Driss Guerraoui

Interview août 2018

Driss Guerraoui

Mémoire vivante des politiques sociales qui ont émaillé l’histoire du Royaume, Driss Guerraoui appelle toutes les forces vives de la nation à se mobiliser autour d’un nouveau rêve marocain… Au plus vite.

Pourquoi est-il urgent d’apporter des ajustements au modèle de développement marocain?
Pour l’histoire, il faut préciser de prime abord qu’il revient au Rapport du cinquantenaire d’avoir été le premier à procéder à un diagnostic complet et sans équivoque de 50 années de développement humain du Maroc indépendant. Ce rapport peut être considéré comme la première évaluation objective de notre modèle national de développement. Ce rapport, qui est le produit d’une audace politique jamais égalée dans l’histoire récente du pays, est le fruit de l’intelligence collective d’experts nationaux. Comme on le sait, ce travail a mis en perspective deux scénarios pour l’horizon 2025. Le scénario de la continuité qui mènera le Maroc à une impasse généralisée, au désordre et au chaos. Et celui du changement, dit du «Maroc possible», qui est celui de la réforme, de la modernité, de la démocratie, de la solidarité et de l’ouverture sur le monde et les civilisations universelles.

Ce deuxième scénario est-il actuellement à l’œuvre?
Tout à fait, c’est ce scénario qui a été à la base de la construction du modèle marocain de développement initié par le nouveau règne. Il se fonde sur de grands chantiers structurants en matière d’infrastructures et des réformes économiques, sociales et institutionnelles majeures. Fait important à signaler au sujet de l’évaluation de ce modèle, c’est Sa Majesté le Roi Mohammed VI en personne qui a alerté l’ensemble des acteurs et forces vives du pays sur le fait que ce modèle a atteint ses limites. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit l’étude réalisée par le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), en collaboration avec Bank Al Maghrib, sur la richesse globale du Maroc entre 1999 et 2013, tenant compte du capital immatériel.

Mais quelles en sont les limites concrètement?
Elles résident dans sept paradoxes. Un taux d’investissement appréciable évalué à plus de 30% du PIB pour la période, mais avec un faible rendement en termes de croissance économique; un taux de croissance avoisinant en moyenne 4,5% par an, mais avec un faible contenu en emplois. Un effort national important consacré à l’éducation évalué à 5% du PIB, soit près de 25% du budget général de l’Etat, mais avec des rendements très faibles en termes de qualité, d’innovation et d’adéquation entre la formation et les besoins de l’économie et de la société en compétences. Une forte croissance du revenu par habitant, mais la persistance voire l’aggravation des inégalités sociales, territoriales et de genre. Des progrès incontestables en matière de démocratie, mais un grand déficit de confiance dans les institutions élues. Un élargissement des droits des femmes grâce à la réforme du Code de la famille, du Code de la nationalité et des quotas en matière de participation politique, mais paradoxalement une diminution inquiétante du taux d’activité des femmes et la persistance du mariage des filles mineures. Et enfin, une loi-cadre audacieuse portant charte nationale de l’environnement et du développement durable, mais sur un fond de surexploitation des nappes phréatiques, de déforestation, de désertification et d’urbanisation anarchique loin d’être durable. Au vu de ces paradoxes, il apparaît donc nécessaire, voire urgent, d’apporter des ajustements notoires à ce modèle.

Est-ce à dire que le modèle keynésien ne fonctionne plus et que l’investissement privé ne joue toujours pas son rôle dans la création et la répartition des richesses produites par le pays?
Le problème n’est pas dans le modèle keynésien, mais dans une donnée historique structurelle qui fait que l’Etat au Maroc continue de jouer à la fois les rôles d’Etat producteur, gendarme, régulateur et stratège. L’Etat est acculé à remplir cette fonction parce qu’il n’y a pas un secteur privé national d’une masse critique suffisante pour assurer et assumer, à côté et avec le secteur public, la responsabilité et la charge du développement du pays, et en conséquence la création et la répartition de la richesse.

Est-ce dû au manque d’entrepreneurs?
Oui, le vrai défi réside bel et bien dans le déficit structurel d’entrepreneuriat et de création d’entreprises par l’ensemble des secteurs d’activité de l’économie nationale. L’indicateur le plus éclairant à ce niveau est le nombre annuel moyen de créations d’entreprises qui, selon les estimations les plus fiables, ne dépasse pas 30.000, au moment où les États-Unis créent environ 2.500.000 entreprises par an et la France entre 450 et 500.000 entreprises. Pourtant, le Maroc regorge de potentialités énormes en matière de création d’activités économiques, et ce au vu des nombreux chantiers ouverts dans le pays et dans tous les domaines.

