Maroc/algérie, une entente est-elle possible?

Débat décembre 2018

Maroc/algérie, une entente est-elle possible?

En enclenchant un nouveau cycle diplomatique susceptible de tourner définitivement la page d’un conflit qui les oppose depuis la Seconde Guerre mondiale, les deux Corées montrent qu’après 65 ans, deux peuples frères peuvent aller de l’avant. Quid de l’Algérie et du Maroc? Pour EE, deux spécialistes des études géopolitiques, Hassan Kassimi Alaoui et Jawad Kerdoudi, apportent leur lecture de l’appel au dialogue que Rabat a adressé à Alger.

Le roi Mohammed VI a indiqué la disposition du Maroc au dialogue direct et franc avec l’Algérie afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement des relations. Un acte de bonne foi qui n’a pas eu l’écho attendu. Qu’en pensez-vous?
Hassan Kassimi Alaoui: C’est une réponse à une situation figée. Puis, c’est un courageux geste qui survient à un moment nécessaire après que l’ONU a conforté le Maroc avec la résolution 2440. Le Souverain a jugé nécessaire d’aller au-delà de l’adoption de cette résolution pour repositionner le problème. C’est-à-dire penser au plus important, à savoir la relation bilatérale avec l’Algérie. Car nous avons un problème qui se pose au niveau de la relation bilatérale et qui est vraiment regrettable. Parce que c’est quand même une question de voisinage, d’amitié, de fraternité et de l’impératif d’avoir un partenariat normal au nom de l’histoire, de la religion, de la culture, de la langue… et éventuellement une coopération sur tous les plans. Pour le Roi, il fallait briser ce cercle vicieux, aller au-delà de tout ce qui peut exister comme problème ou comme blocage et tendre la main. Et puis, repositionner un petit peu le problème, qui n’est pas uniquement l’affaire du Sahara, qui peut un jour être réglé, mais il y a aussi le contentieux bilatéral qui remonte à plusieurs décennies et qui persiste toujours.
Jawad Kerdoudi: Je pense que devant l’échec de l’ONU, qui depuis 40 ans essaye de trouver une solution à la question du Sahara, Sa Majesté Le Roi a pensé qu’il était plus efficace de faire un appel direct à l’Algérie pour discuter.
D’ailleurs, il s’agit de ne pas se concentrer uniquement sur le problème du Sahara, mais de parler de tous les différends. Malheureusement, il y en a beaucoup entre l’Algérie et le Maroc, notamment le différend frontalier qui n’est toujours pas résolu et également l’ouverture de la frontière entre les deux pays fermée depuis 24 ans. Il n’y a pas mieux que le choix de la voie directe. L’exemple marquant pouvant être cité dans ce sens est celui de la France et de l’Allemagne qui, après deux guerres mondiales, ont pu résoudre leurs différends sans l’intervention de l’ONU. C’était tout simplement une rencontre entre le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, et à partir de là, le problème a été résolu. C’est pour cela que je soutiens personnellement cette initiative pour trouver une solution bilatérale sans la contribution de l’ONU.

«La décision en Algérie se construit lentement parce que c’est un régime d’apparatchiks», Alaoui.

