Il y a eu un record d’adhésion qui a été atteint cette année. Plus que ce qui a jamais été réalisé même par Meriem Bensalah», affirme pour sa part un membre du bureau actuel de la CGEM. Et d’ajouter: «Ce n’est pas grâce à Mezouar, mais plein de membres de la CGEM ont ramené leurs copains pour adhérer lors des élections régionales».

Election à forts enjeux
Et l’enjeu n’est pas seulement de peser dans le CA. «La CGEM est la voie express pour arriver au parlement. C’est la manière la plus simple d’y arriver, beaucoup de gens en ont pris conscience après 2015, et les CGEM régionales sont les clés de voûte du système», affirme une source à la CGEM. En donnant 8 sièges à la confédération patronale, la nouvelle Constitution a mis sur le radar (des partis et des prétendants au parlement) l’organisation patronale la plus représentative. «Avec son système de collèges électoraux, on peut être élu au parlement avec une petite centaine de voix. Certains ont compris ça et ont déjà commencé à se positionner depuis le changement de la présidence, que ce soit au niveau des régions ou des membres indirects à travers les fédérations, pour les prochaines élections en 2021», affirme notre source. Et à la question de savoir qui en particulier, tous les regards se tournent vers certains membres aujourd’hui élus à la deuxième chambre, et plus particulièrement Abdelilah Hifdi. Si ce dernier, proche lieutenant de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri et indéboulonnable président de la Fédération des transports, s’est toujours défendu de toute tentative hégémonique, il ne cache pas sa satisfaction quant au déroulement des élections: «Le processus d’élection régionale s’est effectué dans de très bonnes conditions. Bien sûr avec quelques heurts et quelques dissonances, c’est tout à fait normal à cause de la compétition. Surtout que depuis 2015, avec la consécration de la représentation parlementaire, c’est tout à fait normal qu’il y ait plus d’émulation entre les candidats». Et d’ajouter: «On a eu quelques problèmes effectivement à Meknès. Mais à Fès ça s’est très bien passé. J’étais présent à celle de Marrakech, ça s’est très bien passé. Donc en général, c’est très bien et nous avons nos 13 présidents de régions». On n’entend pas tout à fait le même son de cloche de la part d’Abdeljabar Achab, ancien président de la CGEM Meknès, débouté lors des dernières élections: «J’ai essayé d’empêcher la tenue des élections dans ma région car elles se situent en dehors des statuts. En effet, statutairement, les membres de moins de 3 mois n’ont pas le droit au vote. J’ai porté mes doléances à la CGEM à Casablanca, mais ils n’ont rien voulu faire. Par conséquent, j’ai porté l’affaire devant la justice pour arrêter cette mascarade, mais malgré tout, les élections se sont tenues». Et d’ajouter: «Tout le monde dit que c’est le jeu démocratique. Je veux bien, mais quand on ramène des gérants de cafés et pâtisseries et même une association pour l’eau potable, s’inscrire à la CGEM à la veille d’une élection, avouez que c’est bizarre!» tonne-t-il ahuri. Selon nos sources, les élections se sont tenues dans un climat délétère et très partisan dans d’autres villes comme Tanger ou Marrakech, mais sans aller jusqu’au procès. En cause, le même procédé: les «Inzals», un terme emprunté au jargon politique arabe signifiant une descente massive de nouveaux membres lors d’assemblées générales électives ayant pour conséquence un bourrage d’urnes impromptu. Ce qui ne semble pas émouvoir outre mesure, le vice-président général Faïçal Mekouar: «Ce sont certes des villes et des régions économiques importantes, mais je peux vous assurer que les élections régionales se sont passées en conformité avec nos textes. Et j’ai veillé à cela. Aujourd’hui, il y a un jeu démocratique et comme dans toute élection, tout le monde a des velléités. Tout le monde veut se présenter parce que la CGEM a une dimension nationale et internationale, et devient un acteur important dans l’espace socio-économique. Et donc tout le monde veut en faire partie… » Et face à notre insistance quant à la tentative de mainmise voire de «baronisation» de la CGEM pour en prendre le contrôle, Faïçal Mekouar reste stoïque: «L’institution a pris une dimension importante. A partir du moment où quelque chose devient de plus en plus visible, ça attise les convoitises. Et que des individus aient envie de se placer ou de prendre des positions importantes est tout à fait légitime. A partir du moment où ça se passe dans un cadre démocratique et dans le cadre de nos textes, c’est ce qu’il faut sauvegarder. Le formalisme est important. Après, les textes ça évolue». 

