Marrakech toujours aussi dépendante du tourisme?

Dossier décembre 2018

Marrakech toujours aussi dépendante du tourisme?

Connue dans le monde entier comme destination de villégiature, Marrakech souhaite diversifier son économie et se lancer dans les industries légères.

Ville touristique par excellence, Marrakech a su capitaliser sur ses atouts pour devenir la destination préférée des visiteurs se rendant au Maroc. À elle seule, la ville ocre accapare plus du tiers de la capacité litière de tout le royaume. Pourtant, dans le cadre du développement régional, miser sur un seul et unique secteur peut rapidement s’avérer hasardeux, surtout lorsque ce dernier est très sensible à la conjoncture internationale.
«Avec ses 2,5 millions de touristes qui viennent chaque année, Marrakech affiche le meilleur taux de retour sur toutes les villes marocaines. Malheureusement, la ville continue à utiliser le tourisme pour le tourisme», déplore Rachid Amrani, manager principal à la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD). Pour lui, l’activité touristique devrait plutôt être utilisée pour mobiliser les investissements dans plusieurs secteurs d’activité, surtout lorsque la ville dispose d’un réel branding international à l’image d’autres villes et capitales mondiales.
Conscients de ces contraintes, les autorités et élus locaux prônent la diversification. Il s’agit alors pour la ville de revisiter son modèle économique afin qu’il puisse sortir de son cachet traditionnel (tourisme et artisanat) et se tourner plutôt vers l’industrie, notamment l’agroalimentaire. «La diversification passe certes par l’industrie mais attention, uniquement l’industrie légère», prévient Mustapha Guessab, chargé de mission auprès du CRI de Marrakech.
Car contrairement à des villes comme Tanger, les industries lourdes sont à proscrire dans des régions qui tirent le principal de leur croissance de l’activité touristique. Exit donc la métallurgie et place à la transformation agroalimentaire. Cela ne risque pas pour autant de pénaliser toute la région puisque Safi, avec son industrie chimique, vient de rejoindre la ville ocre dans le cadre du nouveau découpage régional. De quoi permettre au territoire de multiplier ses spécialisations tout en maintenant l’attractivité touristique.
L’innovation est également un autre créneau sur lequel peut facilement se positionner Marrakech. La ville pourrait devenir une plateforme de l’industrie créative grâce à la mise en place d’incubateurs et en aidant les jeunes à se connecter aux marchés et investisseurs internationaux. Une tâche d’autant plus aisée que la ville ocre dispose déjà d’une renommée mondiale qui pourrait faciliter une telle vocation. «Si les bons moyens sont mis en place, on pourra très bien développer une expertise comme celle de Facebook mais qui soit purement marrakchie», espère Rachid Amrani.