A propos du contexte, le choix du 43e anniversaire de la Marche verte a été considéré officieusement par la partie algérienne plus comme une «offense» que comme une demande solennelle. Quelle analyse faites-vous de ce point de vue algérien?
HKA:
Ils ont parlé de non-événement. Ce qui est regrettable c’est qu’il n’y a pas eu de réponse jusqu’à nouvel ordre. A ce jour, nous sommes toujours en train d’attendre cette réponse. Preuve en est, le ministre des Affaires étrangères a encore réitéré, lundi (26 novembre ndlr), la demande d’une réponse officielle. Qualifier la proposition royale de non-événement par l’intermédiaire d’un site appelé TSA ne peut être considéré comme une réponse. Ce site – quand bien même il serait le journal «officieux», ce n’est pas «El Moudjahid» du FLN (Front de libération nationale) – a cru donner une réponse, mais cela n’en est pas une. En fait, c’est presque une insulte parce que tout simplement ce n’est pas une réponse convaincante. Prétendre qu’il s’agit d’une manœuvre parce que l’initiative colle à la commémoration de la Marche verte est absurde. Tout simplement parce que le discours du 6 novembre est l’un des plus importants après celui du trône et celui de la révolution du Roi et du Peuple du 20 août.
On ne peut absolument pas nier que ce discours appelant au dialogue tombe à point nommé. La non-réponse algérienne, qui est vraiment regrettable, s’explique par le fait que la décision en Algérie se fabrique et se construit lentement, parce que c’est un régime d’apparatchiks. C’est un appareil d’abord militaire avec évidemment un saupoudrage de gouvernement civil, mais la décision est lente et la décision est prise soit par l’armée soit par les services. Ce sont ces derniers qui concoctent et eux, si on se met un peu dans leur esprit, ne peuvent pas répondre rapidement pour nous faire plaisir. Ce n’est pas possible! De toute façon, ça s’inscrit dans un contexte très classique de prise de décision en Algérie, à savoir celui de l’hostilité qui existe au niveau de l’armée et des services par rapport au Maroc. C’est incompréhensible! Il n’y a pas de communiqué officiel de la présidence, il n’y a pas de réaction officielle ne serait-ce que du FLN (le parti au pouvoir) et il n’y a pas de réaction officielle du gouvernement. C’est pour cette raison que Rabat a relancé une nouvelle fois Alger. La démarche marocaine a un double objectif. Elle vise aussi à confondre l’Algérie dans son erreur, dans sa volonté de tromper l’opinion internationale. A dire: nous sommes là, nous voulons un dialogue et vous ne répondez pas.
JK: Je pense que c’est un prétexte encore une fois pour ne pas répondre à l’appel de Sa Majesté. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que Sa Majesté appelle l’Algérie à un dialogue. Dans plusieurs discours, le Souverain a toujours demandé, notamment, l’ouverture des frontières et qu’il y ait un dialogue bilatéral entre les deux pays. Pour moi, c’est un prétexte pour noyer le poisson.
Ce qui expliquerait cette absence de réponse de l’Algérie, surtout en ce moment précis, c’est qu’il y a les élections présidentielles au mois d’avril 2019 et qu’il y a une lutte acharnée actuellement entre deux clans principaux: d’un côté le clan du frère de Bouteflika, Saïd Bouteflika, avec le Premier ministre Ahmed Ouyahia, et de l’autre celui du chef d’état-major, Gaïd Salah. Dans ces circonstances, aucun leader politique ne peut répondre favorablement à l’appel du Maroc parce qu’il va se griller.
Pour résumer, il y a une situation explosive en Algérie, à cause des élections présidentielles d’avril prochain, à cause d’une lutte acharnée entre ces deux clans. Donc, il faut être réalistes et ne pas s’attendre à quoi que ce soit avant les élections présidentielles algériennes.
HKA: Ce contexte un peu singulier traduit quelque chose de très profond. Soulignons que la proposition du Maroc survient après la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies en faveur du royaume, en faveur de la justice tout simplement, qui cite l’Algérie comme partie prenante directement, comme responsable dans le conflit. L’Algérie, faut-il le rappeler, est invitée par la résolution à participer au processus de règlement, et donc automatiquement aux pourparlers convoqués par l’Envoyé personnel du SG de l’ONU, Horst Köhler, prévus les 5 et 6 décembre à Genève. L’Algérie ne s’attendait pas du tout à ce «coup» et elle cherche, comme à son habitude, à esquiver sa responsabilité. De toute façon, Alger a toujours recouru à la même rhétorique pour accabler le Maroc et pour proclamer que c’est lui qui sabote le processus onusien. Le Maroc a obtenu gain de cause en ce qui concerne son implication à la fois dans le conflit et dans le processus de règlement. Bien qu’elle ait toujours cherché à trouver des subterfuges, l’Algérie n’a plus le choix, elle doit accepter ou refuser.
Le Roi a posé le problème de la bilatéralité. L’Algérie refuse toujours ce principe de bilatéralité et elle ne veut pas être confrontée parce que si on va au fond des choses, on va soulever, pardonnez l’expression, un sac de nœuds. C’est-à-dire tous nos problèmes antérieurs, y compris ce qui s’est passé dans les années 60, la création du Polisario par l’Algérie et les services espagnols, et le problème des  frontières qui n’a pas été réglé.
Il y a eu le traité d’Ifrane en janvier 1969. Feu le roi Hassan II et feu Boumediene ont rédigé un texte qui n’a jamais été adopté et entériné par le Parlement marocain. Ce traité, je dirais à la limite qu’il est caduc et qu’on peut toujours le réveiller. Car les frontières constituent un vaste et lointain problème. La France a pris des territoires marocains dans la frontière sud-est et les a arbitrairement attribués en 1960 à l’Algérie. Et nous pouvons toujours les réclamer: Kenadsa, Touat, Bechar et tout ça… ce sont des territoires marocains qui n’ont jamais été évoqués, mais on peut très bien les intégrer dans le problème du Sahara. On pourrait nous aussi demander, si un référendum devait avoir lieu dans le Sahara marocain, pourquoi n’aurait-il pas lieu dans le Sahara algérien? Puisqu’après tout, ce sont les mêmes populations. C’est le plateau saharien qui va du Maroc jusqu’au sud de la Tunisie, donc pourquoi pas? Et tout cela, c’est une problématique qui gêne aux entournures les Algériens qui doivent absolument être confrontés à leurs responsabilités, le 5 et le 6 décembre.