Mais cela découle-t-il d’un manque de volonté de l’Etat ou en tout cas d’une indisposition à libérer les énergies créatives?
La volonté politique réelle de modernisation économique généralisée du pays, portée à un haut niveau de l’Etat, devait conduire à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs et donc devait libérer les énergies et les initiatives créatrices de richesses. Mais force est de constater qu’une telle perspective ne s’est pas traduite par une gouvernance économique en conformité avec cet objectif stratégique. Cette gouvernance n’a pas réussi à mettre fin aux multiples formes de déviances administratives et de rentes. Or, ce choix aurait permis d’instaurer une rationalité systémique productive fondée sur l’égalité des chances devant l’acte économique, une concurrence loyale entre tous les acteurs, la suprématie du droit et du mérite, la lutte sans merci contre la corruption, les passe-droits, les privilèges et la collusion entre la politique et les affaires.

Quid de l’Éducation?
Certes, la gouvernance aurait pu aussi porter ce choix par une stratégie appropriée d’éducation et de formation professionnelle, adossée à un secteur bancaire responsable économiquement et socialement vis-à-vis du vivier important de jeunes entrepreneurs de la nouvelle génération, y compris ceux parmi les Marocains du monde. Une telle perspective aurait, de ce fait, pu conduire à réaliser un équilibre intelligent entre les politiques publiques fondées sur la demande, celles de l’offre et celles de la répartition, en investissant aussi dans le social. Une telle réalité interroge, à son tour, le nouveau modèle de développement à bâtir pour l’avenir.

Comment justement flécher plus d’investissement vers la protection sociale? Est-ce, comme on le dit, une «priorité budgétaire»?
Le pays investit de façon significative dans le social, puisqu’il consacre aux secteurs sociaux, au sens large, plus de 50% du budget général de l’Etat, et ce à travers une politique publique qui s’appuie sur une diversité de programmes de lutte contre la pauvreté. Cependant, malgré la diversité de ces programmes et l’importance de l’effort financier public qui lui est dédié, le Maroc continue d’accuser un déficit chronique dans de nombreux secteurs sociaux vitaux. Aussi, le bénéfice de la protection sociale est loin d’être généralisé et les inégalités non seulement persistent mais dans certaines régions et pour de larges couches de la société, elles s’aggravent, touchant même une grande partie des classes moyennes. Cette réalité découle des paradoxes qui continuent à marquer la politique publique de protection sociale en termes de pilotage institutionnel, de gouvernance, de convergence, de cohérence, de coordination et de mutualisation des ressources.

Qu’en est-il du renouvellement des élites? Où en est-on?
Compte non tenu du vivier que constituent les Marocains du monde, la problématique du renouvellement des élites est complexe à examiner. C’est une donne structurelle qui interpelle en priorité les institutions qui en assurent la production, et à leur tête l’école, les partis politiques, les organisations syndicales et l’Etat. L’Ecole, car c’est elle qui produit les élites scientifiques, culturelles et administratives. Les partis politiques et les syndicats, parce que c’est leur mode de fonctionnement et la nature de leur déploiement dans la société qui conditionnent leur renouvellement. Et l’Etat, parce qu’il est l’acteur qui suscite et régule la mobilité des élites, notamment économiques, en favorisant leur émergence et leur développement par des dynamiques institutionnelles et des politiques publiques dédiées. Or, l’Ecole étant en crise, les partis politiques et les organisations syndicales n’arrivant plus à encadrer et à mobiliser les nouvelles générations de citoyens qui sont plus enclines à s’inscrire dans une dynamique sociétale impulsée et amplifiée par les réseaux sociaux numériques, le renouvellement des élites s’en trouve impacté. Mais, cette crise des élites est particulièrement visible au niveau des territoires, constituant un des grands défis à relever pour réussir la régionalisation avancée.

A propos de la régionalisation avancée, quel état des lieux peut-on en faire?
Il est trop tôt pour faire un état des lieux de la régionalisation avancée pour au moins trois raisons. D’abord, parce qu’il s’agit d’une réforme profonde de l’Etat qui n’est qu’à ces débuts, puisqu’elle n’est institutionnellement entrée en vigueur qu’en septembre 2015, date de l’élection des présidents des 12 nouvelles régions. Ensuite, parce que le processus de déconcentration, condition indispensable et incontournable de son déploiement effectif, n’est pas encore entré en vigueur. Or, c’est ce processus qui va permettre aux Walis, aux Gouverneurs et aux services extérieurs de l’Etat d’exercer, effectivement et sur le terrain, pleinement leurs prérogatives. Enfin, parce que toutes les régions n’ont pas encore arrêté leurs Plans de développement régional. Dit autrement, s’il est prématuré d’en dresser un état des lieux, la régionalisation avancée ne pourra se réaliser que de façon graduelle selon le degré de maturation des acteurs, des institutions et des territoires concernés. Par conséquent, il faut l’examiner et l’évaluer dans sa dynamique et à l’aune de toutes ces considérations et conditions préalables.

