G7 Finances : Quelles conclusions ?

Point de vue juin 2016

G7 Finances : Quelles conclusions ?

Rappelons tout d’abord que c’est en 1974, suite à la crise mondiale du pétrole, que le G5 a été constitué par les Etats-Unis, le Japon, la France, l’Allemagne de l’Ouest et le Royaume-Uni. En 1975 s’est joint à ce groupement l’Italie et en 1976 le Canada. Le G7, ainsi constitué des plus grandes puissances économiques du monde, se définit comme un groupe informel de discussion et de partenariat économique. Ce n’est pas une organisation internationale comme le FMI ou la Banque mondiale. D’où les critiques des altermondialistes qui le considèrent comme un «club de riches» préconisant une politique économique néolibérale. Les domaines d’activité du G7 sont très nombreux: économie et finance, défense et sécurité, éducation et développement mais aussi sectoriels: agriculture, énergie, TIC, transport, santé, sciences, environnement. En préparation du Sommet du G7 qui aura lieu les 26 et 27 mai 2016 à Ise-Shima au Japon, une conférence ministérielle économie et finance a eu lieu le 20 mai 2016 à Sendal toujours au Japon. La conférence a tout d’abord mis en lumière les incertitudes qui caractérisent l’année 2016 avec les conflits géopolitiques, le terrorisme, l’afflux des réfugiés, le Bréxit. Concernant l’éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne qui sera tranchée lors du référendum du 23 juin 2016, les membres de la conférence ministérielle ont à l’unanimité conclu au danger qu’occasionnerait le Bréxit sur l’économie mondiale. Ils ont tous souhaité, y compris le FMI, le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Le FMI ne prévoit qu’une croissance de l’économie mondiale de 3,1 à 3,2% en 2016. Aussi la conférence ministérielle du G7 s’est attelée à étudier quelles mesures seraient nécessaires pour relancer l’économie mondiale. Un consensus est apparu sur le fait que les politiques budgétaires et monétaires accommodantes sont nécessaires mais insuffisantes. Cependant, si la France et le Japon sont favorables à une plus grande flexibilité sur la politique budgétaire, l’Allemagne y est réticente et propose plutôt des réformes structurelles. Ces réformes consisteraient à rendre l’économie plus efficace, renforcer le secteur de l’offre, relancer l’investissement, y compris dans les pays émergents. Un autre point chaud a été soulevé lors de la conférence ministérielle du G7 concerne la «guerre des monnaies». Il s’agit pour certains pays de cibler le taux de change de leur monnaie, afin d’éviter toute hausse préjudiciable aux exportations. Après la Chine, c’est le Japon qui est visé. C’est ainsi qu’un haut responsable du Trésor américain a déclaré: «Si l’intervention d’un Etat dans le marché des changes sert à obtenir un avantage injuste, cela est très perturbant pour le système économique mondial».
Dans le document final, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales ont réaffirmé leur «engagement à contrôler le financement du terrorisme». Les mesures concrètes préconisées concernent l’échange d’informations dans le domaine financier, la lutte contre l’anonymat et les mouvements de cash, les sanctions financières contre le gel des comptes bancaires, et le renforcement du GAFI (Groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux). L’autre point soulevé par la conférence ministérielle du G7 a été la reprise du plan d’aide accordée par la zone euro à la Grèce. Un accord à «portée de mains» pourraient être réalisé lors de l’Eurogroupe du 24 mai 2016, a indiqué le représentant de l’Union européenne. Enfin, l’évasion fiscale remise sur la scène par le scandale de «Panama papers» a fait également l’objet de discussion lors de la conférence ministérielle du G7. En conclusion, c’est le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G7 des 26 et 27 mai qui prendra les décisions concernant les recommandations de la conférence ministérielle du 20 mai. Cependant, ces décisions ne sont pas contraignantes étant donné qu’il n’est pas prévu de sanctions contre les pays membres du G7 qui ne les appliqueront pas. De plus, le G7 n’est constitué que de 7 pays et ne représente pas la communauté internationale. Pourtant les questions abordées: Bréxit, relance de l’économie mondiale, guerre des monnaies, lutte contre le financement du terrorisme, aide à la Grèce, lutte contre l’évasion fiscale sont des problématiques très importantes pour l’économie mondiale. Pour plus d’efficacité, il faudrait sérieusement réfléchir à l’instauration d’une gouvernance mondiale sur le plan économique.