«Il y a une situation explosive en Algérie à cause d’une lutte acharnée entre deux clans», Kerdoudi.

Que pensez-vous de cette théorie selon laquelle le Maroc vise à «bilatéraliser» le conflit?

JK: L’ONU n’est pas arrivée à trouver une solution. L’instance onusienne n’est pas un tribunal qui peut donner un jugement en décidant que c’est le Maroc qui a raison ou que c’est l’Algérie et le Polisario qui seraient dans leur bon droit. L’Organisation des Nations unies, comme son nom l’indique et comme ses statuts le stipulent, essaye de trouver une solution. D’ailleurs, elle répète toujours une solution équitable, mutuellement acceptée, etc.
La position du Maroc est claire: nous avons proposé un plan d’autonomie en 2007 à l’ONU, et on ne peut pas donner plus. On peut négocier quelques détails de ce plan qui évidemment assure la souveraineté du Maroc plus une large autonomie à la population sahraouie, mais on ne peut pas aller plus loin. Le Polisario lui, soutenu par l’Algérie, veut un référendum. Donc, que peut faire Horst Köeler quand ils se réuniront à trois? Rien.
Autant dire que le conflit est insoluble dans le cadre de l’ONU. Avec l’Algérie, on pourrait arriver à un accord qui devrait respecter la souveraineté du Maroc. Parce que celle-ci ne peut être sujette à négociation.
Je suis pessimiste pour cette conférence des 5 et 6 décembre, parce qu’il y a quelques jours, le chef des milices sahraouies, Lahbib Abdallahi, a fait des revues militaires dans ce qu’ils appellent les «territoires libérés» qui ne sont en fait que la zone tampon. Ceci montre aussi le fait qu’il n’y aura aucune avancée à la conférence de Genève. Ils brandissent la menace d’un retour aux armes s’il n’y a pas une solution politique. Le moment est critique et je ne vois pas d’avancée pour le moment. A moins qu’il y ait, d’ici avril 2019, un changement radical en Algérie.

