Homo politicus?

Enquête Point de vue avril 2018

Homo politicus?

Une presse admirative, qui n’hésite pas à qualifier MHE de «providentiel», a très vite fait le parallèle entre le businessman et le politicien quelques jours après l’opération Sanlam. Hasard du calendrier, la défense de son bilan a créé le buzz à cause de la polémique sur la crédibilité des chiffres de l’emploi de deux institutions, le HCP et BAM. Quelques jours plutôt, MHE était déjà médiatisé pour avoir mis des fonctionnaires de la délégation de son ministère à Marrakech. Le tout, sur fond d’absentéisme mis en lumière par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Sa décision radicale a suscité une levée de boucliers politiques au sein du conseil régional de Marrakech-Safi, dont deux des fonctionnaires licenciés étaient affiliés au PJD. Un communiqué signé par tous les membres du conseil régional, y compris ceux du RNI, parti de Monsieur le ministre, a même été publié pour montrer le soutien aux collègues… islamistes!  Certes, le tabou du licenciement dans le secteur public était déjà tombé dès l’accession de MHE au département de l’Industrie avec le remerciement brutal, pour cause de… divergence d’opinion, de Hamid Benlafdil, pourtant fraîchement nommé directeur de l’AMDI. Mais cette fois, le contexte est différent. Cette action impulsive, censée donner l’exemple, fait rentrer le ministre de plain-pied dans la politique partisane… au niveau local. Le style tranchant qui a si bien marché dans le monde des affaires fera-t-il mouche en politique? Beaucoup aujourd’hui parient dessus, oubliant peut-être que légitimité acquise dans le business ne signifie pas forcément légitimité politique. Et que trop de brutalité dans la gestion de la chose publique peut engendrer des réactions en chaîne…