L’attentisme plombe l’activité économique d’Agadir

Dossier décembre 2018

L’attentisme plombe l’activité économique d’Agadir

Première région à se doter d’une déclinaison régionale du PAI, Souss-Massa souhaite dépasser le cadre de ses attributions classiques et diversifier ses activités. Pourtant, près d’une année après, rien n’a encore été fait.

Annoncé en grande pompe en début d’année, le projet régional du Plan d’accélération industrielle (PAI) du Souss-Massa devait relancer l’activité industrielle à coup de milliards de dirhams dans plusieurs secteurs. Le but était de capitaliser sur les activités de prédilection de la région (agriculture, pêche, tourisme) afin de créer plus de valeur ajoutée à travers des industries agroalimentaires, de transformation des produits de la pêche (conserverie) et de construction navale. La ville d’Agadir devait également se doter de sa zone franche (plus de 300 hectares annoncés) afin de renforcer l’attractivité de la région et d’y drainer des activités exportatrices.
Mais jusqu’à présent, le chantier traîne toujours. Même le terrain de la ZF n’a pas encore été identifié. Au point de pousser le roi ce 29 novembre à intervenir et appeler le département de Moulay Hafid Elalamy à assumer ses responsabilités, en vue d’accélérer sa mise en œuvre dans les délais impartis.
Il faut souligner cependant que ce retard, tous les secteurs le ressentent, particulièrement dans la ville d’Agadir. «Il y a un climat ambiant d’attentisme chez les investisseurs. Malgré la disponibilité des financements, aucune injection majeure de fonds n’est effectuée», reconnaît un banquier de la région. Même son de cloche du côté du patronat, même si le discours se veut plus modéré. «C’est vrai que nous ressentons un léger recul au niveau de l’activité de la ville, mais certains secteurs commencent à émerger», tempère Abderrahman Laaroussi, président de la commission fiscalité à la CGEM d’Agadir.
Pour constater cette émergence et voir les choses bouger, il faut sortir un peu de la ville, vers Taghazout. Là, la zone connaît un boom sans précédent. «La majorité des projets que nous avons validés ont une vocation touristique, notamment au niveau de la station de Taghazout. 7 de ces projets sont en front de mer et sont portés par les plus importants acteurs hôteliers (Hyatt, Hilton, Mariott). Ils devraient être livrés avant la saison estivale 2019», annonce Nihal Essallak, chargée de la coopération et de la promotion au sein du CRI d’Agadir.
Une situation qui est loin d’arranger tout le monde. «Comment se fait-il qu’on lance des projets immenses comme celui de la baie de Taghazout alors que des choses essentielles concernant l’infrastructure, et qui sont du ressort des pouvoirs publics comme l’autoroute qui doit relier l’aéroport à Taghazout, ne sont pas encore réalisées?» proteste un investisseur de la région.