De votre point de vue, sans l’existence d’un chef d’Etat bénéficiant de la légitimité populaire, il ne peut pas y avoir une décision au niveau du sommet de l’Etat algérien allant dans le sens d’une entente entre les deux pays?
JK:
Absolument! Tant que le système politique en Algérie est mené par les militaires – il faut rappeler que c’est le cas depuis le coup d’état militaire de Boumediene –, le bout du tunnel s’éloigne. Nous n’avons aucun intérêt à ce que Gaïd Salah prenne le pouvoir. Car les militaires sont les plus farouches ennemis du Maroc du fait de la Guerre des sables de 1963.
Ce qui serait le mieux pour nous, c’est qu’il y ait un pouvoir civil qui puisse prendre les choses en main et se rendre compte qu’une entente avec le Maroc est dans l’intérêt de l’Algérie.
S’il y avait des dirigeants qui cherchaient l’intérêt du pays et non leurs intérêts personnels, ils auraient appuyé cette réconciliation. Parce que celle-ci va permettre le développement économique et social dont les deux pays ont besoin.

Aujourd’hui, avec la baisse des prix du pétrole, l’économie algérienne est dans une situation désastreuse. En ayant un accord avec le Maroc, en ouvrant la frontière, en réactivant l’UMA (l’Union du Grand Maghreb), chaque pays va gagner 2 points de PIB. Vous vous rendez compte de ce que représentent deux points de PIB? C’est un potentiel énorme de développement gâché…

M. Alaoui, quel impact pourraient avoir l’absence d’un leadership limpide au sommet du régime algérien et les querelles entre les différents clans de l’Etat profond sur une éventuelle entente entre les deux pays?
HKA:
Tout ce qu’on peut dire sur l’Algérie est aujourd’hui faussé par une réalité – pardonnez-moi l’expression – presque biologique. Voilà un homme grabataire, qui souffre et qui est entouré par des clans où s’expriment violemment des intérêts contradictoires… Donc, on ne peut rien dire de ce régime.
Ça ne sert à rien d’attendre qu’il vive ou qu’il meure. En fait, il y a une continuité historique avec ou sans Bouteflika. Celle-ci est d’abord conflictuelle. Il n’y a pas que les évènements de 1963. Il y a le fait que le système politique algérien est un système fermé. Autrement dit, c’est un système, je le répète, d’apparatchiks. Il y a quelques jours, on a annoncé une espèce de timide perestroïka au niveau du FLN, le parti dominant, parce qu’on a chassé l’ancien secrétaire général Djamel Ould Abbès pour mettre Mouad Bouchareb, récemment élu président de l’Assemblée populaire nationale. Mais de toute façon, la situation ne risque pas d’évoluer car il s’agit des tenants d’une même idéologie. Une sorte de Maroc-bashing, une haine qu’ils nourrissent depuis toujours.
Il n’y aura pas de changement parce que de toute façon, la continuité dépasse les présidents. Ce sont les militaires qui ont imposé une ligne, elle ne changera pas malgré les paroles. Rappelez-vous le discours solennel de Boumediene disant qu’il soutenait la revendication du Maroc sur le Sahara, à Rabat, en  1972 lors d’un sommet de l’OUA (Organisation de l’Union africaine, aujourd’hui Union africaine, ndlr).
Idem lors du Sommet arabe en 1974, toujours à Rabat, Boumediene a fait un discours pour assurer qu’Alger soutient Rabat dans sa revendication pour arracher la réintégration de son Sahara. Tout cela a été consigné officiellement, ce sont des témoignages enregistrés. Et puis en même temps, en 1974, l’Algérie était en train de jouer double jeu parce qu’elle était, avec les services de Franco, en train de créer le Polisario et de prendre le Maroc par surprise.
Ils jouaient l’ambivalence. Un discours à Rabat devant les chefs d’Etat arabes ou les chefs d’Etat africains et un autre discours souterrain au niveau des Nations unies pour créer le phénomène du séparatisme par rapport au Sahara. Aujourd’hui, c’est la continuité… L’Algérie ne changera pas de position! Au-delà des Nations unies, au-delà des instances internationales qui nous soutiennent, au-delà des affinités que nous avons avec d’autres pays qui comprennent notre cause, il y aura toujours ce problème de bilatéralité. Le Roi y est allé directement: je suis là et je vous propose de dialoguer, de créer un mécanisme de dialogue et de concertation, de voir l’ensemble de la problématique, tout ce spectre de la relation complexe maroco-algérienne. L’Algérie est aujourd’hui au bout de son jeu. Il n’y aura pas de solution de toute façon, avec ou sans Genève! Je n’y crois pas, il n’y aura pas de réponse officielle. Il y aura toujours cette ambivalence, cette ambiguïté de la diplomatie et du langage algériens.