Plus qu’un projet de société, le Maroc semble avoir besoin d’un nouveau mythe unificateur, qu’en pensez-vous?
Je pense que le Maroc a un projet de société et qu’on est bien loin du mythe unificateur. Car, nous sommes réellement une Nation Unie, forgée par une histoire portée par une civilisation multimillénaire, dont l’essence et la quintessence sont formidablement exprimées par le préambule de la Constitution de 2011 plébiscitée par le peuple le 1er juillet 2011, ainsi que par son premier article qui disent ce qui suit: «Etat musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible (…)» (Préambule). «Le Maroc est une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale. Le régime constitutionnel du Royaume est fondé sur la séparation, l’équilibre et la collaboration des pouvoirs, ainsi que sur la démocratie citoyenne et participative, et les principes de bonne gouvernance et de la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes(…)» (Article 1er) Voilà ce que nous sommes constitutionnellement et institutionnellement en tant que Nation et voilà le cap sociétal que les citoyennes et citoyens marocains ont décidé de bâtir ensemble pour leur pays. On ne le dit jamais assez, c’est ce choix de société qui a permis au Maroc de réussir une synthèse exceptionnelle entre Démocratie, Développement, Modernité et Religion. Et c’est cette synthèse qui est la source de sa stabilité, sa sécurité, son unité et sa cohésion.

Mais comment mieux valoriser le Capital humain?
L’étude, sus-signalée, réalisée par le Conseil Economique, Social et Environnemental, en collaboration avec Bank Al Maghrib, a révélé que plus de 72% de la richesse globale créée entre 1999 et 2013, le Maroc la doit à l’apport de son capital immatériel, c’est-à-dire à son capital humain, son capital social et son capital institutionnel. En conséquence, pour valoriser ce capital immatériel, le pays doit donner la priorité à l’éducation, la formation professionnelle et l’innovation, rétablir la confiance des citoyens dans leurs institutions en développant au niveau central et territorial des systèmes appropriés de gouvernance responsable, et renforcer la cohésion nationale par des politiques publiques volontaristes de généralisation de la protection sociale et de promotion d’un socle commun de valeurs puisées dans la culture de la solidarité, du partage, du civisme, de la justice, de la suprématie de la loi, du respect de la dignité humaine, du patriotisme et de l’ouverture sur le monde, sur les civilisations, les cultures et les religions.

Quelles sont selon vous les origines des mouvements sociaux et pensez-vous que la solution passe par une meilleure stratégie de lutte contre les inégalités?
Les mouvements sociaux de par le monde ont des dénominateurs communs que sont les inégalités, les injustices et les atteintes à la dignité. Ces réalités sont aggravées par la nature de la répartition du pouvoir économique et politique et leurs corolaires: le blocage de la mobilité sociale et la perte de la confiance des citoyens dans leurs institutions. Pour y remédier, il faut entres autres mais essentiellement une meilleure répartition des richesses. L’Etat peut le faire soit à partir de politiques publiques actives qui permettent aux citoyens en situation de précarité, de vulnérabilité et d’exclusion de sortir de la pauvreté, en s’inscrivant dans une perspective de mobilité sociale. Soit en prenant appui sur la réflexion mondiale menée actuellement par le système des Nations unies concernant la mise en place d’un revenu universel de base…

…Un revenu universel au Maroc?
Oui. Parce que cet horizon offre des perspectives prometteuses en matière de lutte efficace et pérenne contre l’extrême pauvreté et les inégalités, cette piste se doit d’être sérieusement explorée. L’identifiant unique sur lequel travaille actuellement le ministère de l’Intérieur constitue un dispositif préalable incontournable à cette fin et un outil essentiel pour la définition de la Stratégie nationale intégrée de lutte contre les inégalités sur la base d’un ciblage des véritables pauvres. Toutefois, cette stratégie doit être fondée sur la définition d’un nouveau seuil de pauvreté et la mise en place d’un registre national des pauvres porté par une gouvernance centrale et territoriale véritablement responsable.