Décisions (in)valides?
Mais il ne s’agit pas seulement de textes. Ce dont il est question, c’est aussi la validité des décisions prises sous l’actuel conseil d’administration ainsi que les dépenses y afférentes. Certaines voix affirment que pour qu’elles soient tout à fait légales, ces décisions doivent être confirmées a posteriori non seulement par un CA, mais aussi par une assemblée générale extraordinaire. Un avis que ne partage pas le vice-président: «Toutes les décisions ont été prises d’une manière tout à fait normale. Il n’y a pas de sujet. Après, nous allons voir avec le conseil pour pouvoir entériner. Tout ça a été fait dans l’intérêt général. A mon sens, il faut regarder l’intérêt général, nous avons des défis à relever, que ce soit le public ou le privé. Il ne faut pas qu’on se perde dans des détails qui consomment de l’énergie et qui nous détournent de notre intérêt commun», affirme Mekouar. Parmi les décisions particulièrement budgétivores prises dans la période où les instances de la CGEM ne s’étaient pas tenues figure la première université d’été du patronat. «L’université d’été est une décision d’organisation qui n’a rien à voir avec la décision d’un conseil d’administration. C’est une décision qui a été prise par le président en premier lieu et par l’ensemble des membres qui l’accompagnent. Rien n’interdit de mener des opérations de communication durant le déroulement, la préparation ou la réalisation des structures qui sont mises en place. La deuxième chose c’est que la décision de mettre en place l’université s’inscrit dans une démarche d’investissement dans une communication et dans une réflexion», se défend Mustapha Mellouk. Et d’ajouter: «Il a clairement été défini qu’il y a un investissement qui va être fait et qu’il est amortissable sur un an, deux ans ou trois ans s’il le faut. Il y a eu du sponsoring qui a été réalisé. Et la réussite de l’université nous prédispose à largement couvrir toutes les dépenses qui en partie doivent être couvertes par rapport à la première édition».
Or il se trouve que cette université n’a été qu’en partie couverte par le sponsoring. Sur un coût de près de 6 millions de dirhams, seulement le tiers aurait été sponsorisé. L’autre partie aurait été prise en charge par le budget de la confédération, tout comme certains frais de représentation du président et de son staff lors de ses nombreux voyages. Un nomadisme de Salaheddine Mezouar qui d’ailleurs fait jaser dans les couloirs de la centrale patronale septuagénaire (voir encadré). Selon plusieurs sources concordantes, alors que son président est souvent à l’étranger ou faisant de la représentation, la CGEM passerait actuellement par une phase de difficultés de financement.

«Qu’on ramène des gérants de cafés s’inscrire à la CGEM à la veille d’une élection est bizarre.»

Trésor de guerre
Le trésor de guerre laissé sous le mandat de Meriem Bensalah Chaqroun, estimé à près de 15 millions de dirhams, serait-il déjà épuisé? Selon nos sources, en mai dernier, au rythme de croisière de l’ancienne présidence, la CGEM disposait de l’équivalent de 9 mois de fonctionnement. Ajoutez à cela la mise en conformité des membres pour pouvoir voter aussi bien aux élections générales que régionales. Mais nombreux sont ceux qui affirment qu’il n’y a pas un effort conséquent de levée de fonds. Beaucoup comptent en effet sur la Fondation CGEM regroupant les principaux sponsors de l’organisation patronale pour renflouer en cas de soucis. Si à la CGEM, on se veut rassurant sur la santé financière de la confédération, aucune des personnes sondées parmi l’équipe actuelle, du vice-président aux membres de bureau interrogés par Economie Entreprises n’était capable de fournir un chiffre sur l’état financier à la fin de l’année. Ainsi pour Mellouk: «Toute structure a un cycle d’investissement et d’engagement. Quand vous arrivez à une fin de période comme c’est le cas aujourd’hui au mois de décembre, c’est normal que vous ayez consommé une grosse partie de vos cotisations, de votre sponsoring, etc. Même si à ce que je sache il n’y a pas de problème de trésorerie et tout le monde est payé à temps, nous avons aussi mis en place une équipe qui est chargée de trouver des sources de financement». Une déclaration qui recoupe avec son vice-président: «Je ne sais pas d’où vous sortez ça. Seules quelques personnes sont au fait de ces choses. Aujourd’hui, c’est une institution qui ne souffre d’aucune difficulté financière. Nous avons une équipe en place qui est très professionnelle, qui connaît très bien la maison et qui la gère en bon père de famille. Nous avons aussi un corps élu de chefs d’entreprise, je suis moi-même expert-comptable et je peux vous assurer qu’il n’y a aucune difficulté financière». Pourtant, face à notre insistance pour nous fournir le chiffre de l’arrêté des comptes de l’association, Faïçal Mekouar s’est excusé de ne pas pouvoir, arguant… «l’absence des personnes compétentes pour cause de congés annuels». Autrement dit, circulez, il n’y a rien à voir. Une situation ubuesque pour une organisation chantre de la transparence et de la bonne gouvernance.
Entre-temps, tous les regards sont braqués sur le conseil d’administration de janvier (s’il se tient) et sur les tentatives de mise en ordre d’une instance qui a en quelques mois perdu beaucoup d’un prestige patiemment accumulé. 

Mezouar l’international.

Sur la page Twitter de l’institution, sur les 51 activités mentionnées sur le fil d’actualité de la CGEM concernant directement le président Mezouar, seules 10 ont un caractère strictement national. Parmi elles, 5 seulement concernent directement la CGEM et les intérêts de ses membres, dont 2 la formation professionnelle chère à Abdelilah Hifdi. Le reste tient à de la représentation ou des rencontres à l’invitation du gouvernement, et même une visite de courtoisie du nouveau secrétaire général de la CDT… Les 41 autres activités ont un caractère international. Ainsi, entre juillet (date de la première réunion du CA) et décembre, pas moins de 12 voyages de représentation ont été réalisés par notre globe-trotter. Si l’on exclut le forum directement organisé par la confédération en Mauritanie, Mezouar a représenté la CGEM en Chine, Afrique du Sud, Egypte, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, France, Belgique, etc. Il a par ailleurs rendu visite à plusieurs ambassades étrangères, rencontré des ministres ou des chefs de gouvernement étrangers en visite au Maroc – y compris Sainte-Lucie –, participé à des forums d’affaires et des débats avec des institutions internationales ou des cercles diplomatiques. Les anciens présidents, parce qu’ils étaient patrons, payaient eux-mêmes leurs repas et déplacements, ce qui n’est pas le cas de Mezouar.