fès parie sur l’industrie pour renaître de ses cendres

Dossier décembre 2018

fès parie sur l’industrie pour renaître de ses cendres

La situation de Fès est alarmante. Une crise économique profonde a fini d’entamer l’attractivité de la capitale spirituelle.

Connue pour sa performance industrielle, notamment dans les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et de la mécanique, et centre rayonnant de l’artisanat marocain, la ville de Fès n’est plus que l’ombre d’elle-même. Pour y remédier, les autorités locales mettent les bouchées doubles afin de redynamiser la ville. Déjà, quelques indicateurs commencent à redonner espoir. «Nous sommes très contents d’annoncer que le tourisme reprend des couleurs. Nous avons réalisé une croissance à deux chiffres en termes d’arrivées et de nuitées», se félicite Driss El Azami, maire de la ville.
En plus du tourisme, l’offshoring présente également des signes d’embellie. «Grâce à une prime à l’emploi décidée conjointement entre la commune et la région, nous avons pu redonner un nouveau souffle à la zone Fès Shore qui était à des niveaux très bas de compétitivité», admet Mohamed Berrada Rkhami, président de la CGEM Fès-Taza.
Mais le véritable défi concerne l’industrie. Pour relancer la machine après une fermeture en série de plusieurs unités – dont la Simef, fleuron de l’expertise mécanique –, les autorités se démènent avec une priorité absolue accordée aux zones industrielles. Et qu’importe si des projets sont abandonnés en cours de route (comme c’était le cas de la plateforme industrielle intégrée de Ras El Mae), de nouvelles ZI sont rapidement mises en route malgré le problème de disponibilité du foncier. «Nous avons identifié 350 hectares dans la région de Aïn Chegag, dont 80 hectares ont déjà été aménagés pour le secteur du cuir et seront mis en route très prochainement. Nous avons d’ailleurs fait beaucoup d’efforts pour que le prix de sortie du terrain ne dépasse pas 250 à 300 dirhams le mètre carré», annonce le maire de la ville. Reste maintenant à prendre toutes les dispositions afin de ne pas commettre les erreurs du passé qui ont abouti sur une spéculation monstre au niveau du foncier.
D’un autre côté, le deuxième défi pour la région est de pouvoir dépasser la rivalité nocive qui existe entre Fès et Meknès. Séparées d’à peine une cinquantaine de kilomètres, les deux villes impériales faisaient partie de deux régions différentes avant le nouveau découpage. Et quand bien même cette dualité géographique a été dépassée pour laisser place à une grande métropole incorporant les deux localités, les mentalités sont têtues. Cette tension est d’ailleurs très palpable sur le terrain. La CGEM par exemple, qui dispose d’une représentation régionale pour chaque territoire, n’a jamais pu fusionner ses antennes fassie et meknassie. Cette dualité, qui n’a pas lieu d’être, a donné lieu à des situations rocambolesques comme la fois où les représentants des deux villes se sont battus devant le constructeur français PSA qui était en prospection pour installer son usine. L’industriel français finira par jeter son dévolu sur Kénitra, au grand dam de la région qui s’est vu confisquer une importante opportunité.