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Internet, concurrent grimpant

Dossier avril 2015

Internet, concurrent grimpant

Un engouement certain pour la vente en ligne pourvu que l’offre soit une bonne affaire

Véritable révolution dans les pays développés, la vente en ligne en est encore à ses balbutiements au Maroc. Mais les efforts sont là. Ces dernières années, plusieurs sites sont lancés sur la toile essayant tant bien que mal de concurrencer la vente traditionnelle. Et le potentiel existe. Presque tous les produits sont disponibles sur le web marocain. Des articles ménagers, aux produits frais, en passant par les vêtements, électroniques, informatique  et produits de parapharmacie, tout est au bout du click. De véritables malls sur écran! Après deux années d’existence, Jumia.ma compte aujourd’hui 2,8 millions de visiteurs au Maroc. Avec 20 employés à son démarrage, Jumia se targue aujourd’hui d’être le numéro un des ventes en ligne au Royaume  en comptant plus de 200 employés. Mais visiteurs n’implique pas forcément acheteur. De l’avis d’un expert de la place, «la transaction coûte encore cher pour que ce soit intéressant pour le consommateur de s’approvisionner sur internet». En effet, les plateformes de paiement en ligne n’étant pas encore totalement démocratisées  dans le paysage du e-commerce (voir Economie & Entreprises, mai 2014), le monopole détenu par Maroc Télécommerce s’est même renforcé avec le rachat de ce dernier par le Centre monétique interbancaire (CMI).

Rentabilité
Donc, malgré l’autorisation de nouvelles plateformes sur le marché du e-commerce, le prix de la transaction imposé par MTC reste élevé. 10% de commission par transaction contre 1 à 2% dans d’autres pays. Selon une personne proche du secteur, les sites de e-commerce rencontrent de nombreuses difficultés, notamment à cause du manque de performance de système de logistique, des prix des produits proposés non attractifs par rapport à la vente traditionnelle, l’offre des produits limités, pour ne citer que ceux-là. D’où un manque certain d’engouement des clients pour le e-commerce. En effet, les sites de vente en ligne qui connaissent le succès se comptent sur les doigts d’une seule main. Les plus en vue sont ceux qui proposent des deals. Depuis sept ans, ces sites spécialisés dans les bonnes affaires se multiplient. Les plus connus d’entre eux sont mydeal, superdeal et hmizate. Tourisme, restauration, prêt-à-porter, high-tech et bien-être sont les services les plus vendus. Mais la rentabilité n’est pas aussi élevée qu’on le souhaite. Selon La Vie Eco du 2 avril 2013, pour un investissement moyen de 360.000 dirhams pour un site en ligne, il faut compter au moins deux ans pour commencer à gagner à peine 16% à 17% de la mise de base, selon le chiffre d’affaires. Cependant, le secteur de la vente en ligne grignote doucement mais sûrement du terrain sur la vente en magasins. En 2014, les cybermarchands affiliés au CMI ont atteint 2,01 millions d’opérations de paiements en ligne par cartes bancaires, soit un montant de 1,2 milliard de dirhams. Pour que ce secteur se développe, un expert de la place avance «qu’il faut d’abord qu’il y ait suffisamment de choses achetables sur la toile pour installer la culture du e-commerce chez le Marocain». Malgré tous les produits en ligne, l’offre reste encore insuffisante. Avec le volume viendront les prix attractifs et les bonnes affaires tant plébiscitées par le consommateur et par-delà le succès de la vente en ligne. Il y a encore du chemin à faire…