Est-ce que les perspectives d’une normalisation ne peuvent être abordées loin du conflit du Sahara? Est-ce que sa résolution est la condition sine qua non d’une réconciliation?
JK:
La position algérienne est très claire. Le ministère algérien des Affaires étrangères l’a déclaré précédemment: son pays ne normalisera les relations avec le Maroc que si la question du Sahara est résolue. Non seulement il pose la question du Sahara comme condition, mais en plus il considère le Sahara comme un territoire occupé par le Maroc. C’est le terme qu’il a utilisé. Je ne vois pas de possibilité de résoudre les autres problèmes, qui sont très nombreux, sans d’abord solutionner la question du Sahara. Alors que faire devant cette situation? En attendant, puisqu’on ne peut pas s’immiscer dans la politique intérieure de notre voisin, il faut continuer à développer nos provinces sahariennes sur le plan économique et social, et poursuivre le combat pour la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara sur le plan diplomatique. Nous avons déjà obtenu des succès importants, notamment lorsque l’Union européenne a accepté que les accords agricoles et de pêche soient étendus également aux provinces sahariennes.
C’est un succès considérable que le Maroc a obtenu. Sans compter l’appui de la France, qui il faut le reconnaître, a toujours soutenu le Maroc sur cette question. Egalement les Etats-Unis, même s’ils ne sont pas aussi francs qu’avant.
Il faut continuer le combat politique. Maintenant, nous avons une carte que nous n’avions pas précédemment, c’est la carte de l’Union africaine. Quand le Maroc était absent de l’UA, nos adversaires se servaient de cette absence pour contrecarrer toutes les initiatives de Rabat. Maintenant que le Maroc est membre à part entière de l’UA, cela va nous permettre de défendre nos intérêts, et notamment la question du Sahara, à l’intérieur de l’Union.

L’Algérie a sollicité une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union du Maghreb arabe. S’agit-il d’une réponse multilatérale à une demande bilatérale?
HKA: Je persiste à croire que c’est encore une esquive. Autant la presse algérienne, et ceux qui la commanditent, n’arrête pas d’accuser le Maroc et en particulier le Souverain de faire de la diversion, autant je dirais que c’est l’establishment militaro-politique algérien qui joue la diversion et qui encore une fois nous fait prendre, pardonnez-moi l’expression, des vessies pour des lanternes.
Et ce n’est pas la première fois, parce que le Roi Mohammed VI n’a jamais arrêté de convier l’Algérie à un dialogue, à un rapprochement. Il a même effectué un voyage quasi-officiel en mars 2005. Six ans après son arrivée sur le trône, il a pris son bâton de pèlerin et est allé en visite officielle participer à un sommet arabe. Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’il a prolongé son séjour et comme à son habitude, il est allé rencontrer le peuple algérien et a serré les mains, écouté les gens, discuté… A cette époque, on a vécu un moment exaltant parce que le Roi du Maroc à Alger, c’était vraiment un espoir, une sorte de renouveau dans notre relation et on pouvait espérer beaucoup. Il y avait même une chaleur dans les photos prises avec le président algérien. C’était la dernière rencontre entre les chefs d’Etat des deux pays. C’est pour dire que le Roi du Maroc n’a jamais pris parti contre l’Algérie délibérément. Il est pour la raison et la logique. La logique c’est la règle de droit et le bon voisinage.