L’ensemble de ces réalités internes ont-elles conduit à une inflexion de la vision de la place future du Maroc dans la Nouvelle économie mondiale?
La nouvelle dynamique que connaît notre pays sur le plan interne a été accompagnée par une nouvelle vision de la place future du Maroc dans le monde. Cette vision a élargi les horizons géographiques des échanges du pays au sein du marché mondial. Elle fait de l’Afrique un axe central majeur de ses partenariats internationaux. Par ailleurs, à l’intérieur du Monde Arabe, les pays du Conseil de Coopération du Golfe deviennent une nouvelle option stratégique. Ceci sans parler évidemment de la zone Amérique du Nord–Asie-Pacifique (États-Unis, Chine, Inde, Russie) et celle de l’Amérique Latine, avec qui les relations économiques et commerciales sont en train de connaitre un réel développement. Ce faisant, les relations du Maroc ne se limitent plus et principalement à l’Europe et à la Méditerranée, malgré les réalités objectives dictées par l’histoire et la géographie et malgré la solidité des liens de l’économie marocaine avec cet espace. Il va sans dire que ces liens solides sont appelés à être mis à contribution dans le cadre de la construction d’une grande zone Afrique-Europe-Monde Arabe qui sera le véritable poumon de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité partagées des peuples de toute la région.

Ce multilatéralisme peut-il engendrer de vraies solidarités?
Cette nouvelle vision géostratégique et géoéconomique part du postulat selon lequel il conviendrait pour le Maroc et ses partenaires amis de promouvoir de nouvelles solidarités économiques qui prennent appui sur une valorisation mutuelle des accords de libre-échange qui les lient, et ce pour se positionner ensemble dans le système de l’économie mondiale à travers le développement d’investissements joints et d’alliances stratégiques de nouvelle génération. C’est cette vision qui est en train de prendre forme à partir de la mise en œuvre, particulièrement en direction de l’Afrique, d’une nouvelle génération de modèles d’intégration régionale, dont l’objectif stratégique à terme est de tendre vers la construction d’une Nouvelle et Grande Afrique Unie.

Quels enseignements peut-on tirer du diagnostic que vous faites pour l’avenir?
Les interrogations, objet du débat national en cours sur le nouveau modèle de développement accompagnant les transformations économiques et sociétales profondes que connait la société marocaine, révèlent que notre pays a besoin d’un véritable sursaut national porté par un nouveau pacte social, tel que le préconise le Conseil Economique Social et Environnemental. Ce pacte pourrait être le prélude à une nouvelle ambition portée par une révolution politique et culturelle essaimant auprès de tous les acteurs et forces vives du pays la conviction généralisée en la capacité du Maroc, en tant que Nation Unie, de relever le défi de la construction partagée et endogène de notre propre destin commun et de notre auto-développement.

Ce pacte peut-il restaurer une confiance longtemps perdue dans nos institutions?
Ce sursaut pourrait constituer le fondement d’un nouveau rêve marocain qui contribuera à rétablir la confiance dans nos institutions, à mobiliser tout le pays autour de son projet de société, à cultiver l’espoir et à ouvrir de nouveaux chantiers, préparant ainsi un nouvel avenir pour notre pays. Mais cela suppose une nouvelle génération d’élites politiques, économiques, administratives, syndicales, civiles, culturelles et scientifiques, à l’échelle à la fois centrale et territoriale, qui portent cette nouvelle ambition, ce nouveau modèle de développement et donc ce nouveau rêve. Elle suppose, aussi une nouvelle gouvernance de l’économie et de la société plus inclusive, responsable, participative et durable.

Quid du facteur temps?
Un défi majeur que le Maroc a tous les moyens pour relever, car la volonté politique, la vision et les stratégies sont réunies. Pour ce faire, il convient de s’armer pour la patrie en renforçant et valorisant son instrument humain, en bâtissant des institutions fortes, et en libérant les énergies de tous les acteurs et forces vives de la Nation, notamment des jeunes, des femmes et des Marocains du monde. Cependant, parce qu’il y urgence, le facteur temps comme vous dites est et restera l’enjeu majeur pour l’accomplissement de ce nouveau rêve.

Les prescriptions du Docteur Guerraoui.

Le professeur Guerraoui est un homme confiant dans les institutions de son pays. Mais si la marche vers le progrès, le développement et l’atténuation des inégalités a connu son lot de succès relatifs, beaucoup reste à faire. Fin connaisseur des rouages de l’État, il estime que les politiques publiques actuelles nécessitent un aggiornamento en matière de gouvernance. Son franc-parler en bandoulière, il déroule pour Economie Entreprises un véritable mode d’emploi des stratégies à venir pour arracher le royaume de cette crise de confiance récalcitrante qui l’étreint. Pour le secrétaire général du CESE, il faut redonner l’espoir aux jeunes en favorisant une authentique mobilité sociale capable de redonner du jus, notamment aux territoires. Pour EE, ce haut commis de l’Etat est sorti de sa réserve habituelle pour émettre des critiques ô combien salutaires à l’encontre d’une gouvernance perfectible. Ses prescriptions, réalistes mais néanmoins ambitieuses, devraient en interpeller plus d’un. À bon entendeur(s)…